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Export : une flopée d’opportunités à saisir au Mali

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Selon l’ASMEX, les exportateurs marocains et les opérateurs maliens ont une opportunité intéressante de booster les échanges entre les deux pays et améliorer leurs scores respectifs.

Vaste pays du Sahel, le Mali est une économie à faible revenu. Miné par une instabilité politique sévère, partie d’un conflit depuis le coup d’État militaire de 2012, occupé au nord par des groupes armés, le pays se présente cependant comme un terreau fertile pour les bonnes affaires. Le voisin immédiat de la Mauritanie et de l’Algérie au nord, du Niger à l’est, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire au sud et de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal à l’ouest, offre des opportunités d’export à saisir dans plusieurs secteurs. Et s’il existe un pays qui a tout à y gagner, en pariant sur l’énorme potentiel malien, c’est bien le Maroc, dont les relations commerciales avec le Mali sont déjà denses. De nombreux accords de coopération bilatérale existent entre les deux pays.


Dans le cadre économique, il existe un accord relatif à l’encouragement et à la protection réciproque des investissements, une convention sur la non-double imposition, un accord de coopération dans le domaine de l’élevage, un accord relatif aux services aériens, un protocole de coopération industrielle ainsi qu’un protocole spécifique de coopération dans les domaines minier, pétrolier et gazier. Pour les opérateurs marocains, le Mali n’est pas donc une terre à découvrir. L’Association marocaine des exportateurs (ASMEX) le sait. En partenariat avec le cabinet Harvard Consulting, les exportateurs marocains ont d’ailleurs organisé un webinaire dans le cadre de la série «Doing business», mercredi 6 janvier, afin de s’enquérir des opportunités d’affaires qu’offre le marché malien.

Les exportations marocaines vers le Mali
La rencontre a été présidée par Hassan Sentissi, président de l’ASMEX et animée par Philippe Cordier, fondateur de Ceemo, spécialisée dans le conseil et les services opérationnels en Afrique de l’Ouest. Il en est ressorti que les exportations du Maroc vers le Mali couvrent plusieurs domaines d’activité. Les exportations d’équipements électriques s’élèvent à 19,9 millions de dollars et celles des chaussures à 6,8 millions de dollars. S’agissant du secteur des fruits et légumes frais, il exporte pour 4,2 millions de dollars de marchandises. Pour les produits de la mer, les échanges s’élèvent à 3,5 millions de dollars. En revanche, les principales importations du royaume, en provenance du Mali, concernent des fruits, tels que les melons ou les citrons, à hauteur de 3 millions de dollars. Au sein de la CEDEAO, le Mali représente 7,7% du total des exportations marocaines vers ce pays, ce qui en fait le 6e client du Maroc dans la zone. Au vu de ce qui précède et le potentiel qu’offre aujourd’hui la ZLECAF, il est aisé de dire que les exportateurs marocains et les opérateurs maliens ont une opportunité intéressante de booster les échanges entre les deux pays et d’améliorer leurs scores respectifs. En plus du potentiel export, le Mali est un pays où tout est à faire.

Un pays à construire
Les principales opportunités business au Mali se concentrent dans le secteur de l’élevage et du bétail. «Que ce soit le secteur de la viande, des aliments de bétail ou le secteur laitier, le BTP, la bioénergie… tous pourraient être porteurs pour les exportateurs marocains», affirme Philippe Cordier. Le Mali est également le plus gros producteur de bétail en Afrique de l’Ouest, avec 30% du bétail et une croissance annuelle de 3%. Le bétail malien se caractérise surtout par sa diversité génétique robuste. Après l’or et le coton, l’élevage est le troisième produit d’exportation. Les plus grands importateurs au Maghreb sont la Libye, l’Algérie et le Maroc. Il existe également des opportunités à saisir pour les opérateurs marocains dans le secteur de la finance. Le taux d’inclusion financière reste faible avec 35,4% de la population ayant accès aux services bancaires. Reste que le pays traine encore des lacunes. Le Mali compte un grand nombre d’entreprises informelles. «Si ces entreprises ne vont pas à l’État pour enregistrer leurs activités parce qu’elles ne connaissent pas la législation en vigueur, l’État ne s’intéresse pas non plus au secteur informel, ni pour lui procurer des débouchés, ni pour tenter d’intégrer les activités de ce secteur dans le dispositif officiel. Sur tous les marchés, il est possible que des opérateurs agissent sans être distinctement référencés», souligne le fondateur de Ceemo. 

Khadim Mbaye / Les Inspirations Éco

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