Éco-Business

Bourse : six mois d’épreuves

Malgré des résultats trimestriels de bonne facture, les craintes liées à la conjoncture ont pris le dessus en Bourse. Le Masi a cédé plus de 10% au premier semestre. Les secteurs Bâtiment et matériaux de construction, Télécommunications, Banques, Agroalimentaire ont pesé sur la direction du marché. La deuxième moitié de l’année restera un défi. L’indice vedette du marché a lâché 2,2% à l’issue de la première séance du mois de juillet.    

8 MMDH de capitalisation envolée pour Maroc Telecom, 13 MMDH pour Attijariwafa bank et 12 MMDH pour LafargeHolcim Maroc. Au total, la valeur des entreprises cotées a dégringolé de 67 MMDH au premier semestre 2022! La dégradation des perspectives économiques et le niveau élevé d’incertitude ont fait flancher le Masi de plus de 10% sur les six premiers mois de l’année.


En début d’année, ce scénario était encore inenvisageable surtout après un gain de 3,93% en janvier dans la foulée d’un rebond convaincant en 2021. Sur les principales places africaines, le bilan semestriel est assez mitigé. Les baisses sont plus marquées au Kenya (-18,64%) et en Egypte (-21,27%). *

En revanche, la bourse du Nigéria affiche un bond de plus de 21%. Dans les marchés de plus petites tailles, les principaux indices ont clôturé la première moitié en forte hausse. L’indice composite BRVM a gagné 42% et celui de la Bourse du Ghana a signé une hausse de 31%. Le Semdex à Maurice s’est apprécié de 29%. Le Tanzania Share et le Tunindex ont progressé respectivement de 10% et 6%.

Les poids lourds du marché chahutés
En dépit d’un premier trimestre de bonne facture sur le plan commercial pour les industries (hausse de 22% du chiffre d’affaires) et de l’amélioration du coût du risque des banques, les craintes liées à la conjoncture ont pris le dessus.

En première ligne parmi les secteurs qui souffrent le plus du retournement de conjoncture, le secteur de la construction cristallise l’attention. Il tournait à 68% de ses capacités au premier trimestre sur fond de baisse des carnets de commande.

La situation ne s’est guère redressée au deuxième trimestre, suscitant des inquiétudes chez les créanciers. Outre les difficultés d’approvisionnement, les opérateurs doivent composer avec la pénurie de certains intrants. Ce qui entraîne des arrêts de chantiers et des retards dans les livraisons.

Au premier semestre, le secteur Bâtiment et Matériaux de construction a dévissé de 17% en Bourse, soit la plus forte baisse du marché. L’Immobilier a décroché de 12%. Le secteur agroalimentaire a lâché près de 14% en lien avec les doutes sur la capacité de certains opérateurs à répercuter les hausses des coûts de production sur les prix de vente et sur la consommation des ménages dont le pouvoir d’achat est sous pression.

Dans un tel contexte, les valeurs financières sont chahutées (-9% pour l’indice sectoriel banque) en raison des risques que font peser les difficultés des entreprises sur la qualité des bilans.

Les créances en souffrance culminaient à 86 MMDH à fin avril. Même si les banquiers se veulent rassurants, la détermination des banques centrales à dompter l’inflation pourrait ralentir davantage l’activité économique dans les pays partenaires voire entraîner une récession, ce qui impactera la demande adressée au Maroc.

Parmi les autres poids lourds du marché, le secteur Télécommunications a dévissé de près de 15% et le Pétrole & Gaz de 12%. Dans cet environnement anxiogène, certains secteurs se distinguent, à commencer par les Mines qui ont signé la plus forte hausse du semestre (+22%).

Par ailleurs, la reprise de l’activité touristique requinque le secteur Loisirs & Hôtels dont le seul représentant en Bourse, Risma, affiche un gain de 6,56%.

Franck Fagnon / Les Inspirations ÉCO


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