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banques participatives : un parcours positif et un énorme potentiel

Les perspectives des banques participatives sont prometteuses. Au 30 juin 2022, les financements participatifs immobiliers concentrent 80% de l’encours global de ces établissement, lequel s’élève à 16,7 milliards de DH.

La finance islamique connaît une progression remarquable à l’échelle mondiale. Au Maroc, les perspectives de cette catégorie de banques sont prometteuses. Depuis leur démarrage, leur encours de crédits n’a cessé de progresser pour atteindre les 21,5 milliards de DH (MMDH) à fin juin 2022, soit un taux de croissance moyen (TCAM) de 96% entre juin 2018 et juin 2022. À noter qu’à cette date, les financements participatifs immobiliers concentrent 80% des 16,7 MMDH d’encours global des banques participatives, selon un récent rapport de Fineopolis &Al Maali. Les financements participatifs à l’équipement, poursuit le cabinet de conseil international, viennent en deuxième position (12% du total). Les financements de trésorerie et à la consommation ferment la marche avec 7%.

Les origines d’une success story
Dr Sami As Soulaimani Ceo Group Fineopolis Almaali explique cette sucess story par le fait que depuis son lancement, le projet d’implantation de la finance participative au Maroc se fait selon une approche intégrée basée sur la mise en place graduelle d’un cadre législatif et réglementaire de tous les compartiments du système financier. D’ailleurs, il est important de noter que les autorités financières ont fourni des efforts considérables pour mettre en place un écosystème réglementaire quasi-complet en si peu de temps.

À cet égard, il est important de noter que le cas du Maroc est d’ores et déjà considéré comme une success-story qui inspire, et que beaucoup de pays, d’Afrique et d’ailleurs, observent avec grand intérêt. Au Maroc, le chantier de l’implémentation de la finance participative  est récent puisqu’il a a été lancé depuis une dizaine d’années à peine, dénotant l’intérêt que manifestent les pouvoirs publics au développement de cette alternative à la banque classique dans le pays.

Les raisons tiennent, d’une part, explique Fineopolis &Al Maali, à la capacité de la finance participative à favoriser l’inclusion des populations autoexclues du système financier classique pour des raisons de conviction religieuse, et d’autre part, à sa capacité à mobiliser d’importantes sources de financement pour l’investissement dans les grands projets à l’échelle régionale et nationale. Il faut noter toutefois que les prémices de la finance participative au Maroc remontent aux années 80, lorsque plusieurs institutions financières islamiques ont exprimé leur volonté de l’introduire dans le Royaume. Mais, dans une logique de prudence quant au développement du marché bancaire et financier marocain, les pouvoirs publics ont fait le choix d’attendre le moment opportun pour une implantation réussie de la finance participative au Maroc.

Aujourd’hui, selon les indicateurs d’implantation bancaire publiés par Bank al Maghrib, rapporté par le cabinet international, le réseau bancaire participatif est passé de 44 à 176 agences entre décembre 2017 et décembre 2021, soit une croissance moyenne annuelle de plus de 63%. En termes de couverture géographique, c’est la Région Casablanca-Settat qui en concentre le plus grand nombre (34% du réseau), suivie par celle de Rabat-Sale-Kenitra (18%) et Fès-Meknès (11%).

Cependant, le réseau des banques participatives ne représente, pour l’heure, guère plus de 3% du secteur bancaire conventionnel. Il va sans dire que ces dernières devraient maintenir, pendant encore un certain temps, leur effort de création d’agences si elles veulent assumer pleinement la mission d’inclusion financière qui leur est dévolue, souligne le cabinet international. Une progression notable mais qui demeure, toutefois, insuffisante par rapport à une couverture raisonnable du marché. Il faut dire que la persistance de la situation déficitaire des banques participatives, mais aussi la tendance du «Big crunch» en termes de fermetures d’agences, observée chez les banques conventionnelles, ont fini par freiner l’élan, si ce n’est l’ambition, des banques participatives.

Pour rappel, le marché mondial de la finance islamique a avoisiné, à fin 2020, les 3.000 milliards de dollars, avec une présence dans plus de 80 pays. Le secteur bancaire est le principal contributeur de ce marché, avec un pourcentage estimé à quelque 64% du total des actifs.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO
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