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Artisanat : le secteur monte en compétences

Face à l’urgence et à la nécessité imposées par la crise sanitaire, un pan important du tissu productif national s’est engagé pour soutenir les efforts des autorités publiques dans leur lutte contre le coronavirus par la fabrication de produits médicaux, de maintien des chaînes logistiques et de solutions digitales. Qu’en est-il de l’artisan marocain, d’autant plus que le secteur a la capacité de générer un apport économique important pour le pays. Le fait est que le secteur de l’artisanat continue de souffrir de lacunes structurelles.

Il est, désormais, acquis que la fabrication locale est garante de la souveraineté nationale et de la sécurité sanitaire. Le «made in Morocco» devient un impératif pour l’avenir économique de notre pays. Dans ce contexte, «il nous appartient de saisir l’opportunité de redéfinir l’ordre des priorités, d’asseoir les bases d’une économie forte et compétitive et de construire un modèle social plus inclusif.


Au premier chef, il importe d’initier un plan ambitieux de relance économique pour permettre aux secteurs de production de se remettre d’aplomb, d’accroître leur capacité à créer des emplois et à préserver les sources de revenu», extrait du discours royal, Fête du Trône, 29 juillet 2020.

Ces orientations royales ont donné lieu à la mise en place de plusieurs initiatives ministérielles pour soutenir les entreprises et les entrepreneurs, en ces moments de crise. C’est ainsi que le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique a dévoilé, en septembre de l’année dernière, le plan de relance industrielle (PRI) 2021-2023, qui porte l’ambition de recourir à l’industrie locale pour une cible de substitution à hauteur de 34 MMDH d’importations.

Promotion de l’artisanat : une nouvelle stratégie en cours d’élaboration
La crise sanitaire a fortement impacté le monde du tourisme, et tout particulièrement le secteur de l’artisanat marocain… En dépit du fait que la Covid-19 a mis à nu et amplifié la vulnérabilité du secteur, «elle a été révélatrice et accélératrice d’un certain nombre de réformes», souligne Tarik Sadik, directeur général de la Maison de l’artisan. Pour sa part, le ministère du Tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale a porté le projet de loi 50-17, relatif à l’exercice des activités de l’artisanat et travaille actuellement sur une nouvelle stratégie pour la promotion du secteur sur la période 2021-2030. Quels sont les grands axes de la nouvelle stratégie de l’artisanat ? Sur ce volet, Tarik Sadik n’a pas été très loquace, préférant laisser le soin au ministère concerné de communiquer «en temps et lieu voulus. La touche finale est en train d’être posée. Il ne faut pas griller les étapes».

Le talon d’Achille : la gouvernance, la gestion des risques, le manque d’accompagnement
Si le poids de la PME dans le tissu productif national n’est plus à démontrer, le secteur de l’artisanat, pour sa part, emploie près de 2,4 millions de personnes (20% de la population active) et a réalisé près de 800 MDH de chiffre d’affaires à l’export en 2019 (6,5% du PIB). Ce secteur a donc la capacité de générer un apport économique important pour le pays.

Cependant, les artisans, et plus généralement les TPME, continuent de souffrir de lacunes structurelles liées, essentiellement, au faible niveau de gouvernance, à l’insuffisance de la gestion des risques et au manque d’accompagnement sur le terrain. Ce qui appelle une réflexion profonde quant aux leviers à actionner pour sa redynamisation, aussi bien sur les volets de l’accès au financement et l’appui à la commercialisation, que pour l’encouragement des Marocains à consommer les produits et services locaux. Quelles sont les principales mesures prises pour soutenir les artisans et les TPME ?

Recommandations pour l’accompagnement et la mise à niveau managériale des artisans et TPME
«Il faut se rendre compte qu’il y a un ensemble de tâches que l’artisan est censé mener à bien, notamment tout ce qui est relatif à l’innovation, l’optimisation de ses produits, l’exploration du marché et des opportunités, …», explique Aziza El Aouad, experte en Développement humain et social, spécialiste de l’inclusion des jeunes.

Le digital, comment le rendre accessible au plus grand nombre ?
En fonction de la levée progressive des différentes restrictions, l’on a noté une reprise graduelle de l’activité et pas forcément du chiffre d’affaires. «Les marchés et souks étant fermés, nous sommes intervenus avec le ministère de tutelle pour trouver des alternatives de commercialisation. Nous avons ainsi accompagné plus de 1.000 artisans qui ont pu créer leur shop électronique», explique le directeur de la Maison de l’artisanat. Faciliter l’accès au marché : si le digital laisse présager de bonnes perspectives pour un grand nombre d’activités commerciales, est-il accessible aux plus grand nombre d’artisans et de TPE ? À la faveur du confinement, le commerce électronique s’est largement répandu.

Il se positionne, aujourd’hui, comme une alternative incontournable pour dynamiser l’activité économique dans son ensemble et en particulier pour les petites entreprises et les artisans. De même, la pandémie a révélé l’importance du commerce de proximité, avec des circuits courts d’approvisionnement qui ont des retombées plus importantes sur les territoires et les populations locales. À cet égard, l’expérience récente de Marjane Holding, consistant à développer le sourcing local, peut jouer un rôle de catalyseur du développement, de la diversification et de la montée en gamme de l’offre des produits nationaux.

Modeste Kouamé / Les Inspirations ÉCO

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