Éco-Business

ANAPEC : L’embauche à l’international dominée par l’emploi saisonnie

En 2017, l’ANAPEC compte assurer quelque 4.500 placements de travailleurs marocains à l’international contre 2.618 en 2016. L’agence vient de s’ouvrir sur de nouveaux marchés: l’Allemagne et le Canada. L’enjeu est de pouvoir dépasser les contraintes notamment d’ordre linguistique et de donner un coup de fouet aux emplois qualifiés.


La mission du placement des candidats marocains à l’international de l’Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) est appelée à évoluer tant sur le plan quantitatif que qualitatif. L’année dernière, quelque 2.618 employés marocains ont été placés à l’international dont 87,43% en tant que travailleurs saisonniers. Les emplois qualifiés ne concernent que 329 personnes. En cette année 2017, l’ANAPEC -qui accompagne les candidats à l’immigration professionnelle que ce soit en Europe (France et Espagne) ou dans les pays du Golfe- compte au moins atteindre quelque 4.500 contrats à l’étranger dont 4.000 ayant trait à l’emploi saisonnier. En Espagne, la demande concernant les ouvriers agricoles croît au Sud du pays (Bilbao, Almeria). Les employés saisonniers marocains devront décrocher des contrats de trois ou six mois.

Obstacles
Le développement du placement à l’international nécessite de dépasser certains obstacles. La première contrainte est d’ordre linguistique. «Dans certains marchés, la question de l’anglais constitue une entrave», précise le directeur général de l’ANAPEC Anas Doukkali. Il estime qu’il faut agir au Maroc pour améliorer les compétences -dont celles linguistiques- et développer des formations relatives à des créneaux à haute valeur ajoutée. À cet égard, l’agence compte développer davantage les formations qualifiantes destinées au placement à l’international. De nouveaux marchés sont aussi à explorer. L’agence vient de s’ouvrir sur deux pays: le Canada et l’Allemagne. Des perspectives importantes pointent à l’horizon, selon Anas Doukkali.

L’ANAPEC a signé une convention avec l’Agence allemande pour l’emploi afin de pouvoir développer le placement des Marocains sur ce marché. Un autre projet avec la GIZ, financé par la Banque mondiale, vise à placer une centaine de jeunes sur le marché de l’hôtellerie et la restauration au niveau de l’Allemagne. Les candidats devront être formés avant de rejoindre le pays d’accueil. C’est ainsi qu’un appel à candidature pour une formation professionnelle en alternance en Allemagne, en cuisine ou en hôtellerie-restauration, a été déjà lancé dans le cadre de ce partenariat. Il s’agit d’offrir aux jeunes marocains la possibilité d’effectuer une formation en alternance de cuisinier ou de professionnel de l’hôtellerie-restauration en Allemagne. Entre janvier et juillet 2017, les candidats sélectionnés devront bénéficier au Maroc d’une préparation linguistique et interculturelle à temps plein pendant six mois avant de commencer l’apprentissage en Allemagne. La formation en alternance dans ce pays européen devra commencer à partir d’août et durera trois ans.

En ce qui concerne le Canada, la promotion de cette destination est prévue pour l’année en cours. Les provinces canadiennes viendront avec leurs entreprises proposer de l’emploi aux jeunes marocains. L’ANAPEC va offrir aux candidats la formation nécessaire et les orienter vers les services d’immigration de l’ambassade. Le rôle de l’ANAPEC est de pouvoir rapprocher l’employeur des candidats en identifiant les profils recherchés et élaborant une plateforme pour les employeurs pour qu’ils viennent mener leurs entretiens au Maroc ou à distance. Quels sont les profils demandés pour la destination canadienne ? Pour Anas Doukkali, tous les métiers sont concernés : médecins, enseignants, chauffeurs de camion… Mais il faut dire que le marché du travail au Canada est assez particulier. Si certaines professions ont des équivalences des diplômes, d’autres nécessitent des examens avant de commencer d’exercer sur le sol canadien.

Pays du Golfe : un marché à développer
Le placement des travailleurs marocains dans les pays du Golfe n’a pas encore atteint les objectifs escomptés. En effet, ce placement se heurte à la concurrence de la main-d’œuvre asiatique. À cette entrave s’ajoute la situation économique des pays du Golfe ces dernières années. L’objectif est de pouvoir donner un coup de fouet à l’emploi des Marocains dans ces États. Dans ce cadre, le gouvernement marocain a ouvert un bureau de l’emploi au Qatar et un autre aux Émirats arabes unis en vue d’assurer la coordination, le suivi et le traitement des offres d’emploi faites par l’ANAPEC au profit des employeurs dans ces pays, ainsi qu’avec les institutions agissant dans le domaine de l’emploi et d’assurer le suivi des changements introduits dans les législations relatives au recrutement de la main-d’œuvre étrangère. Les pays du Golfe affichent la volonté d’accueillir davantage de travailleurs marocains. Au Qatar, à titre d’exemple, quelque 5.500 Marocains travaillent dans plusieurs secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, les services et la sécurité. Le nombre de la communauté marocaine au Qatar risque d’augmenter considérablement au cours des années à venir. En effet, l’État du Qatar entend augmenter le nombre de Marocains travaillant sur son sol en raison de leurs compétences et de la facilité de leur intégration dans la société qatarie afin qu’ils puissent contribuer aux chantiers de développement du pays lancés à l’occasion de l’organisation de la Coupe de football 2022. Certains responsables de ce pays avaient même annoncé le chiffre de 30.000 recrutements par an. Des difficultés restent à dépasser comme le coût des visites techniques et médicales exigées, qui reste élevé pour les demandeurs d’emploi en situation de chômage.

Rejoignez LesEco.ma et recevez nos newsletters


Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page