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Systèmes et moyens de paiement : La carte bancaire, toujours boudée par les Marocains

L’usage de la carte bancaire ne s’est pas encore démocratisé auprès des Marocains. Beaucoup lui préfèrent encore le virement ou le bon vieux chèque. À en croire le dernier rapport de BAM, la carte bancaire servirait principalement à retirer de l’argent au guichet. Le TPE demeure le principal outil de paiement par carte dans l’attente de l’intégration du paiement mobile.

35%des paiements scripturaux effectués en 2015 ont été opérés via la carte bancaire. Le constat est celui de Bank Al-Maghrib dans le cadre de son dernier rapport sur les systèmes et les moyens de paiement et leur surveillance. Les Marocains sont toujours de grands adeptes de chèques (28% des paiements scripturaux) et de virements (26%). Le nombre de paiements par carte, y compris les paiements sur GAB et ceux en ligne, s’est établi globalement à 34 millions d’opérations, pour une valeur de 16,2 milliards de dirhams, soit une augmentation de 14% en nombre et 13% en valeur. Malgré cette progression, le ratio de paiement des porteurs sur le plan domestique (calculé en rapportant les transactions de paiement au total des transactions par cartes bancaires) demeure très en dessous du potentiel, ne dépassant pas 12,5% en nombre et 7,3% en valeur à fin décembre 2015. La progression continue de l’utilisation des cartes bancaires n’est donc pas encore de nature à chambouler les habitudes.


Cette hausse est d’ailleurs attribuable à l’accroissement des paiements de proximité à travers les Terminaux de paiement électroniques (TPE), avec 27,7 millions d’opérations en hausse de 20% par rapport à l’année précédente, pour une valeur de 15 MMDH (+14%), explique la Banque centrale. Avec l’entrée en vigueur prochaine des paiements mobiles et la montée en puissance du paiement sans contact, la carte bancaire devrait connaître un nouvel essor (voir entretien). D’ailleurs, dans une optique d’encouragement de l’utilisation des paiements électroniques et en vue de réduire la circulation du cash et développer l’inclusion financière, Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de réglementation des télécommunications ont engagé une réflexion pour la mise en place d’une solution nationale de paiement mobile largement diffusée et à bas coût.

En attendant, les opérations sur TPE représentent l’essentiel des paiements réalisés par cartes bancaires en 2015. Ils représentent une part de 82% des transactions effectuées, soit 4% de plus par rapport à l’exercice 2014. Elles sont suivies par les paiements sur GAB, avec une part de 10%, contre 14,5% en 2014. Rapporté aux paiements effectués par les moyens de paiement traditionnels, le nombre de paiements par cartes s’est ainsi établi à 35%, contre 33% en 2014 et 31% en 2013. Les retraits d’espèces continuent de représenter l’essentiel des opérations effectuées par le biais des cartes bancaires. Le nombre de retraits effectués au Maroc par des cartes émises ou gérées par les établissements de crédit marocains a ainsi atteint en 2015, 236 millions d’opérations correspondant à une valeur cumulée de près de 206 MMDH, contre 219 millions d’opérations correspondant à une valeur de 188 MMDH en 2014. Parallèlement, l’utilisation du cash continue de dominer les opérations monétaires des particuliers sur le plan national (voir infographie).

La circulation fiduciaire a dépassé, pour la première fois, la barre des 200 milliards de dirhams (206 MMDH à fin 2015), en hausse de 7,4%, en comparaison avec l’année 2014, traduisant principalement l’impact de la bonne campagne agricole. Les moyens de paiement scripturaux restent dominés, en termes de montants échangés, par les chèques (53%) et les virements (33%). La carte bancaire représentant à peine 0,5% des opérations. 

Le risque de fraude étant important dans le cadre des paiements scripturaux, la surveillance opérée par Bank Al-Maghrib se renforce d’année en année. La Banque centrale a poursuivi en 2015 ses actions de suivi des fraudes sur les cartes bancaires et chèques en circulation. Elle a ainsi dressé les typologies de fraudes usuellement pratiquées et les a diffusées auprès des opérateurs. BAM rassure toutefois en précisant que le niveau de fraudes demeure très faible couvrant essentiellement le détournement des données des cartes bancaires et les tentatives de recouvrement de chèques déclarés perdus ou volés.   


Les cartes internationales cartonnent
S’agissant des transactions réalisées par les cartes internationales au Maroc, elles ont totalisé 12,8 millions d’opérations pour une valeur de 18,9 MMDH, soit une légère hausse par rapport à leur niveau de 2014 (12,3 millions d’opérations correspondant à une valeur de 18,4 MMDH). Quant aux transactions réalisées par les porteurs marocains à l’étranger, celles-ci demeurent globalement faibles malgré le bond considérable qu’elles ont réalisé en 2015. Ces transactions ont connu une hausse significative de 59%, correspondant à 1,2 million d’opérations en 2015, contre 780.707 en 2014 et de 52% en valeur, avec 1,9 MMDH à fin décembre 2015, contre 1,2 MMDH en 2014. Cette évolution est essentiellement liée à l’augmentation de l’encours de cartes à validité internationale, puisqu’elle enregistre un nombre total de 363.416 cartes contre 221.538 en 2014, soit une évolution de 64%.

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