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Réveil brutal pour l’UE

Un premier Conseil de l’Europe à 27 membres, sans Cameron, aura lieu mercredi prochain pour discuter des implications de la sortie de la Grande-Bretagne. La contribution du Royaume-Uni dans le budget de l’UE s’élève à 15,6 milliards d’euros par an. Il compte aussi 73 députés européens dont le sort est bien connu.


C’est finalement le camp du «leave» qui l’a remporté, au référendum de jeudi dernier en Grande-Bretagne. Le couperet du British exit (ou Brexit) est donc tombé avec 1,9% des voix pour les tenants de la sortie de l’UE. Cela s’est donc joué dans un mouchoir de poche. La moitié des Anglais aura décidé du sort de l’autre moitié. La démocratie, cette dictature du peuple, a dit son mot, à plus forte raison que le référendum du 23 juin a connu un record de participation de 72%. Sa légitimité est incontestable. L’annonce de la démission de David Cameron qui, en janvier 2013, avait promis un référendum sur le départ de l’UE est la première conséquence spectaculaire du Brexit. D’aucuns estiment que le résultat de ce dernier représente un désaveu populaire du Premier ministre. Des pétitionnaires anglais, pro-UE, mettent en avant un vote politique-interne destiné à sanctionner le gouvernement Cameron plutôt qu’une décision réfléchie, basée sur des arguments bien étudiés.

En attendant…
Quel sera l’impact sur la mission de Rupert Joy, chef de la diplomatie européenne à Rabat, qui est de nationalité anglaise? Selon nos sources, son départ n’est pas une question urgente, au même titre -d’ailleurs- que le processus de sortie de Londres de l’union. C’est l’article 50 du traité de l’UE (dit «Traité de Lisbonne») qui régit le processus de sortie de l’espace européen. Il stipule d’abord qu’une demande soit formulée par le pays qui le souhaite. Après quoi un long processus sera entamé, durant au moins 2 ans, pour négocier les accords qui viendront remplacer ceux inhérents à l’UE.

En attendant, le Royaume-Uni reste dans l’UE avec ses droits et ses obligations. Une réunion des chefs de la diplomatie des 6 pays fondateurs de l’UE a eu lieu samedi à Berlin pour discuter des conséquences du départ des Britanniques. Elle sera suivi, mercredi prochain, par un premier Conseil de l’Europe à 27 membres, sans Cameron. À l’ordre du jour, bien évidemment, les modalités de sortie de la GB de l’espace européen et l’impact que cela aura sur l’équilibre des forces au sein de l’union. Il ne faut pas oublier que l’aile libérale au sein de l’UE était portée par le Royaume-Uni. Par ailleurs, l’Allemagne sera seule face à une France qui devra gagner en force avec le départ des Anglais. Cependant, l’Europe toute entière sentira la secousse tellurique du retrait anglais. La contribution du pays dans le budget de l’UE s’élève à 15,6 milliards d’euros par an, e qui n’est pas négligeable. N’oublions pas non plus que l’anglais est la langue de travail des instances de l’UE aux côtés du français.

Il ne faut pas non plus perdre de vue la bonne santé de l’économie anglaise, comparée à celle des autres pays européens. Un facteur qui peut en partie expliquer la victoire des anti-européens. Malgré son recul en ce premier semestre 2016, le taux de croissance en Grande-Bretagne est deux fois plus important qu’en France, par exemple. Nul doute que le modèle anglais de développement tire bien son épingle du jeu dans une Europe en crise. Nul doute non plus que sa sortie de l’UE constituera un cas d’école pour les dirigeants des 27. Ils seront plus vigilants quant aux fondamentaux d’une construction européenne qui s’avère de plus en plus fragile.

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