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Rapport de l’OIF. Une réponse concertée sur les migrations s’impose

À l’occasion de la 35e session de la Conférence ministérielle de la francophonie, l’OIF vient de présenter à Erevan un rapport dressant un état des lieux des migrations dans l’espace francophone. Le document fait le bilan des actions conduites et propose des pistes de réflexion, dont la nécessité de promouvoir une approche humaniste et positive des mouvements de populations.

Avec 84 États et gouvernements membres dans les cinq continents, l’espace francophone compte en son sein des pays d’origine, de transit, d’accueil et de destination. Il est ainsi fortement concerné par les mouvements de mobilité mondiale. Le rapport de l’Organisation internationale de la francophonie souligne la nécessité d’analyser les causes des mouvements migratoires qui sont essentiellement structurelles. Il s’agit de l’instabilité et des crises politiques, des conflits, du terrorisme et, plus largement, des menaces transversales, de la crise économique et du chômage. S’ajoutent à cela les changements climatiques et la dégradation de l’environnement.

L’OIF tient aussi à attirer l’attention sur une question importante, souvent méconnue : le mouvement migratoire international Sud-Sud est plus important que le mouvement Sud-Nord. À titre d’exemple, 53% des migrants internationaux africains résident sur ce continent, et le plus souvent dans les pays limitrophes. L’accent est aussi mis sur les souffrances des migrants durant leur parcours-quête d’une vie meilleure. Nombre d’entre eux ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs, et leur parcours s’achève tragiquement. «La Méditerranée, le Sahara et d’autres routes migratoires de l’espace francophone sont devenus des tombeaux à ciel ouvert, comme le montrent les chiffres effarants régulièrement mis à jour par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)», souligne le rapport.

Outre les pertes en vies humaines, les migrants sont aussi en proie aux trafics et traites. Les femmes et les jeunes migrants sont particulièrement victimes de violations de leurs droits. Aussi l’OIF plaide-t-elle pour des réponses concrètes aux vulnérabilités spécifiques des femmes et des filles migrantes. Les pays de destination, en Europe et sur le continent américain, sont appelés à relever nombre de défis, et à leur tête l’harmonisation des politiques nationales, le respect du droit d’asile tel que consacré notamment par la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, l’intégration sociale et économique des populations migrantes, le retour des personnes en situation irrégulière dans leur pays d’origine quand elles sont considérées comme sûres. Il faut aussi une mobilisation autour des causes structurelles de la migration dans les pays d’origine. Face à la montée du racisme dans les pays de transit et d’accueil, une réponse concertée, solidaire, globale, coordonnée et multilatérale s’impose, selon l’OIF. Elle doit être axée sur les droits de l’Homme de la part des États et gouvernements, des organisations internationales, des institutions de l’État de droit et de la société civile nationale (organisations non gouvernementales, en particulier celles agissant pour la défense des droits de l’Homme, secteur privé et médias…). Plusieurs recommandations ont été émises par l’OIF pour mieux traiter les questions migratoires et garantir les droits des migrants. L’organisation recommande de renforcer le plaidoyer politique mené par la Francophonie au sein des instances internationales et auprès de ses États et gouvernements. Il s’avère aussi nécessaire de promouvoir et protéger les droits des migrants tout en œuvrant pour le renforcement des capacités, et la promotion des échanges d’expériences des administrations et institutions publiques nationales chargées de l’accueil des migrants ainsi que du respect de leurs droits. Il faut aussi s’atteler au renforcement des capacités des pays membres en matière de collecte de données statistiques fiables.

Par ailleurs, réussir l’intégration des migrants dans les pays d’accueil reste un enjeu central. Il s’agit à la fois de relever le défi de l’insertion économique et sociale des populations migrantes dans les pays d’accueil, à travers notamment des programmes d’éducation et d’enseignement supérieur. Il faut sensibiliser et accompagner les États et gouvernements membres dans le cadre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Pour l’OIF, bien qu’il ne soit pas un document contraignant, ce pacte, qui doit être adopté les 10 et 11 décembre 2018 à Marrakech, devrait constituer un nouvel instrument formulant des recommandations pour le traitement de la migration internationale. «Sa connaissance, son application et son suivi, en l’adaptant aux politiques existantes ou en élaborant de nouvelles politiques ou stratégies nationales et régionales dans notre espace, constitueront un chantier d’importance». L’OIF appelle aussi à l’approfondissement des partenariats internationaux et à une mobilisation optimale des ressources francophones en profitant de la diversité des acteurs qui composent la Francophonie.


Améliorer le traitement médiatique sur les migrations

Pour garantir un débat ouvert, critique, pluraliste et respectueux des droits et de la dignité des migrants dans l’espace public francophone, l’OIF estime que plusieurs actions pourraient être encouragées, notamment la sensibilisation de l’opinion publique dans les pays de l’espace francophone à ces questions, plus particulièrement dans les pays de transit et d’accueil, en visant la consolidation d’un regard positif sur les migrants et les bénéfices de la migration. Cet objectif pourra se concrétiser à travers la formation de journalistes, le soutien à des collaborations entre médias de l’espace francophone. Les journalistes doivent aussi être sensibilisés au rôle des médias dans le combat contre les discours de haine, le racisme et la xénophobie à l’encontre des populations migrantes. Leurs compétences doivent être renforcées pour mieux traiter ce phénomène. Il faut, en outre, soutenir et valoriser des expériences positives, à l’échelle nationale et transnationale, en matière de traitement médiatique de la question migratoire, et favoriser une représentation des migrants dans les médias. À cela s’ajoute le renforcement des capacités des acteurs institutionnels et de la société civile dans la lutte contre les discriminations, les discours de haine, le racisme, la xénophobie, l’extrémisme et la radicalisation violente.

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