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Plan Maroc Vert : Entre acquis et défis

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Bilan Gouvernemental «1»

Plan Maroc Vert : Entre acquis et défis

À l’heure du bilan de l’action gouvernementale, le Plan Maroc Vert retient particulièrement l’attention. À la fois l’Exécutif et le Parlement y consacrent une part importante dans leurs derniers rapports sur l’action gouvernementale. Malgré l’ampleur des défis, des avancées notables sont enregistrées en matière de production, d’export et d’investissement.


Huit ans après le lancement du Plan Maroc Vert (PMV), quid des réalisations ? L’Exécutif vient de publier son bilan de l’action gouvernementale durant l’actuelle législature et revient sur certaines grandes réalisations du PMV durant cette période. On y apprend notamment que la production agricole a connu une hausse significative depuis le lancement du PMV, avec une amélioration de 31% de la production végétale, entre 2008 et 2015. Ce faisant, le PMV a amélioré la contribution du secteur agricole à la croissance. Cet indicateur est passé de 6% sur la période 2000-2007 à 20% sur la période 2008-2015.

L’export grimpe
Les performances se sont d’abord ressenties à l’export avec un bond considérable de 30% dans les expéditions agricoles, et ce, malgré les difficultés qu’a connues le dossier de l’accord agricole avec l’Union européenne, principal client du Maroc. Le royaume est aujourd’hui le premier exportateur mondial de câpres, haricots blancs et huile d’argan. Il est également troisième exportateur mondial de conserves d’olives et 4e en clémentine et tomate. Cette dynamique devrait se poursuivre grâce à l’effort de diversification des marchés qui s’est traduit par la signature de plusieurs accords commerciaux, notamment avec la Russie. Le département de l’Agriculture compte d’ailleurs poursuivre sur sa lancée en signant de nouveaux accords avec le Canada, l’UMA et en révisant l’accord avec la Turquie. En attendant, le PMV semble avoir réussi dans l’un de ses principaux objectifs, à savoir l’amélioration des productions à haute valeur ajoutée. Une croissance d’environ 37% est, à ce titre, signalée; ce qui signifie que plus de 400.000 hectares additionnels ont été consacrés à ce type de production.

La sécheresse endiguée
Grâce à ces performances, le PMV a notamment permis de renforcer la sécurité alimentaire du royaume, notamment pour les viandes, les fruits et les légumes. Pour ces produits, le Maroc a atteint un taux de couverture de 100%. Pour les céréales et le sucre, la production nationale assure désormais, respectivement, 70 et 40% des besoins. À en croire les chiffres officiels, le Plan Maroc Vert a également réussi le défi de réduire l’impact de la sécheresse sur la croissance. Cet impact aurait reculé de 61% entre 1990-1999 et 2000-2014. Parallèlement, l’investissement s’inscrit en hausse, atteignant 87 MMDH, durant la période 2008-2015. À noter que 56 MMDH d’investissement sont assurés par le secteur public. Rappelons à ce titre l’amélioration du budget consacré au Fonds de développement rural et des zones montagneuses qui est passé de 500 MDH en 2011 à 2 MMDH, durant les années suivantes, soit une hausse de 300%. L’agriculture solidaire n’est pas en reste. Sur ce plan, l’Exécutif a accompagné la réalisation de 542 projets, soit 90% des projets prévus à l’horizon 2020. Un programme qui a nécessité 14,67 MMDH sur une surface de 784.000 hectares.

Les professionnels confiants
Pour les professionnels, le PMV a atteint, voire dépassé ses objectifs. Dans une récente sortie médiatique, à l’occasion du 10e anniversaire de la Confédération marocaine de l’agriculture et de développement durable (Comader), le président de la confédération, Ahmed Ouayach, s’est voulu rassurant quant à l’avenir du secteur dans le cadre de la stratégie. «L’agriculture de demain sera compétitive et ouverte sur les marchés extérieurs avec une offre exportable diversifiée», promet la confédération. Celle-ci estime d’ailleurs que le bilan de la stratégie demeure «globalement positif». Elle note une amélioration de la productivité et de la production au niveau de la plupart des filières avec même un dépassement des objectifs initiaux dans certains secteurs.

Les professionnels se félicitent notamment de «l’extension des plantations arboricoles et l’intégration des différentes chaînes de valeur, amont-aval, par la création des interprofessions agricoles». Il est à noter que les professionnels du secteur, notamment la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes (FIFEL) préparent également leur bilan du Plan Maroc Vert pour cette fin de mandat. La FIFEL devrait présenter son programme à l’occasion de sa prochaine assemblée générale. Il est à rappeler que le PMV a permis la signature de pas moins de 17 contrats-programmes avec les différents professionnels du secteur et la réalisation de 16 contrats régionaux. Le secteur s’est également renforcé grâce à l’installation de 20 Groupements d’intérêt économique (GIE) et pas moins de 430 coopératives agricoles.


Aziz Akhannouch,
Ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime.

La dynamique du Bio est enclenchée. Les opérateurs se sont organisés, se sont développés, une loi a été mise en place en la matière et les décrets y relatifs ont été établis… aujourd’hui, donc, le Maroc a tout un arsenal juridique en la matière. Un accord a aussi été signé pour que l’État subventionne les agricultures Bio. C’est une niche très importante qu’il va falloir accompagner de plus en plus. Entre 30 à 50.000 hectares sont déjà Bio, sans compter les palmiers-dattiers et l’arganier qui sont Bio d’office.


Des limites structurelles à dépasser
Un récent rapport de la Chambre des conseillers, présenté à l’occasion de la séance de clôture de la session parlementaire, met la lumière sur les difficultés du secteur agricole. Le rapport a notamment pointé la faiblesse dans l’utilisation des moyens de production. «Le taux de mécanisation au Maroc s’avère 11 fois plus faible que celui d’un pays comme l’Espagne», regrette le rapport. Même constat sur le plan de l’utilisation des engrais, les agriculteurs marocains utilisent quatre fois moins d’engrais que leurs homologues français. Parallèlement, la 2e Chambre estime que l’accès au financement bancaire continue de miner la production. On apprend notamment que seuls 18% des agriculteurs ont pu bénéficier d’un crédit durant ces dernières années. Afin d’améliorer les moyens de production, le Maroc gagnerait à renforcer le soutien financier. Celui-ci ne représente que 8% des revenus des agriculteurs alors qu’il se situe entre 30 et 70% dans certains pays avancés. La Chambre des conseillers met en exergue également le manque de dynamisme de l’industrie agroalimentaire. Celle-ci représente seulement 24% de l’ensemble des unités de production marocaine et 33% de l’ensemble des industries de transformation. Dans son rapport, piloté par les représentants de la CGEM, la 2e Chambre revient sur l’organisation du secteur qui se caractérise par «la quasi-absence d’organisations transprofessionnelles, reliant producteurs, industriels et commerçants». La faiblesse de l’encadrement est également désignée comme limite. Selon ce rapport, «l’agriculture continue de pâtir d’une gestion traditionnelle des exploitations et de systèmes d’encadrement inadéquats». L’accès à l’eau est une autre donnée cruciale dans le développement du secteur. La 2e Chambre regrette une mauvaise gestion des ressources en eau qui se traduit par une sur-utilisation des ressources en surface et des eaux souterraines et leur mauvaise valorisation. Les Conseillers relèvent également les dangers de la désertification et d’autres phénomènes naturels qui aboutissent à une régression des surfaces cultivables qui ne dépassent pas 13% de l’ensemble des terres.


 

Registre national agricole
Le ministère de l’Agriculture à lancé, en 2016, le Registre national agricole, RNA. L’objectif de ce programme, selon le ministère, est de mieux structurer le secteur agricole dans l’optique d’apporter un meilleur service aux agriculteurs. Concrètement, le RNA reconnaît le métier du fellah comme une profession à part entière avec ses droits et ses obligations. Un encadrement qui émergera une identité professionnelle reconnue de la part du ministère et des différents intervenants dont l’administration et le secteur bancaire. En cas de sécheresse ou de fléaux liés à l’activité agricole, le RNA permet aux services du ministère, grâce à son large éventail de données statistiques et d’informations recueillies, d’identifier rapidement les agriculteurs concernés et son intervention devient plus efficace et facilite l’octroi des aides et des subventions.

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