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Diplomatie : Les pistes d’amélioration, selon l’IRES

Un rapport vient diffusé par l’Institut royal des études stratégiques. Le document, de 120 pages, revient en détail sur les relations pluridimensionnelles du royaume avec ses partenaires et défriche le terrain pour un rayonnement encore plus important. Le rapport a été distribué aux différentes représentations diplomatiques du Maroc pour servir de manuel.

La diplomatie marocaine, tantôt critiquée, tantôt triomphante, entame aujourd’hui un nouveau tournant, basé sur la rationalité. La politique volontariste du souverain a ouvert la voie à une nouvelle prise de conscience du prolongement naturel du Maroc dans son espace africain, sans pour autant perdre de vue ses partenaires historiques. Toutefois, peu sont les travaux scientifiques qui mettent en perspective l’évolution de la diplomatie, ses points forts, ses faiblesses autant que les pistes de renforcement. C’est pour combler ce vide que l’Institut royal des études stratégiques (IRES) vient de rendre public un rapport sur les relations extérieures du royaume. Bouclé en février dernier, il a été présenté en fin de semaine dernière à la presse. C’est en fait le deuxième document du genre dans le cadre de la série «Panorama du Maroc dans le monde», un premier rapport ayant été présenté en 2015.

Le présent travail synthétise les moments forts du cheminement ainsi que les réformes que les Affaires étrangères marocaines ont connus tout en relatant les pistes d’amélioration. Objectif, renforcer la coopération internationale du pays et promouvoir son image dans les instances mondiales. Le retour du Maroc au sein de l’Union africaine, la diversification de ses partenariats et son ouverture sur de nouveaux espaces économiques, vont dans le sens de la professionnalisation de l’activité diplomatique. En atteste la visite royale en Afrique de l’Est qui était, jusqu’ici, délaissée et qui, malgré l’éloignement, a montré que l’on peut installer une coopération économique solide et variée en un temps record. Le rapport de l’IRES, de 120 pages, a été distribué justement aux représentations diplomatiques du royaume pour les aider à mieux appréhender les enjeux d’un bon rayonnement du pays dans le monde. Mohamed Tawfik Mouline, DG de l’IRES, a souligné dans ce sens que ce document est susceptible de renforcer la capacité d’anticipation en matière de relation internationale. Car, il y a des changements brusques dans la politique internationale et d’autres que l’on voit venir et qui méritent que l’on s’y prépare en adaptant son discours et son positionnement en conséquence.

Dans ce sens, le rapport de l’IRES recommande de consolider les partenariats déjà établis par le Maroc et œuvrer en faveur de leur diversification. Ceci dans l’objectif d’adapter le schéma des alliances du royaume aux nouvelles réalités géostratégiques mondiales. Toujours dans cette logique d’être bien armé face aux changements, l’IRES propose de restaurer la mémoire collective, de réécrire l’histoire commune avec les pays voisins, notamment l’Espagne et d’anticiper les tensions éventuelles, en mettant en place des mécanismes permanents de concertation et de coordination. Par ailleurs, pour sortir des sentiers battus de la contingence politique, il est proposé de promouvoir les relations entre opérateurs économiques et libérer ainsi la coopération de l’ambivalence de l’agenda politique. Le rapport insiste également sur l’importance de continuer à jouer un rôle important dans les médiations politiques et dans le processus de paix et de sécurité dans le monde arabe. Cela ne va pas sans renforcer le leadership du Maroc en Afrique de l’Ouest. Et ce, pour renforcer le positionnement du royaume dans l’agenda stratégique des grandes puissances. Le royaume ne doit donc pas lâcher du lest quant à sa position centrale en tant que gateway vers l’Afrique. Entretenir cette image implique de promouvoir davantage les partenariats tripartites en Afrique et de s’y préparer en se rapprochant culturellement et économiquement des pays subsahariens à l’Ouest comme à l’Est du continent.


Les cinq dimensions de la diplomatie
Le rapport de l’IRES a mis en exergue cinq domaines de renforcement de la diplomatie marocaine. Primo, l’aspect politique en défendant la centralité du Maroc afin de contrer les tentatives visant à l’exclure des initiatives internationales, en direction du continent africain. Il s’agit aussi d’agir sur le rééquilibrage des forces dans la région en profitant du statut avancé du Maroc avec l’UE et des liens étroits du royaume avec les pays du Conseil de coopération du Golfe. Secundo, la dimension économique où il faut rénover les instruments de promotion économique du royaume afin de renforcer l’attractivité des IDE et favoriser la diversification à l’international des entreprises marocaines. Tertio, la dimension culturelle consiste à asseoir les bases d’une relation culturelle durable et équilibrée avec les pays avec lesquels des affinités culturelles existent ou ceux qui accueillent une communauté marocaine importante. Quarto, l’aspect sécuritaire n’est pas en reste. Il est recommandé d’intensifier la coopération sécuritaire pour endiguer la menace terroriste et criminelle. La dimension environnementale n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui avec la COP22. C’est pourquoi, le rapport insiste sur l’importance de placer le Maroc au cœur des enjeux d’une nouvelle gouvernance du climat, en portant un intérêt particulier à la maîtrise du processus des négociations sur le changement climatique.

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