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COP22 : Ouf de soulagement, le seuil de ratification est atteint !

L’ONU vient d’annoncer le dépassement du seuil de 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’OCP Policy Center et l’IFRI publient un rapport fort intéressant sur les enjeux économiques, politiques et financiers de la COP22.


Tout le monde l’attendait avec impatience car la réussite de la COP22 de Marrakech, qui aura lieu du 7 au 18 novembre prochains, en dépend. L’annonce vient d’être faite par les Nations Unies : l’Accord de Paris sur le changement climatique entrera en vigueur le 4 novembre prochain. En effet, les deux seuils fixés par ledit accord viennent d’être atteints, à savoir la ratification par au moins 55 pays, représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cette importante annonce qui intervient à un mois de la COP marocaine ouvre de nouvelles perspectives et donne du punch à la mise en œuvre de l’Accord de Paris.

À ce jour, 73 pays, en plus de l’UE, ont ratifié l’accord, dépassant le seuil de 55% des émissions mondiales. Les conditions de son entrée en vigueur ont été remplies mercredi après que l’Autriche, la Bolivie, le Canada, la France, l’Allemagne, la Hongrie, Malte, le Népal, le Portugal et la Slovaquie ainsi que l’Union européenne ont déposé leurs instruments de ratification auprès du secrétaire général des Nations Unies. Pour rappel, l’Accord de Paris appelle les pays à lutter contre le changement climatique en visant une limitation de la hausse de la température mondiale en dessous de 2 degrés Celsius, et à s’efforcer de ne pas dépasser 1,5 degré. Conscient des enjeux climatiques, l’OCP Policy Center en partenariat avec l’Institut français des relations internationales (IFRI) viennent de rendre public un rapport fort intéressant sur le sujet. Intitulé : «de la COP21 à la COP22 : comment gagner le combat climatique», le rapport réalisé par Carole Mathieu, chercheur au Centre énergie de l’Ifri, s’avère un document de référence pour tout ceux qui veulent mieux comprendre la problématique et ses intersections politiques, économiques et sociales.

Le rapport jette la lumière sur un aspect essentiel pour la réussite de l’Accord de Paris, à savoir que les contextes nationaux jouent un rôle de première main dans son succès. Fini le marché mondial du carbone comme unique solution possible au changement climatique. Contrairement à l’accord de Kyoto, celui de Paris est plutôt local et régional impliquant les pays voire même les villes. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, 40 pays et plus d’une vingtaine de villes, régions ou États fédérés appliquent un prix aux émissions de carbone d’un certain nombre de secteurs économiques, ce qui représente une couverture de 13% des émissions mondiales. Carole Mathieu n’a pas manqué de mettre l’accent sur l’aspect politique qui reste déterminant dans la réussite du processus de l’Accord de Paris. Elle a expliqué que l’élection de Donald Trump aux présidentielles américaines peut remettre en cause tous les acquis décrochés au prix fort du premier pays pollueur aux côtés de la Chine.Toutefois, aujourd’hui que la mise en vigueur de l’accord est décrété par l’ONU, il n’y aura pas de possible défection.

Du moins pas avant trois ans, voire quatre. La question du financement se pose avec la même acuité que le volet politique. Il faut savoir que l’Afrique ne représente que 4% des émissions globales, mais doit supporter des coûts d’adaptation de l’ordre de 7 à 15 milliards de dollars par an d’ici 2020. Alors que seuls 1 à 2 milliards de dollars par an sont aujourd’hui alloués à cette problématique. Pourtant, l’article 9 de l’Accord de Paris oblige les pays riches à soutenir financièrement les efforts des pays pauvres et des pays insulaires qui souffrent le plus du changement climatique et de la montée des eaux, qui en est l’un de ses corollaires. Selon Carole Mathieu, le Maroc, pays hôte de la COP22, a toute légitimité pour porter l’enjeu financier au nom des pays en développement. Il faut signaler qu’en 2009 à Copenhague, la cible des 100 milliards de dollars par an à mobiliser par les pays développés à compter de 2020 a été introduite. C’est une décision qui n’est pas aujourd’hui contestée puisque l’on cherche même à dépasser ce plancher. Ainsi, il est prévu qu’un nouvel objectif chiffré soit défini d’ici 2025, même si la base des contributeurs obligatoires n’a pas été précisée.


Le défi de convaincre de la COP22
Pour certains pays, gouvernements et leurs secteurs privés, l’économie verte, celle de l’innovation en faveur d’une utilisation plus rationnelle des ressources naturelles, est un enjeu passionnant. Pour d’autres, les défis climatiques sont sources de tracas et représentent une menace au profit qu’ils engrangent. Pourtant, investir dans l’énergie propre est aujourd’hui une entreprise rentable, pérenne et prometteuse. Aujourd’hui, comme l’explique Carole Mathieu, les acteurs économiques semblent se tenir prêts à basculer vers la sobriété carbone, sans toutefois considérer que les innovations technologiques, réglementaires et sociétales soient encore parfaitement alignées. Pour elle, le véritable défi de la COP22 sera de convaincre que même si la COP21 n’a pas subitement fait émerger un nouvel ordre des choses, d’importantes transformations sont à l’œuvre à toutes les échelles. En renforçant les politiques climatiques et en cherchant à favoriser une cohérence d’ensemble, le tournant pourra s’opérer, conclut-elle.

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