Maroc

Vaccin anti-Covid : pourquoi une troisième dose ?

La vaccination avec la troisième dose a démarré lundi. Sont concernées, les personnes de plus de 65 ans ainsi que celles présentant  des comorbidités.  

Une troisième dose anti-Covid 19 sera injectée au + de 65 ans et les personnes «à risque». La décision fait suite aux recommandations du Comité scientifique national de la vaccination, et de celles de certains scientifiques internationaux. Les concernés ont commencé à recevoir un SMS à partir du numéro 1717. Pour Dr. Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, quatre faits scientifiques justifient cette décision. Premièrement, sur le plan médical et immunologique, les personnes âgées, ainsi que les porteurs de maladies chroniques, répondent moins efficacement aux vaccinations par rapport aux jeunes et aux personnes bien portantes. L’émergence des variants est, également, un facteur à prendre en compte. «Avec les variants, et surtout le Delta, l’efficacité des vaccins diminue.

Des études ont aussi démontré que six mois après la vaccination, les anticorps commencent à baisser, et ce même si la protection n’est pas assurée uniquement par les anticorps, mais aussi l’immunité cellulaire», souligne l’expert. Enfin, le quatrième fait concerne les décès liés au virus. «Depuis le démarrage de la vaccination, les statistiques font ressortir que 99,5% des décès surviennent parmi les non vaccinés, et seulement 0,5% chez les personnes complètement vaccinées. Il s’agit là, essentiellement, de personnes très âgées et de porteurs de maladies chroniques affaiblissant l’immunité. Ceci prouve la très haute protection de la vaccination contre les formes graves et les décès», explique-t-il. Pas d’inquiétude concernant les effets indésirables. Ils sont sans gravité et similaires à ceux observés lors de la deuxième dose, à savoir des douleurs au point d’injection, céphalée ou/et fièvre pour certains cas. Si cette troisième dose est aujourd’hui réservée à une certaine population, «elle sera aussi étendue au reste des Marocains », affirme Pr. My Mustapha Ennaji, virologue et directeur du laboratoire de virologie de l’Université Hassan II de Casablanca. Pour les personnes n’ayant reçu qu’une seule dose du vaccin Janssen, l’injection d’une seconde dose s’avère nécessaire pour compléter le schéma vaccinal. Par ailleurs, le mixage des vaccins est possible, voire même recommandé.

«Tous les vaccins se mixent. Cela n’affecte pas leur efficacité, au contraire, cela procure une protection plus importante», indique Dr. Hamdi. «L’Astrazeneca  et le Pfizer , fournissent six fois plus d’anticorps», appuie le médecin. En revanche, pour le virologue, Pr. Ennaji, «il est préférable de garder le même vaccin».  Mais s’il encourage de garder le même type de vaccin, il n’interdit pas non plus le mixage. L’éventualité d’une quatrième dose n’est pas à exclure, non plus. «Il est fort possible d’avoir recours à une vaccination périodique. Le virus va certainement rester de manière endémique, et les personnes âgées et à risque auront un besoin cyclique», indique Dr. Hamdi. Même son de cloche auprès du Pr, Ennaji. «Nous restons tributaire de la situation épidémiologique. Si le virus n’est pas évincé durant les prochains mois, nous passerons à une 4ème dose», explique-t-il. Mais pour l’heure, les experts internationaux écartent cette éventualité, estimant qu’une troisième dose est suffisante.

Tilila El Ghouari / Les Inspirations ÉCO

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