Maroc

Réforme de l’enseignement : Les pistes envisagées pour la mise à niveau des enseignants

La réforme de l’enseignement passe inéluctablement par la mise à niveau des métiers éducatifs. Plusieurs mesures sont envisagées par le département de tutelle pour promouvoir le rendement du corps enseignant.

La réforme tant souhaitée de l’enseignement est fortement tributaire du corps enseignant. Le message de Omar Azziman, président du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, hier lors d’un colloque sur la mise à niveau des métiers de l’éducation, est on ne peut plus clair: les acteurs éducatifs, qui restent les meilleurs porteurs du changement, sont nécessaires et indispensables à la rénovation de l’École qui souffre de plusieurs maux (déficiences en matière d’équité et d’égalité des chances, taux élevé de décrochage et de déperdition …). Comment les acteurs éducatifs peuvent apporter leur contribution décisive à la réhabilitation de l’école ?
Pour le président du CSEFRS, il s’avère nécessaire de reconsidérer l’accès à la formation initiale pour préparer un métier qui exige, à côté d’un savoir éprouvé, de fortes doses de pédagogie et de tact, de méthode et de patience, de souplesse et de créativité ainsi que des aptitudes exceptionnelles à donner l’exemple.

La formation continue doit être revisitée, selon lui, pour aider les débutants à surmonter leurs difficultés et permettre aux initiés d’affronter les risques du métier et de suivre ses évolutions en vue de l’amélioration de leurs prestations et leur performance tout au long de leur carrière. Azziman plaide pour la mise en place des dispositifs de soutien et des accompagnements soutenus pour les enseignants en difficulté afin d’assurer leur mise à niveau et d’améliorer leurs prestations. Le ministère de l’Éducation nationale travaille déjà sur ces pistes.

Optimiser la performance
Des mesures à court, moyen et long termes sont prévues pour rehausser le niveau des enseignants et atteindre les objectifs fixés par la réforme.  La réflexion du département de tutelle a porté sur la nécessité d’optimiser la performance aussi bien des élèves que des enseignants à travers de nouvelles méthodes scientifiques favorisant le travail d’équipe. Aujourd’hui plus que jamais, les enseignants sont appelés à inculquer aux élèves, outre le savoir et les connaissances, plusieurs qualités comme la confiance en soi, l’acceptation du risque, l’engagement, la curiosité… Pour y arriver, l’enseignement doit être formé en amont pour être doté de ces mêmes qualités, selon le ministre de l’Éducation nationale. Rachid Belmokhtar relève l’impératif de se remettre en cause pour préparer la mutation escomptée. Bon nombre d’actions sont envisagées par le département de Belmokhtar, dont certaines qui nécessiteront du temps pour leur mise en œuvre.

Pour la formation initiale, il est temps, selon le responsable gouvernemental, de revoir les critères du choix des profils des enseignants. «L’école ne doit pas être le réceptacle de tous les échecs… il faut sélectionner ceux qui sont capables d’exercer le métier d’enseignant avec amour et passion», précise-t-il. Un avis largement partagé par le philosophe et sociologue Edgar Morin, qui estime que l’éducation est une mission qui demande de l’amour.  Une attention particulière est portée au primaire.

Pour mieux former l’enseignant du primaire, il sera procédé au changement du processus de formation. «La décision est prise. Nous allons commencer la formation des enseignants à partir du baccalauréat. Il s’agit d’une formation psychopédagogique, complète et interdisciplinaire portant sur les valeurs, le coaching, le travail d’équipe…», relève le ministre de l’Éducation nationale. 

S’agissant de la formation continue des enseignants, Belmokhtar semble être conscient de l’ampleur du défi que son département doit relever car il s’agit de former un corps enseignant hétérogène. En effet, la formation continue de quelques heures ne permettra pas d’obtenir les résultats escomptés. Ainsi, le ministère a déjà mis en place une expérience pilote consistant à former des «accompagnateurs» pour accompagner les enseignants dans leur mission (auto-évaluation, correction…). Quelque 170 accompagnateurs sont déjà sur le terrain. L’enjeu est de pouvoir généraliser bientôt cette expérience.

Il faut également travailler sur l’évolution de la carrière de l’enseignant et créer un dynamisme au sein des métiers de l’enseignement. Outre la mise à niveau des enseignants, la mission de l’inspecteur sera prochainement révisée. «Le rôle de l’inspecteur n’est pas d’inspecter l’enseignant mais plutôt de le former, de l’accompagner dans le cadre d’une auto-évaluation afin de faire évoluer le système éducatif», selon le responsable gouvernemental. Le système d’évaluation de l’enseignant va être basé sur les résultats des élèves en comparant leur niveau au début et à la fin de l’année.

Par ailleurs, le projet de statut pour les fonctionnaires de l’éducation nationale est toujours au point mort. Belmokhtar s’engage à reprendre les discussions autour de ce texte avec les syndicats. La mise à niveau des enseignants ne concerne pas que l’éducation nationale, mais aussi l’enseignement supérieur. La formation continue, la gouvernance en matière d’accès aux postes d’enseignants, l’amélioration de l’encadrement pédagogique, l’évaluation sont autant de points sur lesquels il faudra agir pour promouvoir le métier des enseignants, selon la ministre déléguée auprès du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres Jamila Moussali. 


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