Maroc

Production de bananes: ce que vous ne savez (peut-être) pas

Introduite au Maroc dans les années 70, la culture de la banane a connu un développement fulgurant. Les producteurs locaux assurent l’autosuffisance du marché même si quelques importations sont encore enregistrées.

Une vidéo, relative à la prétendue importation d’une cargaison de bananes impropres à la consommation, en provenance de Somalie, circule sur la toile au Maroc. On y voit une marchandise infestée de vers, lesquels causeraient une intoxication gastrique. En réalité, il s’agirait d’une fakenews, informe l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), précisant qu’il est probable que la vidéo soit truquée, puisqu’elle laisse apparaître de gros vers, alors que le commentaire parle de «Helicobacter» qui est une bactérie microscopique. Dans la même foulée, l’ONSSA, qui nie catégoriquement ce qu’il est convenu d’appeler de folles rumeurs, rassure les consommateurs marocains en expliquant que les bananes commercialisées au Maroc sont «saines» contrairement à ce qui a été avancé.


Plus loin, l’organisme en charge d’ appliquer la politique du gouvernement en matière de sécurité sanitaire des végétaux, des animaux et des produits alimentaires, depuis les matières premières jusqu’au consommateur final, souligne que les divers fruits et légumes importés, y compris les bananes, sont soumis à un contrôle rigoureux aux frontières, par les services de l’ONSSA. Ces denrées sont accompagnées de certificats phytosanitaires, délivrés par les autorités compétentes du pays d’origine, attestant qu’ils sont exempts de maladies ou de parasites, insiste l’ONSSA.

L’office souligne aussi que le Maroc n’importe pas de bananes de Somalie avant de rappeler que le Royaume dispose d’une production locale importante de ce fruit. En effet, si le pays n’est pas encore un très grand producteur de ce fruit très prisé par les consommateurs, les producteurs ne cessent d’agrandir les superficies qui lui sont dédiées, à tel point que la culture bananière a connu ces dernières années un développement fulgurant, selon les spécialistes.

Aujourd’hui, les producteurs locaux sont parvenus à atteindre l’autosuffisance nationale bien que le Royaume en importe encore une certaine quantité, essentiellement des îles Canaries et des pays d’Amérique du sud comme l’Équateur, le Costa Rica et la Colombie. Le développement rapide de la culture bananière est plus prononcé dans le Gharb. Il faut noter, cependant, que les opérateurs ont dû relever de nombreux défis, parmi lesquelles l’indisponibilité de terres adaptées, l’obligation de la culture sous serre, la nécessité de la mise en place d’un circuit de ventes et enfin la concurrence des produits d’importation. S’il existe peu de chiffres récents sur la production nationale, il est clair que la culture de ce fruit a beaucoup progressé au fil des années, passant de 2.000 tonnes en 1979 à 335.542 tonnes en 2019, (+4,9%, comparé à 2018). L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estimait que la superficie réservée à la culture de ce fruit exotique était de 8.412 ha en 2018, avec un rendement à l’hectare de plus de 38 tonnes.

Avec sa saveur douce, la Dwarf Cavendish, variété star dans le village d’Aourir, situé dans le Souss-Massa, constitue la variété dominante au Maroc. En 2020, la culture de la banane a été durement impactée, tant au niveau national qu’international. Cependant, le marché mondial demeure encore prometteur. En effet, le commerce mondial de la banane a connu une demande accrue ces dernières années, avec un volume d’exportation estimé à 21 millions de tonnes en 2019. Les principaux moteurs du commerce comprennent une croissance abondante de l’offre dans les principaux pays d’exportation que sont l’Équateur et les Philippines, et une augmentation significative des importations, notamment par la Chine et l’Union européenne. Les bananes figurent parmi les fruits les plus produits, commercialisés et consommés dans le monde, selon la FAO. Il en existe plus de 1.000 variétés dans le monde, qui fournissent des nutriments essentiels aux populations des pays producteurs comme importateurs.

La variété la plus commercialisée est la Cavendish, qui représente un peu moins de la moitié de la production mondiale, avec un volume annuel estimé à 50 millions de tonnes. Ces fruits sont particulièrement importants dans certains des pays les moins développés, à faibles revenus et à déficit vivrier, où elles peuvent contribuer, non seulement à la sécurité alimentaire des ménages en tant que culture vivrière, mais aussi à la génération de revenus en tant que culture
de rente.

Khadim Mbaye / Les Inspirations ÉCO

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