Maroc

Offshoring : où en est la convention collective ?

Dans la continuité de l’accord signé à Agadir, la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring et la Fédération nationale des centres d’appel et des métiers de l’offshoring poursuivent l’élaboration du projet de Convention collective du travail, propre au secteur.  Les deux parties s’activent en vue de mettre en œuvre cet accord, sachant que la déclaration d’Agadir avait fixé à trois mois la déclinaison du contenu de ses dix annexes.

Moins de cinq mois après la signature de la déclaration d’Agadir relative à la convention collective du travail pour l’offshoring au Maroc (CCTOM), entre d’une part, la Fédération marocaine des technologies de l’information et de l’Offshoring (APEBI) et de l’autre, la Fédération nationale des centres d’appel et des métiers de l’Offshoring (FNCAMO), syndicat affilié à l’UMT, où en est cette convention collective ? Dans la continuité de l’accord signé à Agadir, en marge du Salon international des centres de contacts et d’appels au Maroc (SICCAM), les deux entités poursuivent l’élaboration du projet de convention en abordant les annexes détaillées complémentaires. «Les rounds de négociations se poursuivent en vue de faire aboutir cette convention collective.


Nous avons abordé la première annexe afférente à la classification des emplois et à la grille salariale, avec les coefficients de rémunération y afférents pour arriver à sceller cet accord», explique Ayoub Saoud, secrétaire général de la FNCAMO. Bien qu’aucune date limite n’ait été avancée par rapport à l’achèvement des rounds de négociations, les deux parties s’activent actuellement pour réussir cet accord, entamé depuis le 20 décembre 2020, autour de la mise en œuvre de cette convention. L’objectif est, notamment, de mettre fin aux conflits sociaux qui touchent continuellement le secteur et d’assurer la paix sociale. Pour rappel, la convention d’Agadir avait fixé à trois mois la déclinaison du contenu des dix annexes afin d’établir un cadre légal plus avantageux que la législation du travail en vigueur et de faire de l’offshoring un secteur socialement responsable.

Convention collective : 21 articles et 7 annexes
Il va sans dire que la déclaration d’Agadir a marqué, pour la première fois, l’aboutissement de près d’une année de discussions et d’échanges entre l’APEBI et la FNCAMO afin de tracer le cadre général de la mise en œuvre de cette convention collective. Les deux parties signataires se sont entendues sur la définition de son architecture, articulée autour de 21 articles et sept annexes. Outre la classification des emplois et les grilles des salaires dans le secteur, les annexes portent également sur le télétravail ainsi que la question de la vie privée et des données personnelles. Sont abordées aussi les problématiques d’hygiène, de santé et de sécurité au travail en plus de la question des congés et des jours fériés.

À cela, s’ajoutent les aspects sociaux (avantages, protection et œuvres sociales), les relations professionnelles et la gestion prévisionnelle des emplois et compétences. Quant à la dixième et dernière annexe, elle concerne la représentation syndicale et la négociation collective. À noter que cette convention a reçu l’appui du ministère du Travail et de l’insertion professionnelle, à travers la présence de Samira Admi, directrice du Travail, qui a exprimé son appui à cette déclaration et aux opérateurs concernés. Du côté de l’APEBI, la convention collective de l’Offshoring permettra au secteur de monter en gamme à travers la prise en considération des conditions de travail du capital humain, tout en accompagnant l’évolution et les mutations des différents métiers du secteur. Pour rappel, la Fédération marocaine de l’externalisation des services (FMES), qui représente plus de 80% des emplois du secteur de l’Offshoring au Maroc, n’est pas signataire de ladite déclaration, ni de la convention collective.

Le chiffre d’affaires à l’export
Il y a lieu de préciser le secteur de l’Offshoring est constitué de cinq écosystèmes industriels, à savoir le CRM (Gestion de la relation client), l’ITO (Externalisation des métiers liés aux technologies de l’information), le BPO (Externalisation des processus de gestion), l’ESO (Externalisation des activités d’ingénierie et de R&D) et le KPO (Externalisation et analyse des données sectorielles). Les cinq secteurs ont généré, selon les chiffres de l’Office des Changes, plus de 13,5 MMDH de chiffre d’affaires à l’export en 2020 contre plus de 14,1 MMDH en 2019. En se référant à l’évolution du secteur, durant les deux dernières années, les recettes générées en 2020 s’élèvent, respectivement, à 7,9 MMDH pour le CRM, (8,2 MMDH en 2019) et 3,6 MMDH pour l’ITO (3,7 MMDH en 2019). Ils sont suivis par l’écosystème du BPO (plus d’1,59 MMDH en 2020 et 1,52 MMDH en 2019), l’ESO (313 MDH en 2020 et 635 MDH en 2019) et le KPO (5 MDH en 2020 et 4 MDH en 2019). À noter que la FMES indique qu’elle représente les autres écosystèmes industriels de l’Offshoring, exception faite de l’ITO.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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