Maroc

Discours royal. Le décryptage

Un calendrier des réformes prioritaires et un suivi personnel du roi des chantiers listés. En plus de la responsabilité solidaire des partis politiques, le roi a tracé un deadline pour la charte de la déconcentration


La commémoration du 19ème anniversaire de la fête du trône a permis au gouvernement de fixer ses priorités d’ici la fin de cette année 2018. En effet le discours royal prononcé à cette occasion trace une série d’actions urgentes qui doivent être menées en vue d’améliorer le niveau de vie des citoyens. Une responsabilité solidaire incombe aux membres de la majorité gouvernementale mais aussi à l’opposition en vue de s’inscrire dans la dynamique nouvellement enclenchée par le souverain qui va assurer un suivi personnel des projets en cours. La réunion tenue juste après le discours atteste que le roi veut des résultats tangibles, dans un délai raisonnable à propos de plusieurs sujets soulevés par le chef de l’Etat.

Un appel insistant a été émis pour la majorité gouvernementale se montre plus soudée pour ne pas entraver les programmes en cours. « Les affaires des citoyens ne doivent souffrir d’aucun report, ni aucune attente, dans la mesure où elles ne se rattachent pas à une période spécifique. D’ailleurs, les formations politiques responsables sont celles qui se tiennent aux côtés des citoyens, dans les bons comme dans les mauvais jours »,a noté le roi à ce propos.

Les actions prioritaires
C’est le pôle social qui focalise l’attention. Depuis la conception du registre social unique ( RSU) qui mettra un terme à la problématique du ciblage, la politique sociale semble buter sur une série d’entraves qui affaiblissent l’impact attendu. « L’ampleur du déficit social et les modalités de réalisation de la justice sociale et territoriale sont parmi les principales raisons qui Nous ont incité à appeler, dans le Discours d’ouverture du Parlement, au renouvellement du modèle de développement national », a insisté le roi.

Pour apporter les correctifs qui s’imposent, c’est la démarche participative qui a été privilégiée par le souverain à travers un appel qui a été lancé envers  le gouvernement et tous les acteurs concernés à entreprendre une restructuration globale et profonde des programmes et des politiques nationales d’appui et de protection sociale et à soumettre des propositions portant sur leurs modalités d’évaluation. Une batterie de mesures a été étalée dans le discours royal. Il s’agit essentiellement de la vitesse requise par le gouvernement à amorcer, dans les plus brefs délais, l’élaboration de telles mesures et à tenir périodiquement  le roi informé de leur état d’avancement.Pour garantir un impact direct et tangible, le souverain met en avant la nécessité de se concentrer sur les mesures d’urgence à mettre en œuvre dans les domaines prioritaires.

D’abord, et dés la prochaine rentrée il va falloir donner une impulsion vigoureuse aux programmes d’appui à la scolarisation et de lutte contre la déperdition scolaire, notamment au Programme « Tayssir » d’aide financière à la scolarisation, à l’enseignement préscolaire, au transport scolaire, aux cantines scolaires, aux internats.

L’autre chantier crucial est le lancement de la  troisième phase de l’Initiative nationale pour le Développement humain, avec une nouvelle génération d’initiatives génératrices de revenus et d’emplois qui cibleront pratiquement les même catégories bénéficiant des programmes d’aide à la scolarité , dans l’objectif d’alléger leurs charges.

Enfin, le puzzle social sera complété par un 3ème niveau d’action et qui se situe dans le redressement des«  anomalies qui entachent l’exécution du Programme de couverture médicale «RAMED», et, parallèlement, refondre en profondeur le système national de santé, qui se caractérise par des inégalités criantes et une faible gestion » a fait remarqué le roi. Les partenaires sociaux ont été quant eux appelé à assumer leur responsabilité pour améliorer le climat social et procéder à l’élaboration d’un pacte équilibré et durable, à même de rehausser la compétitivité de l’entreprise et de renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs.

L’urgence d’adopter la Charte de déconcentration administrative

Le projet qui traine depuis des années devra être remis au parlement avant la fin du mois d’octobre prochain. « Cet instrument donnera les moyens aux responsables locaux de prendre leurs décisions et d’exécuter les programmes de développement économique et social, en accord et en cohérence avec les visées de la régionalisation avancée », a précisé le roi. La charte de l’investissement est le second texte à approuver dans l’optique d’accorder au CRI les prérogatives nécessaires pour remplir leur mission correctement Une série de textes est également attendue pour la réforme de l’administration, notamment les délais de réponses, des documents demandés ou encore en matière des délais de réponse. L’ensemble de ces mesures seront « un levier de réforme del’Administration : elles permettront en effet de rendre pleinement opérationnelle principe de reddition des comptes, d’identifier les dysfonctionnements qui empêchent le bon aboutissement de cette réforme », a rappelé le souverain.  

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