Maroc

Cryptomonnaies : le programme de recherche de l’UM6P avance bien

Selon Rachid Guerraoui, professeur à l’Université polytechnique fédérale de Lausanne, qui pilote l’opération, le groupe d’étudiants de l’École du numérique de l’UM6P, est parvenu à la phase de prototypage. Leur projet de cryptomonnaie ouvre d’intéressantes perspectives, avec une technologie basée sur des algorithmes très peu énergivores.

Du nouveau à l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P) de Benguerir! Alors que le Maroc interdit formellement la circulation et l’usage, de près ou de loin, des cryptomonnaies comme le bitcoin, l’UM6P, qui est une institution scientifique moderne orientée vers la recherche appliquée et l’innovation, s’est intéressée à la question. En effet, «en tant que scientifique spécialisé en informatique, je pense que l’important n’est pas, pour le moment, de savoir si l’État autorise ou non la circulation et l’usage des cryptomonnaies au Maroc. Par contre, à l’instar de la communauté scientifique mondiale, le Maroc doit aussi s’intéresser aux technologies sur lesquelles se fondent les cryptomonnaies parce qu’elles constituent un intéressant sujet de recherche dans le numérique. C’est pourquoi j’ai répondu à l’appel de mes étudiants pour engager un programme de recherche avec eux sur le sujet», explique Rachid Guerraoui, professeur à l’Université polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) et à l’UM6P.

Un programme moins énergivore que le bitcoin
En quoi consiste ce programme de recherche, lancé avec les étudiants, et qu’est-ce qu’il apporte de nouveau ? «D’abord, il fallait que les étudiants comprennent ce qu’est un algorithme. Ensuite, il fallait s’attaquer au talon d’Achille des bitcoins que pratiquement tout le monde connaît, à savoir leur énorme consommation d’énergie. Partant, le programme de recherche que nous menons, avec les étudiants de l’École numérique de l’UM6P, consiste à mettre en œuvre des cryptomonnaies comme le bitcoin, mais sans consommer autant d’énergie que ce dernier, en faisant cela de manière beaucoup plus décentralisée, c’est à dire sans avoir ce qu’on appelle un «proof of work», explique Guerraoui.

Un proof of work, ou système informatique de validation par preuve de travail, est une mesure économique et sécuritaire permettant de dissuader, sur un réseau informatique, des attaques par déni de service et autres. Selon le professeur, le groupe qu’il encadre a évité cette étape, du coup son projet est déjà assez bien avancé, puisque les algorithmes sont déjà opérationnels. Ils ont été, notamment, conçus à l’EPFL à Lausanne et quelques premiers prototypes sont même déjà réalisés à Benguerir. Bien entendu, ces résultats seront, par la suite, validés à travers des phases de tests dont le dimensionnement de l’échantillon et la date de lancement n’ont pas encore été définis. En attendant, signalons que la finalité de ce programme de recherche sur les technologies des cryptomonnaies est en fait triple. D’abord, ce programme vise à développer des algorithmes qui sont beaucoup plus efficaces que les algorithmes actuels des bitcoins, c’est-à-dire qui sont de loin plus performants en termes de consommation d’énergie et de respect de l’efficacité énergétique. Ensuite, ce programme permet aux Marocains de maîtriser une technologie moderne qui fait fureur dans d’autres pays. À ce propos, le professeur Guerraoui souligne que : «si ce sont des jeunes Marocains qui développent ce programme de recherche, cela veut dire qu’ils maîtrisent la technologie des algorithmes qui sont à la base des cryptomonnaies et qu’ils n’auront pas besoin d’aller l’acheter ailleurs»

Un investissement très prometteur
Last but not least, s’il est officiellement validé, ce programme peut se révéler un important investissement qui pourrait probablement rapporter gros au Maroc, dans un avenir proche. En effet, rappelons-le, lorsque Nakamoto lançait le bitcoin, une unité de cette monnaie ne valait que 1 centime américain. Aujourd’hui, un bitcoin vaut 66.000 dollars, ce qui est un niveau de taux de change virtuel sans commune mesure avec ceux que nous connaissons dans la vie réelle. Parce que dans la vie réelle, ce qui crée la monnaie, c’est le crédit. Selon les adeptes du bitcoin, le système financier, basé sur cette maxime, a montré ses limites lors de la crise financière de 2008. En réaction, ils ont mis en place la cryptomonnaie bitcoin, qui crée de la monnaie à travers un algorithme. Et comme un algorithme, c’est du travail, leur message est on ne peut plus clair : c’est le travail qui crée la monnaie. Dès lors, il y a tout une morale derrière le bitcoin !

Qu’est-ce qui distingue une cryptomonnaie d’une monnaie virtuelle ?

Une cryptomonnaie, dite aussi cryptoactif, cryptodevise, monnaie cryptographique ou encore cybermonnaie, est une monnaie numérique émise de pair à pair, sans nécessité de banque centrale, utilisable au moyen d’un réseau informatique décentralisé. Autrement dit, c’est une monnaie numérique en usage sur Internet, indépendante des réseaux bancaires et liée à un système de cryptage. Une monnaie virtuelle est une monnaie digitale qui est utilisée pour effectuer des paiements, sans intervention des banques ou des États. Selon Rachid Guerraoui, professeur à l’Université polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse, «une cryptomonnaie n’a en réalité ni de monnaie ni de banque ; tandis qu’une monnaie virtuelle n’a pas de monnaie, mais a bel et bien une banque» !

Aziz Diouf / Les Inspirations ÉCO

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