Éco-Business

Offshoring : l’impact de la crise se fait durement sentir

Une décélération du chiffre d’affaires a été enregistrée à fin juin 2020. Le télétravail devient une norme, et les entreprises doivent revoir leur modèle collaboratif.

Dans le secteur de l’offshoring qui a réalisé, au cours des dix dernières années, une croissance annuelle moyenne de 11% et employé plus de 120.000 salariés, l’impact de la crise sanitaire est considérable. Les données communiquées par le gouvernement au Parlement, à l’occasion du débat autour du PLF 2021, montrent que le secteur connaît depuis sept mois une crise sans précédent, avec une décélération du chiffre d’affaires pour l’ensemble des segments allant de 10% à 20%. L’Exécutif explique cette baisse par «la dépendance du secteur, pour 90% des acteurs, à des donneurs d’ordre européens qui étaient en situation de confinement, soit près de 64 compagnies européennes du secteur». Plusieurs segments ont pour leur part connu une suspension de leurs activités, voire un arrêt définitif, ce qui a aggravé le recul enregistré depuis mars dernier. L’enjeu crucial demeure la sauvegarde de l’emploi au sein du secteur. Sur ce registre, les indicateurs présentés aux députés montrent une anticipation du ralentissement des recrutements «et le non-remplacement des départs, très nombreux dans le secteur», précise le diagnostic réalisé par l’Exécutif.


Les perspectives
La crise sanitaire a pu ouvrir de nouvelles opportunités pour le secteur. C’est ce qui ressort des mesures arrêtées en vue de redresser la barre et d’améliorer le chiffre d’affaires annuel. Il s’agit essentiellement de la tendance actuelle des entreprises qui ont procédé «à la réinvention de leurs modèles collaboratifs, comme en témoigne la multiplication du trafic data par 2,6 au 11 mai 2020». Fait intéressant, l’émergence du télétravail comme alternative pendant la crise sanitaire «s’est transformée en norme définitive pour de nombreuses entreprises du secteur après le déconfinement», indique le rapport soumis aux députés. Plusieurs mesures sont envisagées, notamment l’onshoring et le nearshoring pour s’ouvrir à de nouvelles perspectives du marché. La pandémie a aussi révélé d’autres opportunités de croissance. C’est le cas de la cyber-sécurité et du renforcement des réseaux : leur montée en compétence doit être assurée afin de pouvoir pleinement en bénéficier. Le principal fait marquant est sans conteste la remise en cause du modèle d’externalisation européen, qui reste fortement concentré sur le marché asiatique ; ce qui a révélé la nécessité de la mise en œuvre du «nearshoring dont le Maroc pourrait tirer bénéfice», précise le diagnostic du gouvernement. Dans ce registre stratégique pour le secteur, il s’agit pour les opérateurs présents sur le territoire national de faire montre des capacités du Maroc en tant que zone dédiée à l’offshoring, outre celles industrielles. Cela pourrait être la principale orientation accompagnant la volonté de l’Europe de relocaliser une grande partie de son tissu industriel, et celui des services, vers sa zone géographique d’influence. En effet, le Maroc recense actuellement 17 zones industrielles ayant une connectivité très développée, une opportunité à saisir dans le contexte de crise actuel. À noter que ces perspectives optimistes sont soutenues par la livraison de la zone franche de Sous-Massa «qui s’ajoutera à la capacité existante de plus de 80.000 m2 de bureaux sur les sites de Casablanca, Rabat, Fès et Oujda». Sur les 45 projets d’investissements validés par la commission nationale, près de 32% portent sur le secteur des télécommunications. Cela apporte des garanties supplémentaires à la relance de ce secteur par rapport à d’autres qui dépendent des partenaires historiques du Maroc.

Plus de 14 MMDH de recettes à l’export

Le poids du secteur oblige le gouvernement à finaliser un plan de relance qui cible essentiellement la sauvegarde de l’emploi et l’amélioration de la compétitivité du secteur. Courant 2019, 60% des recettes ont été générées par les centres d’appels. Le retour à la normale reste fortement envisageable dans la mesure où les mesures préconisées par le PLF 2021 devraient être assorties d’actions de la part des opérateurs. L’objectif est d’améliorer les indicateurs qui se sont particulièrement dégradés cette année, notamment les segments de l’information outsourcing et du business process qui ont baissé de plus de 30%.

Younes Bennajah / Les Inspirations Éco


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