Éco-Business

Industrie pharmaceutique. Timide percée des génériques au Maroc

Les médicaments génériques peinent à percer le marché pharmaceutique privé. De nouveaux chiffres donnent l’espoir d’inverser cette tendance.


La part de marché des génériques au Maroc devrait atteindre, pour la première fois, 40% du circuit privé (pharmacie et structures de soins privés). Ce taux stagne depuis une décennie autour des 30%. La part de marché des génériques est passée de 24,6% en 2006 à 29% en 2010. Selon de nouvelles données de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP), obtenues par Les Inspirations ÉCO, la part de marché à fin juillet était de 37,7% en unités et 39,4% en valeur. Les princeps continuent de dominer le marché marocain avec 60,6% des ventes durant cette année. Le ministère de la Santé a voulu à plusieurs reprises renverser cette équation avec 60% de génériques et 40% de princeps, sans pouvoir y arriver. La politique de baisse de prix décidée entre 2012 et 2017 a permis de booster les ventes des génériques. Le marché des génériques permet au secteur de pharmaceutique de renouer avec la croissance. Les génériques réalisent une évolution de 6% en unités et 9,5% en valeur, à fin juillet. À la même période, le marché princeps a connu une évolution de 3% en valeur. Globalement, le marché a réalisé une croissance en unités de 2,1% et en valeur de 5,5%. Le chiffre d’affaires du secteur est de 5,2 milliards de DH à fin juillet. «Cette croissance est timide. Nous voyons bien que l’accès aux médicaments n’a pas été amélioré après la baisse des prix puisque les volumes n’ont pas augmenté. La croissance est plus tirée par les prix élevés des nouvelles molécules introduites au Maroc», commente l’AMIP.

La promotion des génériques, un vœu pieux
La Politique pharmaceutique nationale a pourtant fait de  la promotion du générique  son cheval de bataille. Si dans le secteur public, les parts de marché des génériques progressent pour atteindre 70% des achats publics, dans le circuit privé, ces derniers peinent à s’imposer. «En ce qui concerne le marché public, la procédure d’acquisition des médicaments se fait par appels d’offres. De ce fait, ce sont les médicaments les moins chers qui sont retenus. […]. En ce qui concerne le marché privé, la situation est différente, malgré le fait que les médicaments génériques sont moins chers que les médicaments princeps, il existe des classes thérapeutiques où c’est ce médicament qui est le plus vendu. Ceci s’explique notamment par le fait qu’il n’existe pas de réelle compétition en matière de vente de médicaments», reconnait le ministère dans ce document officiel. Pour ces raisons, le ministère de la Santé est convaincu que «l’accès aux médicaments génériques ne peut être laissé aux seules forces du marché». Vu que les spécialités génériques ont des marges plus faibles que celles des spécialités princeps, elles ne peuvent pas supporter des coûts de promotion importants, le princeps continue d’avoir les faveurs des professionnels de santé. Lors de l’élaboration de la Politique pharmaceutique nationale en 2015, le ministère de la Santé avait promis une politique du médicament générique basée sur les composants suivants : des mesures légales et réglementaires nécessaires ; un système d’assurance qualité ; des mesures financières incitatives  et une campagne d’information des personnels de santé et des consommateurs. La   promotion des génériques par les pharmaciens était aussi prévue. Depuis, ces mesures en sont restées au stade de vœux pieux…  

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