Maroc

Vaccin anti-Covid-19 : la démarche du Maroc plébiscitée

Comme l’on a pu le constater au début de la crise sanitaire, le Maroc fait preuve de volontarisme tous azimuts dans la lutte contre la Covid-19. Aujourd’hui, le royaume se démarque encore avec l’annonce du lancement imminent d’une campagne de vaccination nationale contre la Covid-19. Que pensent les experts du type de vaccin choisi par le Maroc ?

Premier pays au monde à lancer une campagne de vaccination nationale dans sa lutte contre la Covid-19, le Maroc se démarque. Les autorités ont, pour ce faire, opté pour un vaccin chinois. Dans un premier temps, près de 10 millions de doses vont être injectées «en priorité au personnel de la Santé, de la sûreté nationale et des autorités locales. Parce qu’ils sont en première ligne dans la lutte contre la propagation du virus», explique Azeddine Ibrahimi, directeur du laboratoire de biotechnologie de la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat.


Dans le cadre de la lutte contre l’agent biologique Covid-19, les laboratoires pharmaceutiques chinois ont pris beaucoup d’avance.

Pour le professeur Axel Kahn, scientifique, médecin et généticien français de renommée internationale qui intervenait hier sur le plateau de RMC, «les vaccins chinois Sinopharm et Sinovac sont beaucoup plus avancés en termes d’essais et de preuves d’efficacité que tous les autres vaccins actuellement en préparation sur le marché».

Une excellente nouvelle pour le Maroc ! L’un des principaux enjeux pour le royaume est que ses frontières vont pouvoir s’ouvrir rapidement. Il ne faut pas oublier que le Maroc est un hub, tant par sa position géographique que par son engagement dans la lutte mondiale contre la pandémie.

Le royaume est pleinement connecté à l’Europe et à l’Afrique subsaharienne, et fait preuve de volontarisme tous azimuts depuis le début de la crise. Dès l’autorisation d’exportation des masques de protection, le 21 mai dernier, le Maroc a exporté des millions d’unités vers plus de 11 pays répartis sur les quatre continents. Cette période correspond à un moment où les pays fermaient leurs frontières pour se confiner.

Pour Joël Ruet, économiste au CNRS et président du collectif The Bridge Tank, «il y a nécessité d’une coordination mondiale. Celle-ci commence par l’adhésion des pays. De la même manière qu’il y a une contamination du virus, il faut qu’il y ait une expansion du nombre de pays qui font bloc face à ce virus. Pour ce faire, il est important de commencer par les pays au sein desquels il peut avoir une adhésion nationale la plus importante». Et en la matière, le Maroc est un modèle.

«La trajectoire historique du Maroc explique sa capacité à réagir vite», affirme l’économiste.

Le vaccin contre la Covid-19 ne doit pas être un bien commercial, mais un bien public mondial, accessible le plus rapidement au plus grand nombre, en commençant par les pays les plus volontaires, est-il recommandé. Maintenant, il est clair que plusieurs pays sont en course et se bousculent pour trouver les premiers le vaccin qui fonctionne. Mais, il y a aussi une prise de conscience parmi les gouvernements, qu’il faut une forme d’action internationale. C’est dans ce cadre qu’intervient l’initiative COVAX, à laquelle les chinois, les Américains et les Européens ont adhéré. L’Afrique est partie prenante dans ce projet de mutualisation des fonds pour diffuser le plus possible le vaccin contre la Covid-19.

«COVAX est une initiative mondiale novatrice qui inclura les pays africains et garantira qu’ils ne seront pas laissés en queue de peloton pour les vaccins contre la Covid-19», expliquait la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dre Matshidiso Moeti, en septembre dernier.

Selon le Bureau régional de l’OMS en Afrique, les 54 pays du continent ont tous exprimé leur intérêt pour l’initiative mondiale, qui est codirigée par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), l’Alliance pour les vaccins (Gavi) et l’OMS. L’enjeu pour l’OMS est de garantir l’accès à tous les pays, et protéger ainsi les personnes les plus vulnérables à la maladie.

Modeste Kouame / Les Inspirations Éco






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