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Trois milliards d’investissements pour l’ANP

L’Agence nationale des ports (ANP) accélère ses investissements pour accompagner la stratégie portuaire nationale. Zoom sur les projets programmés en 2019.


Dans la foulée de l’annonce de son emprunt obligataire d’un milliard de DH, l’Agence nationale des ports (ANP) donne les détails de son programme d’investissements pour les trois prochaines années (2019-2021). «Ce plan pluriannuel d’investissement porte sur une enveloppe globale de 3.157,5 MDH», indique l’ANP dans sa communication financière.

Ce budget s’aligne sur la vision stratégique de l’entreprise publique. «L’établissement du programme d’investissement de l’ANP s’inscrit dans le cadre du processus de planification stratégique qui se base sur l’évaluation de la demande, les attentes des partenaires de l’ANP, les préconisations de la Stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030 et les visions de l’ANP pour chacun de ses domaines d’intervention», ajoute l’agence. Précisions que cette vision stratégique se décline en trois orientations fondamentales : mettre à la disposition de notre économie des ports performants, sécurisés et aux standards internationaux ; faire des ports un outil de développement intégré dans leur environnement local, régional et international; et disposer d’une communauté professionnelle et d’un personnel compétent. Les investissements projetés pour cette période tentent de répondre à ces objectifs.

Le paquet sur le port de Casablanca
L’axe «développement des infrastructures » s’accapare l’essentiel des investissements, il représente 69,3% de son enveloppe globale. Ensuite, une enveloppe de 311,3 MDH soit 9,7% de l’enveloppe globale, a été réservée pour satisfaire les besoins de la mission «Police, sûreté, sécurité et environnement». L’ANP financera ce plan d’investissement via ses ressources propres ainsi qu’à travers des emprunts comme celui annoncé le 22 mai dernier. La participation financière de l’État à ce programme d’investissement demeure limitée. «Les participations financières de l’État quant à elles, représentent 3,6%, soit l’équivalent de 115 MDH dont une grande part concerne la participation dans le capital de la société «Nador West Med» pour une enveloppe de 100 MDH sur la période considérée», détaille l’ANP.

La faiblesse des financements de l’État s’explique par l’absence d’un contrat-programme (voir encadré). Pour l’année en cours, l’ANP met surtout le paquet sur la mise à niveau du Port de Casablanca. Ainsi 50% des projets annoncés pour 2019 concernent l’enceinte portuaire de la ville blanche. Parmi ces projets, l’ANP a annoncé l’extension de la desserte nord du port au niveau des voiries et réseaux de distribution et l’aménagement des terre-pleins adossés à la voie de ce port, la construction de nouveaux bâtiments communautaires, fourniture, installation et mise en service de deux passerelles télescopiques pour le nouveau terminal des croisières au port, construction d’une gare maritime et d’une passerelle fixe au sein du même port. Dans les autres ports du royaume gérés par l’ANP, l’agence projette de continuer les travaux au sein du port de Nador. Parmi les autres projets phares, la réalisation de pipelines d’hydrocarbures liquides et de leurs installations annexes au port de Jorf Lasfar. En 2020, l’ANP prévoit la construction d’un nouveau siège avec un budget prévisionnel de 120 MDH. Ces investissements demeurent tributaires des réalisations financières de l’ANP. «Ces prévisions sont fondées sur des hypothèses dont la réalisation présente par nature un caractère incertain», rappelle l’ANP.

Ces projections se basent sur des objectifs en termes de chiffre d’affaires (voir tableau). Les réalisations de 2018 permettent à l’ANP d’aborder ce nouveau programme d’investissement avec un certain optimisme. Les ports marocains ont traité au cours de l’année 2018 un trafic global de 138 millions de tonnes contre 135 millions de tonnes en 2017, soit une légère hausse de 2,2%. «Cette hausse est attribuable essentiellement à l’accroissement du volume des importations et des exportations de respectivement 3,4% et 2,6%», précise l’ANP. Et d’ajouter : «La répartition de ce trafic reste marquée par une prédominance des importations qui ont représenté 44,2% du trafic global, suivies par 28,3% pour les exportations et 27,5% pour le transbordement. Pour l’activité du transbordement, le port de Tanger Med a confirmé sa position de plateforme logistique incontournable en enregistrant 38 millions de tonnes en 2018.


En attendant le contrat-programme
L’ANP fait partie d’une liste d’entreprises publiques comme Royal Air Maroc et l’Offi ce national des chemins de fer, qui attendent la signature ou le renouvellement de leurs contrats-programmes avec l’État. «Un projet de contrat-programme État-ANP est en cours de préparation et vise notamment le développement et la préservation du patrimoine portuaire, la régulation des activités et des opérateurs portuaires, l’ouverture des ports sur leur environnement et la création d’une dynamique de croissance économique. Ce projet est en cours de fi nalisation et de négociation entre l’État et l’ANP», annonce l’agence. Seule relation contractuelle entre les deux parties, une convention d’investissement concernant le programme Wessal Casa Port.

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