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Travailler 5 jours ou 5 heures par semaine ?

Travailler 5 jours ou 5 heures par semaine ?

La réduction du temps de travail est un thème qui revient de façon récurrente dans le débat économique. À l’heure où l’entrepreneuriat connaît un véritable essor, la question de «travailler moins» pourrait être supplantée par celle de «travailler mieux».

Récemment, toute la presse internationale s’est fait l’écho de la décision de Madame Sanna Marin, nouvelle Première Ministre finlandaise, de décréter la semaine légale de 4 jours de travail pour son pays. Face à l’emballement médiatique, le gouvernement finlandais n’a pas tardé à démentir officiellement cette information qui provenait en fait d’une proposition ancienne faite par madame Marin, à l’époque où cette dernière était ministre des Transports. Qu’importe. Cette réaction en chaîne traduit l’intérêt récurrent porté au sujet du temps de travail.
En août 2019, c’est Microsoft au Japon qui a mis en exergue les avantages d’une semaine de travail plus courte lorsqu’il a lancé le «Work-Life Choice Challenge Summer 2019». Concrètement, la semaine de 4 jours a été adoptée en test dans l’entreprise. Résultat: les employés étaient plus heureux, mais ils étaient aussi 40% plus productifs.

«Travaillez moins longtemps, reposez-vous bien et apprenez beaucoup», avait déclaré Takuya Hirano, président et directeur général de Microsoft. «Je veux que les employés réfléchissent et découvrent comment ils peuvent obtenir les mêmes résultats avec 20% de temps de travail en moins». Non seulement ils ont dépassé cet objectif, mais l’environnement en a également bénéficié : la consommation d’électricité a diminué de 23% et l’impression a également diminué de 59%. Sans surprise, 92% du personnel a reconnu que l’expérience avait été un succès.

L’entreprise nippone a peut-être été inspirée par les recherches publiées par la Harvard Business Review, qui expliquent comment la journée de travail traditionnelle de huit heures n’a plus aucun sens. Selon Adam Grant, psychologue organisationnel et auteur à succès du New York Times de l’ouvrage Originals: How Non-Conformists Move the World» : «plus les emplois sont complexes et créatifs, moins il est logique de prêter attention aux heures de travail».

Au Maroc, il y a fort à parier que, dans les années à venir, l’entrepreneuriat prendra un essor encore plus important. Le royaume poursuit notamment une politique volontariste visant à encourager l’entrepreneuriat des jeunes, avec le plan d’aide récent de création de petites entreprises accompagné de crédits à bas taux via un fonds spécial doté de 8 MMDH. Cette émergence d’une nouvelle classe d’entrepreneurs rendra sans doute caduque la notion de temps de travail officiel. Elle sera remplacée par un temps de travail à la carte, plus flexible et plus efficace. Cette notion de temps de travail en «snacking» est déjà étroitement liée à l’émergence du smartphone et à la digitalisation des métiers qui permettent de travailler n’importe où. Selon l’étude IWG publiée en 2019, 50% des entrepreneurs dans le monde travaillent déjà la moitié de la semaine en dehors de leur bureau.

Gagner la bataille de l’attention
L’ouvrage La Semaine de 4 heures de Tim Feriss parlait déjà, lui aussi, d’une gestion du temps plus productive en émettant la possibilité d’externaliser les tâches non essentielles, de se focaliser à 100% sur une tâche en évitant les interruptions (par exemple se forcer à ne pas consulter tout le temps ses emails ou ses messages) et en automatisant des tâches à faible valeur ajoutée (avec des outils en ligne comme Zapier par exemple). Tout cela repose sur la loi de Pareto: 20% des actions que vous faites vous apporteront 80% de votre chiffre d’affaires.

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Lutter contre la procrastination et rester focalisé sur une tâche de manière continue, tel est le secret pour gagner du temps et être encore plus efficace. En somme, éviter les interruptions et rester concentré. Des techniques surprenantes peuvent même être utilisées. La Méthode «Pomodoro» avec les minuteurs de tomates en est l’illustration. La technique utilise une minuterie pour diviser le travail en intervalles, traditionnellement de 25 minutes, séparés par de courtes pauses de 5 minutes.

Ces intervalles sont appelés des pomodori, pluriel du mot italien pomodoro (tomate). Ce nom vient du minuteur de cuisine en forme de tomate. Cette méthode a été imaginée par des spécialistes de l’efficacité dans le travail. La concentration devient alors une compétition avec soi-même.
On le voit. Que l’on soit salarié(e) ou entrepreneur(se), le débat sur le temps de travail devient progressivement une notion dépassée avec la fin du présentéisme et du travail contraint dans un intervalle de temps fixe. Au fil des années, le travail deviendra une commodité que l’on consommera quand on veut et où on veut…

Tarek Abou-Zeinab
Directeur Regus Afrique francophone
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