Maroc

Transport touristique à Agadir : qu’est-ce qui cloche ?

A l’instar du mouvement de protestation annoncé pour jeudi prochain, l’Association professionnelle des transporteurs touristiques, au niveau de la Région Souss-Massa et le bureau régional de la Fédération national du transport touristique, ont appelé à une grève ouverte devant la wilaya.

Pas de répit pour les transporteurs touristiques, qui maintiennent leur position quant à la grève de jeudi, prévue à l’échelle national. Les membres de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT), affiliée à l’Union générale des entreprises et professions (UGEP), ont annoncé le 29 juillet dernier, une grève ouverte à partir du 13 août.  Des manifestations sont prévues dans plusieurs villes du royaume. Et la première station balnéaire du pays, en l’occurence Agadir, ne fait pas exception.


L’Association professionnelle des transporteurs touristiques au niveau de la Région Souss-Massa et le bureau régional de la Fédération national du transport touristique ont annoncé, pour leur part, l’organisation d’une grève ouverte devant la wilaya de la Région Souss-Massa et sur l’avenue Mohammed V. Cette grève intervient suite à la suspension d’un autre mouvement de protestation qui était programmé la semaine dernière. «L’ensemble des coordinations sont mobilisées pour réussir cette grève nationale, alors que notre voix n’a pas été entendue lors des négociations menées dans le cadre du contrat-programme 2020-2022 pour la relance touristique, compte tenu de la crise sans précédent à laquelle est confrontée le secteur de transport touristique», explique Hicham Mansour, secrétaire régional de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT).

La crise a mis en péril la survie des entreprises
«Bien que le contrat-programme ait ciblé la préservation des emplois à travers la mobilisation de l’indemnité forfaitaire de 2.000 DH aux établissements d’hébergement classés, aux voyagistes, aux transporteurs touristiques et aux guides, mais cette crise a mis également en péril la survie des entreprises du transport touristique qui restent négligées», ajoute Hicham Mansour. Depuis le déclenchement de la pandémie et en l’absence d’alternatives pour la conversion de l’activité vers d’autres secteurs, la majorité du parc automobile est actuellement immobilisé. Ajoutaons à cela qu’une grande partie des travailleurs dans le secteur du transport touristique ne sont actuellement pas déclarés à la CNSS. Pour rappel, parmi les mesures prises par le Comité de veille économique (CVE), figure la déclaration des salariés à la CNSS en février 2020 pour bénéficier de l’indemnité de la CNSS. De plus, les transporteurs touristiques s’interrogent s’ils sont obligés de payer la cotisation de la part patronale pour les emplois maintenus d’ici fin décembre 2020 en faveur des employés bénéficiant de l’indemnité forfaitaire de 2.000 DH. En résumé, les entreprises du transport touristique réclament une clarté par rapport à l’exonération des reports, paiement des intérêts et charges sociales pour la reprise de leurs activités pour la prochaine saison touristique.

Les agences de location de voitures négligées
D’autres filières ont été écartées du contrat-programme notamment les agences de locations de voitures, dont l’activité est actuellement à l’arrêt à hauteur de 90%, selon plusieurs professionnels. Le contrat-programme n’a pas prévu un appui à cette activité qui rencontre les mêmes problèmes que le transport touristique. Par ailleurs, au-delà des difficultés conjoncturelles générées, la crise sanitaire a permis, selon le contrat-programme, de mettre en lumière les défaillances structurelles du secteur touristique, en particulier la fragilité et la vulnérabilité de certains acteurs, le poids du secteur informel, le besoin de renforcer le pilotage et la gouvernance, d’améliorer la compétitivité et la nécessité de réinventer et pérenniser le tourisme interne. Au Maroc, l’impact estimé de cette crise, pour l’année 2020, est de -69% sur les arrivées touristiques, -60% sur les recettes en devises et environ 50% de perte d’emplois par rapport à l’année 2019. En l’absence d’un accompagnement spécifique du secteur, les impacts de cette crise continueront à se faire sentir au moins jusqu’à la fin de l’année 2023.

YASSIN SABER / Les inspirations ECO

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