Maroc

Transport routier : comment gérer les contraintes sanitaires ?

Un projet de plan de relance a été finalisé par le département du Transport et impose une série de mesures préventives en attendant de revenir au taux de remplissage normal après l’allègement de l’état sanitaire. Les trois syndicats représentatifs ont finalisé une note qui fixe la capacité d’accueil des véhicules à 100% à partir de ce mois de juillet.

La reprise du transport routier des voyageurs se fait sous haute surveillance durant cette période d’allègement de l’état d’urgence sanitaire. Les pourparlers entre le ministère de l’Équipement et les syndicats (l’Union des transporteurs routiers de personnes, le Syndicat national du transport des voyageurs et le Syndicat national du transport collectif) a permis jusqu’à présent de convenir de plusieurs points du cahier des charges avec néanmoins un désaccord toujours persistant autour d’autres questions. Pour le département de tutelle, l’ensemble des représentations des professionnels devront «respecter les mesures adoptées qui visent essentiellement à préserver la santé des citoyens et des employés des dangers de la propagation de cette épidémie et de s’engager dans une démarche responsable et citoyenne». Le ministère affirme également qu’il «poursuit sa démarche visant une concertation continue avec les professionnels sans exception, malgré que certains d’entre eux ne disposent pas de dossiers juridiques complets conformément aux lois en vigueur».


Dans une lettre commune adressée au ministère de tutelle, les trois syndicats indiquent que les transporteurs se conformeront à l’ensemble des mesures préventives pour gérer cette période transitoire dans l’objectif de revenir à l’état normal. Pour le secrétaire général de l’Union du transport routier des personnes, Jilali Rahmani, «le respect de la capacité d’accueil des véhicules doit se faire en étapes clairement définies avec un taux qui devra atteindre 75% puis 100% avec un engagement de la part des professionnels de respecter pleinement le cahier des charges». Le même responsable ajoute que l’État pourra dans ces conditions mener ses missions de contrôle avec des mesures «d’accompagnement des entreprises pour le volet de la logistique requise en matière d’équipement en masques et en désinfectant à bord des véhicules». Il faut dire que les syndicats des transporteurs veulent surtout que le projet de plan de relance soit en adéquation avec les moyens matériels et humains dont disposent les professionnels avec une prise en compte de l’impact de la baisse du taux de remplissage. Les professionnels veulent aussi qu’un seul interlocuteur soit désigné au niveau de chaque gare routière et éviter que le cahier des charges portant sur les gares routières ne se transforme en de nouvelles exigences qui incombent aux professionnels.

Une hausse conditionnée
Les dispositifs relatifs aux taux de remplissage des véhicules, en particulier, connaîtront une hausse après l’amélioration de la situation épidémiologique du Covid-19 au Maroc. C’est le principal engagement du gouvernement qui n’a pas précisé de date pour un retour normal du trafic routier des voyageurs dans toutes ses catégories. L’État devra également garder un œil vigilant durant cette période sur l’effectivité de la mise en place du protocole de contrôle quotidien des employés et leur disposition à utiliser les outils de protection individuelle, l’installation des barrières transparentes de protection, l’aération des véhicules en plus de la protection des passagers à travers les opérations de nettoyage et de désinfection fréquentes des véhicules. Jusqu’à présent, le respect des mesures à l’isolement des passagers qui présentent des symptômes et l’instauration d’une liste contenant les informations des voyageurs semblent être parmi les mesures les plus problématiques. Une grande part de responsabilité incombe de son côté aux gares routières avec la mise en place d’un protocole spécial englobant le nombre maximum de personnes qui peuvent accéder à ces infrastructures, la détermination des passages au sein des gares, le contrôle quotidien des employés qui accèdent aux infrastructures de transport et les produits de désinfection et de nettoyage à fournir. À souligner enfin que les difficultés rencontrées actuellement par le dialogue sectoriel portant cette branche névralgique du transport routier proviennent essentiellement
de la multitude des sections syndicales qui participent au dialogue et empêchent de donner naissance à une position
commune des représentants des professionnels.


Contrat-programme : la nouvelle version ne fait pas l’unanimité

L’examen des dossiers qui sont à l’origine de tensions entre les partenaires sociaux se fera après l’activation des mesures contenues dans le projet de plan de relance sectoriel. Tous les segments du transport routier, notamment touristique et du personnel, sont concernés par le bilan conjoint qui est en cours d’élaboration entre l’État et les syndicats dans l’optique d’aboutir à une version du contrat-programme qui puisse convaincre les 52 représentations actives au niveau national. À l’ordre du jour des réunions qui seront tenues avant la fin de l’année 2020, il y a la reprise de la formation des chauffeurs et la couverture sociale de cette catégorie. Les deux parties se sont aussi accordées à préparer conjointement de nouveaux modèles de contrats avec les centres de formation qui seront aussi approuvés par le département des Finances. Les nouvelles clauses devront accélérer le processus de la formation exigée, ce qui va permettre de boucler ce dossier qui a figuré en tête de liste des revendications syndicales.

Younes Bennajah
Les Inspirations ÉCO

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