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Transport aérien: la RAM n’est pas la seule compagnie à réduire ses effectifs

55% des responsables de compagnies aériennes s’attendent à une réduction de leurs effectifs au cours des douze prochains mois.

La Royal Air Maroc n’est pas l’unique compagnie aérienne dans le monde à réduire ses coûts à cause de la pandémie. Loin de là. La tendance est mondiale: le secteur aérien a été malmené par les effets de la crise de la Covid-19. Plusieurs compagnies – sinon la majorité d’entre elles – ont été contraintes d’arrêter leurs activités pendant plusieurs mois, du fait de la fermeture des frontières imposée dans plusieurs pays aux quatre coins du monde. Crise sanitaire oblige, les voyageurs ont dû se plier à des procédures strictes de confinement et d’interdiction de voyage. Les compagnies aériennes ont ainsi essuyé des pertes énormes, avec des avions cloués au sol pendant plusieurs semaines. Pour sauver leurs performances financières, elles n’ont eu d’autre choix que de se séparer de leur capital humain, entre autres décisions prises. Les principaux opérateurs mondiaux de l’aérien ont même dû réduire leur flotte d’avions et revoir leur programme de vols, voire ne garder que les destinations les plus rentables dans leur plan de reprise. Ainsi, pour compenser une activité aérienne mondiale en asphyxie, des plans de sauvetage et de restructuration ont vu le jour au sein de la majorité des compagnies.


Les exemples ne manquent pas
L’International Air Transport Association (IATA) dévoilait, en août dernier, les résultats d’un sondage réalisé auprès de plus de 300 compagnies aériennes de par le monde. Selon ce sondage, 55% des responsables de compagnies aériennes s’attendaient à une réduction de leurs effectifs au cours des douze prochains mois. 45% d’entre eux ont indiqué avoir déjà procédé à la réduction des effectifs et 57% s’attendaient à un recul de leur rentabilité au cours des douze prochains mois. 19% des sondés misaient sur une augmentation progressive des tarifs une fois l’équilibre entre l’offre et la demande retrouvé.

La compagnie aérienne Singapore Airlines a supprimé 20% de son effectif sur un total de 4.300 postes. Son management a déclaré, à ce propos, que les pilotes ont accepté des réductions de salaire allant jusqu’à 50% afin de sauver un maximum d’emplois possible. Chez Qantas & Jetsar, 2.500 postes d’emploi ont été supprimés et la compagnie prévoyait, en août dernier, plus de 6.000 licenciements. En septembre dernier, British Airways a licencié pas moins de 12.000 employés, dont 270 pilotes. Dès le début de la crise, la compagnie britannique a conclu avec le syndicat Unite, représentant les hôtesses de l’air et stewards, un accord portant sur une réduction de salaire de 15% en moyenne. Les pilotes ont, de leur côté, accepté un accord de réduction temporaire de leur salaire de 20%. Aux États-Unis, la compagnie American Airlines a licencié 19.000 salariés à partir du 1er octobre. 17.000 ont été mis à pied et 15.000 postes d’encadrement ont tout simplement été supprimés. 10.000 départs volontaires ont également eu lieu en raison de la crise. Toujours aux États-Unis, la compagnie United Airlines a licencié 13.000 salariés et la Southwest a été dans l’obligation de se séparer de façon «temporaire» de 27% de ses employés. En Finlande, Finnair a supprimé jusqu’à 1.000 emplois, soit 15% de ses effectifs.

De son côté, Kenya Airways prévoyait, en août dernier, le licenciement sec de 1.500 employés sur 33.000, 2.000 départs volontaires et le non-renouvellement de 1.500 contrats temporaires. Pour sa part, KLM a supprimé 5.000 emplois : 1.500 licenciements secs sur ses 33.000 employés, 2.000 départs volontaires et le non-renouvellement de 1.500 contrats temporaires. Air France, de son côté, tablait sur une suppression de 7.850 postes à l’horizon 2022 dont 6.560 chez Air France et 1.020 chez HOP, soit une réduction de 16% à 17% des quelque 45.000 salariés alors recensés. Par ailleurs, la compagnie a entamé les négociations avec les syndicats, en particulier concernant le recours dès novembre 2020 au dispositif d’activité partielle de longue durée qui pourrait durer au maximum deux ans et concerner 50% du temps de travail. Quant à Emirates, celle-ci a supprimé 9.000 emplois sur les 60.000 qu’elle recense. La compagnie Lufthansa a fait part, en avril dernier, de sa volonté de supprimer 22.000 postes à temps plein dans le monde sur les 138.000 comptabilisés. Elle a également signé un accord de court terme avec le syndicat de pilote Vereinigung Cockpit, valable jusqu’à la fin de l’année. Elle prévoit que les licenciements secs des pilotes seront menés au plus tôt au deuxième trimestre 2021. En contrepartie, les pilotes s’engagent à la réduction de certains revenus et gratifications.

Du côté de Turkish Airlines, un accord a été signé entre la direction et le syndicat Hava-Is portant sur une baisse de 50% du salaire pour les pilotes, de 35% pour les hôtesses de l’air et stewards et de 30% pour les autres. Chez Qatar Airways, les pilotes étrangers les plus anciens devaient être soumis à une réduction de 25% de leur salaire, et les plus jeunes à une baisse de 15%. L’entreprise publique a procédé en mars dernier à des réductions temporaires de 25% à 50% des salaires de base de la plupart de son personnel. Enfin, Kuwait Airways a licencié 1.500 employés expatriés, soit 25% de son personnel étranger. Aujourd’hui, selon l’IATA, les caisses des compagnies aériennes continuent de se vider et la reprise n’est pas vraiment effective. En effet, le trafic s’est de nouveau ralenti en septembre, après une légère embellie en juillet dernier. D’ailleurs, la même source prévoit une fin d’année «morose» avec un recul de 78% par rapport à l’année précédente.

Mariama Ndoye / Les Inspirations Éco






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