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Traitement des déchets dangereux : C’est parti pour la 2e phase du programme d’élimination des PCB

Traitement des déchets dangereux : C’est parti pour la 2e phase du programme d’élimination des PCB

Prévue sur une durée de trois ans, la seconde phase du programme devra permettre de continuer à traiter les équipements contaminés par les PCB au niveau de la plate-forme nationale située à Bouskoura, de renforcer le cadre réglementaire pour une gestion écologiquement rationnelle des PCB et de sensibiliser les différents acteurs concernés.

Le Maroc s’engage dans la seconde phase de son programme d’élimination des polychlorobiphényles (PCB), produits chimiques dangereux classés par la Convention de Stockholm comme polluants organiques persistants (POP), autrefois utilisés comme fluide diélectrique dans les anciens appareils électriques (transformateurs, condensateurs, régulateurs, etc.). Le coup d’envoi a été donné dernièrement à Casablanca par Nezha El Ouafi, secrétaire d’État chargée du Développement durable, lors d’un atelier organisé, en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), en présence d’une forte assistance composée de représentants du PNUD, des départements ministériels et des institutions membres de la Commission nationale des PCB ainsi que des secteurs public, semi-public et privé détenteurs d’équipements à base de PCB.

Près de 20 MDH du FEM
À cette occasion, il a été rappelé que le programme PCB est financé par le Fonds de l’environnement mondial (FEM) à hauteur de 2 millions de dollars (environ 20 MDH). Il entre dans le cadre du Programme national de gestion et de valorisation des déchets ménagers conduit par le Secrétariat d’État chargé du Développement durable permettant la contribution à la transition vers une économie verte comme stipulé par la Stratégie nationale de développement durable (SNDD), avec le recours aux technologies propres et la lutte contre la pollution due aux infiltrations des produits dangereux. Après une première phase couronnée de plusieurs réalisations, la seconde phase du programme devra permettre de continuer de traiter les équipements contaminés par les PCB au niveau de la plate-forme nationale située à Bouskoura, de renforcer le cadre réglementaire pour une gestion écologiquement rationnelle des PCB et de sensibiliser les différents acteurs concernés (voir encadré). Prévu sur une durée de trois ans, ce programme permettra également la création d’emplois directs et indirects et garantira ainsi des revenus supplémentaires aux familles marocaines. Mais, prévient Nezha El Ouafi, «la réussite de cette deuxième phase dépend en grande partie de l’implication de tous nos partenaires concernés par cette problématique qui, j’en suis sûre, sera effective à en juger par leur engagement lors de la première phase. Aussi, je lance un appel à tous les détenteurs d’appareils contaminés par les PCB à profiter des opportunités offertes par ce programme et les invite vivement à confier leurs équipements à la plate-forme pour leur décontamination ou leur maintenance. C’est de cette manière que nous parviendrons ensemble à une gestion sécurisée au niveau national de ces substances nocives pour la santé humaine et l’environnement».

Un plan musclé de  sensibilisation
Autrement dit, la secrétaire d’État chargée du Développement durable reconnaît qu’il faudra un plan d’action de sensibilisation musclé pour réussir la seconde phase d’élimination des PCB. Aussi, pour convaincre les différents acteurs concernés, et en particulier ceux qui ont effectué le déplacement pour prendre part à cet atelier, les résultats de la première phase leur ont été présentés puis ils ont été invités à visiter la plate-forme de traitement érigée à Bouskoura. Dans le cadre de la première phase, clôturée en fin juin 2017, plusieurs activités ont pu être réalisées. Il s’agit de l’institutionnalisation de la Commission nationale des PCB, chargée d’assurer la mise en œuvre des dispositions de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) en général et les PCB en particulier, et la réalisation d’un inventaire et d’une campagne d’analyse de 6.000 transformateurs susceptibles d’être contaminés par les PCB qui a permis l’identification de 4.170 T d’équipements contaminés. Mais également de la mise en place en 2015 de la première plate-forme de traitement et de réhabilitation des appareils électriques contaminés par les PCB au niveau de l’Afrique et des pays arabes, et du traitement et l’élimination de 1.530 T d’équipements contaminés, soit 37% de la quantité inventoriée au niveau national. 


Les objectifs de la seconde phase

Finaliser la loi sur la gestion des produits chimiques en incluant la gestion des PCB.
Établir des mécanismes d’incitation pour faciliter la mise en œuvre et le respect des dispositions de la loi.
Analyser 20.000 transformateurs contaminés par les PCB par les détenteurs.
Sensibiliser les détenteurs aux MTD et MPE pour une gestion écologiquement rationnelle des PCB.
Exporter 613 T d’équipements et 2,4 T d’huiles contaminées par les PCB purs pour leur élimination sécurisée à l’étranger.
Décontaminer localement 1.740 transformateurs et 541 T d’huiles contaminées par les PCB.
Établir une stratégie de communication pour promouvoir l’expérience du Maroc en matière de traitement des transformateurs contaminés par les PCB au niveau de la plate-forme.

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