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TPME : Un observatoire pour sécuriser l’information

TPME : Un observatoire pour sécuriser l’information

Son premier conseil d’administration a été tenu, lundi, après 3 ans de préparation avec un accompagnement hollandais. 6 MDH de budget pour la première année et l’observatoire sera fonctionnel à partir de 2019.

Loin d’être un effet de mode sur la liste des observatoires, celui de la TPME s’est fait désirer. Depuis 2013 que la réflexion est lancée, son premier conseil d’administration a finalement eu lieu lundi au siège de la Banque centrale. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib n’a pas caché sa satisfaction quant à un tel aboutissement. Lors d’une conférence de presse à l’issue du conseil, il a expliqué que la TPME représente une problématique permanente dans tous les pays puisqu’il faut constamment améliorer son environnement. À plus forte raison, le tissu économique et industriel du Maroc est constitué de TPME.

L’observatoire dont le budget a été fixé à 6 MDH pour la première année se veut indépendant avec des procédures transparentes. Il offrira de l’information agrégée sur les TPME avec un accès libre tandis que les études, enquêtes et informations pointues et personnalisées seront payantes. Il a été fait appel aux services de deux consultants hollandais avec un financement plus important encore, l’observatoire de la TPME fournira de l’information fiable et actualisée au profit des différents ministères pour les aider à mieux décliner leurs politiques publiques. Idem pour la CGEM qui aura plus de visibilité par exemple au sujet des délais de paiements interentreprises. Les banques profiteront aussi de l’observatoire pour être plus réactives en termes de financement des TPME. C’est d’autant plus bénéfique pour l’entreprise car en l’absence d’information fiable, les banques augmentent systématiquement leur prime de risque.

Dans cette recherche de fiabilité de l’information, le ministère de l’Emploi sera associé grâce notamment à son Observatoire de l’emploi. La même approche sera adoptée avec le ministère de l’Industrie, la CNSS, l’OMPIC, etc. Objectif : agréger toutes les informations disponibles pour dégager des indicateurs susceptibles d’aider à facilement faire des appréciations. Par ailleurs, ce premier conseil d’administration a mis en place un plan stratégique 2016-2019. La gouvernance, les instances et le mode de recrutement d’un directeur, tout a été passé au peigne fin. Fait marquant, un comité scientifique a été ajouté pour renforcer la méthodologie de la normalisation des données.

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Ce n’est pas tout. Il y a eu engagement des intervenants à tenir deux réunions par an au lieu d’une seule comme prévu par la loi. L’observatoire est également inscrit au Comité national de l’environnement des affaires et un représentant de la primature a pris part au conseil d’administration. Selon Jouahri, il a fallu franchir plusieurs étapes avant d’en arriver là. «Nous avions d’abord réagi à l’appréciation internationale quant à l’accès difficile au financement de la TMPE. Nous avons engagé des rencontres avec les TPME dans tout le royaume. On rencontrait quelques 3.000 entreprises à chaque tournée», a-t-il souligné. Il a fallu aussi faire remonter les préoccupations et réclamations des TPME concernant un manque de conseil, de l’accompagnement et une multiplication des garanties. Maintenant avec la régionalisation, toutes les banques mettent en place des structures dédiées à la TPME.

Par ailleurs, un crédit bureau a été installé en 2009 pour mettre en place les dossiers de solvabilité et une notation des clients selon les normes internationales pour apprécier la prime de risque. Incontestablement, les banques se devaient de soigner leur information financière. Reste à régler la problématique des entreprises individuelles et de l’informel. Aujourd’hui avec l’identifiant commun de l’entreprise (ICE), un élément important s’ajoute pour ratisser large à travers la Direction générale des impôts. Quant à l’informel, il y a deux actions concomitantes. La CGEM met fortement la main à la pâte. S’y ajoute l’effort fiscal de l’État et le statut de l’auto-entrepreneur pour capter petit à petit ceux qui travaillent dans l’ombre. 

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