Maroc

Tourisme rural au Maroc : le secteur mis à mal par la pandémie

Bien que les perspectives de reprise du tourisme rural semblent favorables, ce segment, constitué de petites structures, a été lourdement impacté par la crise sanitaire. Il est urgent de sauver les structures fermées et de réhabiliter le produit actuellement en dégradation.

S’il y a une activité touristique qui a été lourdement impactée durant cette pandémie de la Covid-19, c’est bien celle du tourisme rural. Et le Maroc n’échappe pas à cette réalité. «Les activités de tourisme urbain et rural dépendent des flux internationaux. À mon avis, les perspectives de reprise seront facilitées pour ce segment, vu que la demande peut favoriser des zones à moindre concentration de population, notamment le milieu rural et naturel», explique Hassan Aboutayeb, consultant en tourisme et développement durable et fondateur de l’Ecolodge Atlas Kasbah. Néanmoins, bien que les conditions de reprise soient plus favorables pour ce segment qui apporte une contribution directe aux petites structures et aux populations locales, le tourisme rural est toujours confronté à des facteurs structurels. «Il est urgent de sauver l’existant, c’est-à-dire les structures fermées depuis des mois, et de réhabiliter le produit actuellement en dégradation à cause de cette pandémie, en plus de la structuration de l’offre du tourisme rurale», ajoute Hassan Aboutayeb. En attendant, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a placé le tourisme et le développement rural au cœur de la Journée mondiale du tourisme 2020 célébrée, lundi 28 septembre. Selon une note d’information de l’OMT, le tourisme en milieu rural offre d’importantes possibilités de reprise, et rend donc essentiel le soutien aux communautés rurales confrontées aux impacts économiques et sociaux de la pandémie. Contrairement au milieu urbain, les communautés rurales, sont, en général, moins préparées à faire face à l’impact direct et indirect de la crise de la Covid-19. Cela est dû, selon la note, à divers facteurs, notamment l’âge de la population, les faibles niveaux de revenus, le manque relatif de diversité économique. À cela s’ajoutent la fracture numérique et l’éloignement des centres de santé.


Une aubaine pour le tourisme intérieur
Compte tenu des scénarios tracés par l’OMT sur l’impact de la Covid-19, le nombre d’arrivées de touristes internationaux pourrait diminuer de 60 à 80% en 2020, ce qui aurait un impact considérable sur les moyens de subsistance des populations rurales et des entreprises implantées dans ce milieu. À l’instar du Maroc, les rendements économiques de l’agriculture ont considérablement diminué dans d’autres pays, affectant ainsi les moyens de subsistance de la population rurale. Aussi, les modes de vie traditionnels sont menacés par le changement climatique. L’OMT prévoit que le tourisme intérieur reprendra avant le tourisme international. Cette tendance pourrait profiter aux communautés rurales, notamment en protégeant les moyens de subsistance et en stimulant les économies locales. C’est la raison pour laquelle, la demande des voyageurs pour de nouvelles expériences autour de la nature, de la culture et des produits locaux, ainsi que l’engagement communautaire, offrent des possibilités de revitalisation économique. La création de nouvelles possibilités d’emplois et d’activités économiques en milieu rural nécessite toutefois une bonne connectivité, des investissements, un soutien à la promotion et à la préservation du patrimoine naturel et culturel, le développement de compétences et de produits adéquats, ainsi qu’une forte coopération public-privé. Notons que la promotion du tourisme en milieu rural permet de réduire la pression sur les lieux les plus visités dans les villes.

Quel rôle pour le secteur public ?
Autre fait méritant d’être cité: le secteur public a un rôle important à jouer pour renforcer la contribution du tourisme au développement rural. Au niveau local, il est difficile d’attirer les investisseurs du secteur privé et de retenir la population sans investissement du secteur public. Le secteur public a également un rôle à jouer pour qu’une infrastructure matérielle soit mise en place, assurer le bien-être des communautés et permettre aux touristes de visiter et de découvrir aisément les zones rurales. L’éducation est aussi un élément clé. Sans le capital humain, le développement rural ne sera guère possible. De plus, le tourisme peut créer des emplois dans les zones rurales reculées, directement et indirectement, par la préservation et le rétablissement des activités traditionnelles. Il s’agit souvent de l’un des rares secteurs économiques viables dans ces régions. Ce secteur est particulièrement efficace pour offrir des possibilités d’emploi aux femmes et aux jeunes. De leur côté, les touristes s’attendront à avoir accès à la même technologie en milieu rural que dans les destinations urbaines. Cela inclut l’accès à un Internet sans fil rapide et fiable et la possibilité d’effectuer des paiements sans espèces. L’accès à la technologie est également essentiel pour permettre aux entreprises locales d’accéder au marché et promouvoir l’inclusion de prestataires de toutes tailles dans la chaîne de valeurs du tourisme.

Yassine Saber / Les Inspirations Éco






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