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Tourisme. Le Coronavirus contaminera-t-il l’activité?

Tourisme. Le Coronavirus contaminera-t-il l’activité?

Les professionnels du secteur touristique se sont bien frotté les mains en 2019. Les différentes destinations nationales ont enregistré des résultats pour les moins encourageants grâce, essentiellement, à l’activité aérienne qui se démocratise, sortant ainsi de l’ombre de nombreuses destinations. Quant aux traditionnelles destinations, elles se sont considérablement restructurées et ont développé de nouveaux produits. Parmi celles-ci, figurent Tanger, Essaouira et Casablanca. Elles ont mobilisé des investissements conséquents pour augmenter leur capacité litière. Résultat, le secteur annonce avoir enregistré à fin 2019 quelque 12,9 millions de touristes, en augmentation de plus de 5,2% par rapport à 2018.

Un bon cru 2019
«Sur les 5 dernières années, l’industrie touristique marocaine a enregistré un taux de croissance moyen de 6% contre 4% à l’échelon mondial», s’est félicité samedi à Marrakech le président de la Confédération nationale du tourisme, Abdellatif Kabbaj, saluant dans la foulée la transversalité du secteur qui participe aujourd’hui à l’essor de plusieurs autres secteurs comme le bâtiment, l’agriculture, l’agro-industrie ou encore les service.

Si, toutefois, ces résultats paraissent encourageants, il existe néanmoins un gap entre les réalisations et le potentiel existant. Le taux d’occupation des établissement touristiques est de quelque 50% seulement. Dans le cadre de sa feuille de route 2020, la CNT veut remédier à cette situation en décidant de changer de paradigme, se fixant comme mission de contribuer de manière responsable et durable à la compétitivité du secteur touristique et au bien-être des Marocains en créant de l’emploi, en favorisant l’inclusion, en générant des devises et en promouvant l’innovation. Il est notamment question de la création d’un produit «Destination Maroc» compétitif, nécessitant les efforts de tous les maillons et parties prenantes du circuit touristique. Mais voilà qu’une épidémie que personne ne voyait venir vient pointer le bout de son nez menaçant.

La menace Coronavirus
Plusieurs touristes chinois ont annulé leurs réservations dans des établissements touristiques casablancais à cause de la propagation du Coronavirus en Chine. Un coup dur pour la destination Maroc, la Chine étant le premier marché émetteur touristique mondial avec ses 200 millions de voyageurs. Et parmi ces millions de touristes, 142.000 ont visité le Maroc en 2019. Les destinations les plus exposées sont Casablanca, Fès, Chefchaouen et Ouarzazate.

«Ces villes seront vraiment impactées parce que non seulement l’épidémie a coïncidé avec la haute saison au Maroc, mais aussi parce qu’il n’y a plus d’arrivées de Chinois aujourd’hui», constate avec tristesse Saïd Mouhid, président de l’Observatoire du tourisme, pour qui le Coronavirus va fatalement impacter le mois de février.

Même si la maladie est endiguée en ce moment, il sera difficile pour le secteur de rattraper les mois de haute saison perdus. Et cela est d’autant plus difficile que la crise est mondiale. En d’autres termes, la marge de manœuvre du Maroc est très réduite. Pour notre interlocuteur, il faut un plan B pour vendre les places délaissées par les visiteurs chinois, chose qui va nécessiter une action promotionnelle à destination des marchés européens et américains.

«Nous restons quand même optimistes parce que la crise est avant tout internationale -elle ne concerne pas que le Maroc- et nous estimons pouvoir nous rattraper l’année prochaine», tempère un opérateur.

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Un optimisme que partage le patron de la CNT qui estime la «perte» entre 35.000 et 40.000 visiteurs chinois pour février et mars, deux mois «inquiétants» tout de même. Mais, une autre menace plane sur la destination Maroc.

En effet, la part de la fiscalité représente une part conséquente dans la composition du coût du séjour, impactant ainsi la compétitivité de la destination Maroc à l’international, et le réveil du marché égyptien pourrait être brutal pour la destination marocaine. Après une récession au cours des dernières années en raison de troubles politiques et de problèmes de sécurité consécutifs à l’éviction de deux chefs d’État en 2011 et 2013, le secteur touristique égyptien s’est rétabli.

Le nombre de touristes ayant visité le pays en 2019 a atteint environ 13 millions selon l’OMT. Ce n’est pas tout. Les «pharaons» tablent sur 15 millions de visiteurs pour l’année 2020. Si le Maroc a longtemps profité de la crise égyptienne, cette dernière constitue aujourd’hui une concurrence pour le pays, d’autant plus l’Espagne et l’Italie, considérés jusqu’ici comme une chasse gardée du Maroc, font partie des marchés cibles de l’Égypte. D’autres pays de la région, à l’instar de la Tunisie, sont dans cette dynamique de reconquête.

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