Monde

Tomate marocaine : la filière espagnole fulmine

La montée en flèche des exportations de tomate durant cette saison agricole a fait réagir la filière espagnole. Celle-ci réclame une protection du produit européen pour contrer le succès du produit marocain sur les marchés européens.

Les producteurs espagnols de tomate montent au créneau. La montée en puissance des exportations de tomate marocaine vers le marché européen avec une hausse de 8% durant cette campagne agricole inquiète, de nouveau, la filière ibérique. Celle-ci a vu ses expéditions vers l’espace communautaire reculer de 5% au niveau national et de 12% dans la province d’Almeria, fleuron européen de production de la tomate. Ces chiffres ont fait bondir, l’association des organisations de producteurs de fruits et produits horticoles d’Almeria (Coexphal) qui s’en est prise aux expéditions marocaines de tomates. Lors de la présentation du bilan de cette campagne agricole, les producteurs de cette région andalouse, surnommée le potager de l’Europe, ont fini par reconnaitre que les exportations marocaines de tomates vers les étals européens ont détrôné celles en provenance d’Almeria. Concrètement, les producteurs espagnols de la province d’Almeria ont écoulé 417.826 tonnes de tomates auprès des marchés européens.


En revanche, le Maroc a réussi à en exporter 486.878 tonnes. Les producteurs espagnols envisagent de passer à d’autre cultures. C’est d’ailleurs la réponse qu’avait formulée le ministre de l’Agriculture espagnol, Luis Planas, à ses compatriotes agricoles quand ces derniers se sont plaints des performances des exportations marocaines de tomates.

Durant cette rencontre portant sur le bilan de la campagne, les producteurs ont estimé que la tomate n’est plus compétitive. Selon Luis Miguel Fernandez, directeur de Coexphal, la production de ce fruit a reculé de 8%. Quant à sa valeur, le représentant de cette organisation ajoute que le prix de commercialisation a connu une importante dégringolade, avec une baisse de 9%. Ces fluctuations se sont répercutées sur le chiffre d’affaires de la filière. Les producteurs espagnols originaires d’Almeria estiment que leurs gains ont accusé un recul de 16% alors que les coûts de production n’ont cessé d’augmenter. En contrepartie, les exportations marocaines de tomates ont augmenté de 66%. Notons que ce n’est pas dans les marchés européens uniquement que la tomate marocaine est prisée. Elle s’offre une place au soleil même en Andalousie qui importe en masse l’origine Maroc.

De fait, 80.000 tonnes de tomates du terroir ont été destinées au marché andalou. Les producteurs avaient accusé certains producteurs locaux de reconditionner le produit marocain pour le vendre sous une étiquette espagnole et de la sorte encaisser la marge. La filière estime que les expéditions de tomate marocaine ont grimpé passant de 18.000 tonnes durant la campagne 2013/2014 à 80.000 tonnes durant l’actuelle saison agricole. Une percée qui inquiète les producteurs, lesquels sont unanimes à réclamer des mesures d’urgence pour «être plus compétitifs devant le renforcement de l’offre de la tomate marocaine. De plus, la filière espère que les instances communautaires approuveront le réclamer par les agriculteurs espagnols pour protéger leur activité et «sauver le produit européen». Rappelons que la France, la Russie et la Grande Bretagne restent les principaux récepteurs de la tomate marocaine.

Amal Baba Ali, DNES à Séville / Les Inspirations ÉCO

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