Éco-Business

Sarah Mezouar : comment améliorer le climat des affaires au Maroc ?

Entretien. Sarah Mezouar.
Directrice associée Euros/Agency Africa

Sarah Mezouar, directrice associée, explique l’intérêt d’un tel indice, véritable outil d’aide à la décision qui permet aux chefs d’entreprises de mieux anticiper le contexte et de conforter leurs prévisions. Elle livre également sa lecture du climat d’affaires actuel et ses recommandations.


Quel est l’intérêt de la mise en place de l’indice CAM trimestriellement ?
Un tel indice n’existe pas en tant que tel au Maroc et demeure rare sur le continent. Tous les pays européens -et les économies très industrialisées en général- disposent de ce type d’indicateur qui permet de mesurer un élément clé de l’économie, à savoir la confiance des décideurs. L’Allemagne, avec l’IFO, dispose d’un des outils les plus robustes en la matière et c’est le modèle que nous avons suivi. Nous pensons que le Maroc a désormais une économie suffisamment mûre pour disposer d’un indice reflétant le sentiment des chefs d’entreprises. La nécessité de cet indice s’inscrit aussi dans les orientations officielles consistant à faire du renforcement de l’attractivité économique du pays une priorité. Cela permet à terme d’offrir aux dirigeants un outil d’aide à la décision et aux chefs d’entreprise, afin de mieux anticiper le contexte, de conforter leurs prévisions ou a contrario de les réviser.

Quelle est la cible de cet indice ?
La cible de cet indice est large: il s’agit des décideurs économiques, des responsables politiques, des marchés financiers et de l’opinion publique en général. C’est à la fois un outil d’aide à la décision et d’approfondissement de sa propre culture économique.

Est-il mis à la disposition des opérateurs à titre gratuit? Quel est d’ailleurs le gain de d’Euros/Agency Africa ?
L’indice CAM est entièrement libre et public. Il en est à ses débuts et sera de plus en plus sophistiqué au fil des mois. Travaillant en partenariat avec Insightek, cabinet d’études de marché, le suivi par trimestre permettra d’avoir une vision de plus en plus affinée du sentiment des dirigeants, de la mesure de l’impact de la conjoncture, des crises ou au contraire de mouvements plus favorables sur leur confiance. Il sera également de plus en plus précis car notre cohorte de répondants se fera bien plus large avec le temps. Nous n’excluons pas de le décliner dans le futur par secteur. Pour notre part, l’intérêt est de pouvoir valoriser notre expertise et de disposer d’un instrument concret pour l’appuyer; notre savoir-faire consiste justement à nouer un dialogue entre les acteurs, à «tisser» de la confiance entre les dirigeants et à les aider à naviguer dans des environnements de plus en plus complexes.

Comment jugez-vous le climat des affaires au Maroc à la lumière de la crise sanitaire actuelle ?
La crise sanitaire est une parenthèse inédite. Elle a créé un contexte exceptionnel qui a forcément un impact considérable sur les agents économiques. Dans ce sens, notre indice arrive à point nommé, mais il faut se méfier du biais de perception que la période actuelle peut induire: l’indice est très bas et nous pourrons offrir une lecture précise et pertinente de la remontée de la confiance. Sera-t-elle rapide, progressive, lente, en dent de scie? La courbe sera-t-elle en V, en U, en W? Ce sont des questions auxquelles notre indicateur saura répondre. En revanche, son niveau forcément bas ne doit pas nous pousser à tirer des conclusions définitives sur le climat des affaires au Maroc. L’économie marocaine a de nombreux atouts structurels qui se cachent à l’ombre de la conjoncture actuelle. Il faudra analyser l’indice sur le long terme pour répondre à cette question.

Quelles sont vos recommandations pour l’amélioration du climat des affaires au Maroc ?
La confiance est la clé de tout. Entre les entreprises et leurs consommateurs. Entre les dirigeants du pays et les entreprises. Donner de la perspective, de la vision et de la transparence à tous les échelons est un facteur clé de cette confiance. Quand le Maroc s’engage pour la réduction des délais de paiement par exemple et s’y tient, le climat des affaires y gagne énormément. Il gagne aussi lorsque les entreprises n’oublient pas que le consommateur est également un citoyen et répondent à ses préoccupations. Cela suppose, à tous les niveaux, de faire preuve de cohérence, d’écoute et de sens du dialogue. Et c’est dans ce sens qu’Euros/Agency Africa a vocation à agir auprès de ses clients. 

Sanae Raqui
Les Inspirations ÉCO

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