Eco-Business

Saison agricole. Akhannouch rassure

Le gouvernement, qui est en train de réviser la loi de Finances, devra prendre en considération la baisse de la production céréalière à 30 millions de quintaux au lieu de la prévision initiale de 70 millions de quintaux dans le cadre du Budget 2020. Il s’agit d’une baisse de 57,14% par rapport à l’hypothèse retenue pour l’année en cours et de 42% par rapport à l’année précédente. Malgré tout, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, qui a été interpellé, mardi 26 mai, par les parlementaires de la Chambre des conseillers, se montre rassurant quant à l’issue de cette saison et à l’approvisionnement du marché en différents produits. Il estime que c’est un secteur résilient grâce aux efforts consentis qui «ont permis aujourd’hui à l’agriculture marocaine d’acquérir une forte immunité et une capacité d’adaptation». En attestent, entre autres, les indicateurs ayant trait aux exportations des produits agricoles. À titre d’exemple, les exportations de primeurs ont totalisé 1,127 million de tonnes de primeurs jusqu’au 17 mai, soit une progression de 8%. Celles de tomates ont atteint près de 520.000 tonnes, soit une hausse de 4%.

Quid des professionnels, notamment les petits agriculteurs et les éleveurs, qui ont été fortement touchés par la conjoncture actuelle ? C’est une question qui revient avec insistance dans les interventions des parlementaires des deux chambres depuis le début de la crise au Maroc. Députés et conseillers appellent à étendre la subvention étatique aux petits agriculteurs et aux éleveurs contrairement à ce qui a été décidé par les autorités. L’agriculture, précisons-le, n’est en effet pas considérée comme un secteur sinistré car son activité ne s’est pas arrêtée. Sauf que les parlementaires tiennent à tirer la sonnette d’alarme sur la situation des petits agriculteurs et éleveurs qui n’ont pas pu écouler leurs produits et leur bétail en raison de la fermeture des marchés hebdomadaires. Vont-ils bénéficier du soutien étatique? Rien n’est moins sûr. En tout cas, Akhannouch souligne qu’il est impossible d’ouvrir la voie du soutien direct à tous les secteurs et que ceux qui sont lésés peuvent adresser leurs réclamations aux autorités compétentes pour rectifier le tir. Il indique, par ailleurs, que les agriculteurs ne seront pas laissés pour compte durant cette conjoncture spéciale. Le programme de soutien au secteur, qui a démarré avant le mois de mars, se poursuivra jusqu’au début de la prochaine saison. Le programme dédié au fourrage subventionné sera maintenu jusqu’au mois de septembre prochain. Mais il ne faut pas pour autant s’endormir sur ses lauriers. Le responsable gouvernemental affiche ses inquiétudes quant au début de la prochaine saison. Il faut ainsi rester aux aguets et espérer la clémence du ciel, comme le laisse entendre le ministre de l’Agriculture qui sera encore une fois interpellé par les parlementaires de la chambre basse lundi prochain. Du côté des parlementaires de la chambre haute, une feuille de route claire pour la sortie de crise est préconisée pour donner non seulement un coup de fouet au secteur et faire face aux aléas de la sécheresse, mais aussi diminuer la dépendance aux marchés internationaux en produits alimentaires. Il est en effet temps, selon plusieurs élus de la Nation, de débattre de la sécurité alimentaire et l’autosuffisance en produits agricoles ainsi que de la nécessité de promouvoir l’industrie agro-alimentaire.


Les préparatifs pour Aïd Al Adha
Les éleveurs peuvent-ils compter sur l’ouverture des marchés et sur la disponibilité des fourrages pour préparer le cheptel pour Aïd Al Adha? Les conseillers ont demandé au gouvernement de trancher cette question pour que les éleveurs puissent se préparer sans inquiétude. À ce titre, le ministre de tutelle est on ne peut plus clair: «Le Covid-19 ne nous a pas empêché de se préparer à Aïd Al Fitr». Akhannouch s’engage à faire le nécessaire avec le ministère de l’Intérieur pour «être au rendez-vous». Les préparatifs pour l’aïd sont déjà lancés. L’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a procédé jusqu’à présent à l’opération d’identification de 2,6 millions de têtes du cheptel. Il faudra aussi s’organiser pour éviter le risque de contagion dans les marchés. Des efforts supplémentaires s’imposent au niveau de l’organisation des abattoirs et des marchés de légumes et de bétails. Quelque 12 marchés ont été déjà ouverts et 40 autres devraient bientôt suivre. Les règles de sécurité doivent être strictement respectées par tous les acteurs concernés.

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