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Saadallah Aziz: hommage à une grande figure du théâtre marocain

EDITO. Une autre grande figure du théâtre marocain s’en est allée, laissant derrière elle un héritage créatif des plus honorables. Saadallah Aziz, l’homme qui a su trouver la juste dose d’humour dans la critique raffinée de notre société, était – et sera toujours – un grand artiste. Ses œuvres attisent notre nostalgie pour une époque où le sitcom avait du sens, le jeu théâtral de la valeur et l’artiste du mérite autant que le respect. Saadallah Aziz était le yang, et sa non moins attachante épouse, Khadija Assad, le yin. C’est dire aussi à quel point l’alchimie qui existait entre les deux avait dopé le succès du couple. D’année en année, d’œuvre en œuvre, l’artiste avait parfaitement maturé son art, mais il s’était également lassé de ses conditions jusqu’à opter pour l’émigration. Un choix amer, car il ne sera jamais aisé pour un artiste connu et reconnu de laisser son public derrière lui pour tout reprendre à zéro. Ce courage, Saadallah l’avait. Il a assumé son choix jusqu’au bout, au point de revenir plus tard au Maroc pour travailler sur de nouvelles productions à succès.

Toutefois, Saadallah Aziz est loin d’être le seul de nos artistes à être parti en quête d’horizons meilleurs pour son art, sa vie. Hassan El Fad, Houda Raihani, Chafik Shaimi… la liste des artistes talentueux partis briller sous d’autres cieux s’est en fait rallongée au fil des années. Ils mettent le cap vers des pays où le talent artistique leur semble mieux soutenu à travers un mécanisme bien rodé d’aides à la production. Entre-temps, le microcosme artistique national évolue trop lentement aux yeux de ses acteurs et actrices. D’autres artistes claqueront ainsi la porte à leur tour pour aller tenter leur chance ailleurs. Et tant que des sujets comme la légitimité pour prétendre au statut d’artiste professionnel, ou encore la méritocratie pour décrocher des subventions publiques, continueront de faire polémique chez nous, notre pays aura de plus en plus de mal à retenir ses talents. Déjà que nous avons du mal à gérer la fuite des cerveaux…


Meriem Allam / Les Inspirations Éco






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