Maroc

Relance économique : coup de boost à l’agroalimentaire

Le projet de décret N°2.20.422, adopté par le Conseil de gouvernement du jeudi 12 octobre, ouvre grand la voie aux opérateurs de la filière de transformation des fruits et légumes pour profiter pleinement de la nouvelle stratégie de substitution aux importations du département de l’Industrie.

Le projet de décret N°2.20.422 relatif à la qualité et à la sécurité sanitaire des conserves et semi-conserves végétales (tomates en conserve, concentrés de tomates, olives de tables, maïs doux, cornichons en conserve, cœurs de palmier, haricots verts, petits pois, etc.), adopté par le Conseil de gouvernement du jeudi 12 octobre dernier, tombe au bon moment ! Élaboré et déposé par l’Office national de sécurité sanitaire des aliments (ONSSA) à travers sa tutelle, en l’occurrence le ministère de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, il ouvre grand la voie aux opérateurs de la filière de transformation des fruits et légumes pour profiter pleinement de la nouvelle stratégie de substitution aux importations mise en place par le département de l’Industrie. En effet, ce nouveau texte, qui entrera en vigueur après sa très prochaine publication au Bulletin officiel (dans un mois au maximum), remplacera l’arrêté viziriel du 4 novembre 1935 qui est obsolète. «Compte tenu du développement du marché des conserves et semi-conserves végétales, il est nécessaire d’introduire de nouvelles dispositions règlementaires pour accompagner et structurer ce secteur qui connaît une vraie dynamique aussi bien en interne qu’à l’export», explique-t-on auprès de l’ONSSA.


Actualiser le cadre réglementaire
Ce projet de décret vise donc essentiellement à actualiser le cadre réglementaire du secteur des conserves et semi-conserves végétales. Les postes retouchés concernent notamment leur définition ; le respect des exigences de la loi 28-07 (autorisation/agrément sanitaire, traçabilité, additifs alimentaires, contaminants, etc.) ; la prévision des opérations autorisées dont ils peuvent faire l’objet ; la prévision des arrêtés qui fixent les définitions et les dénominations sous lesquelles ils peuvent être commercialisés ainsi que leurs caractéristiques et la prévision des modalités de leur étiquetage. Selon l’ONSSA, «il a été examiné avec l’organisation professionnelle concernée, notamment la FENAGRI (Fédération nationale de l’agroalimentaire). Pour faciliter son appropriation par les professionnels, nous avons élaboré des guides des bonnes pratiques, dont deux (semi-conserves des olives et de câpres) déjà validés et publiés au BO». Cela veut dire que tous les professionnels de la filière sont, en principe, prêts à basculer vers le nouveau cadre règlementaire en harmonie avec les standards internationaux et à saisir pleinement les grandes opportunités de développement de leur filière sur les marchés locaux et à l’export.

Une filière très porteuse sur le marché local et à l’export
En effet, si l’on prend l’exemple de la sous-filière de fabrication de conserves de tomates, le marché local offre de réelles opportunités, en particulier pour les concentrés, les sauces et ketchup, et tous les autres produits pouvant être développés pour répondre aux changements des habitudes de consommation. Entre 2016 et 2019, les importations de conserves et sauces tomates ont enregistré une hausse de 12,7% , avec des recettes qui sont passées de 13,6 millions à 19,4 millions de dollars (environ 194 MDH). Dans le même temps, les exportations ont bondi de 31,5%, avec des recettes qui sont passées de 5,2 millions à 11,9 millions de dollars. Ces échanges, importations et exportations cumulées ne représentent toutefois que 1,1% des échanges mondiaux. Or, l’amont agricole est suffisamment développé et performant sur la tomate pour satisfaire tous les besoins en matière première des opérateurs qui disposent également de plusieurs appuis financiers pour investir. Dans le cadre de sa nouvelle politique de relance, le ministère de l’Industrie met en effet à leur disposition un foncier potentiel (agropoles de Berkane, Béni Mellal, Meknès et Agadir) ; des subventions (Fonds de développement industriel et d’investissement et Programme Istitmar PME) ; le financement (Mezzanine PME et Green Invest) et l’aide à la formation (Programmes Imaj et Taehil). Pour attirer les investisseurs vers cette filière très porteuse, le département de l’Industrie s’est même prêté à un jeu d’estimation des retombées d’un investissement compris entre 50 et 100 MDH. Selon ses experts, un tel investissement dans cette sous-filière pourra générer un chiffre d’affaires compris entre 80 et 200 MDH, une marge brute potentielle de 20% à 30% et un retour sur investissement en cinq, voire six ans maximum. 

Aziz Diouf / Les Inspirations Éco






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