Maroc

Réforme de l’enseignement : Le diagnostic de Belmokhtar

Après le fin de la 1re moitié de l’année scolaire 2016-2017, le premier bilan de la mise en œuvre de la vision 2015-2030 montre une cadence accélérée du démarrage des projets et programmes. À côté du renforcement des infrastructures scolaires et de l’apprentissage des langues, un flux de programmes portant sur l’amélioration de la qualité a été enregistré.

Le timing du dévoilement du bilan d’une année et demie de travaux dans le cadre de la vision 2030 montre bel et bien que la réforme de l’enseignement ne peut être mise sous le joug du blocage politique. Le timing mais aussi les axes discutés lors d’une réunion de coordination entre les directeurs centraux du ministère et les directeurs des AREF veulent en effet adresser un message fort à tous les intervenants dans la mise en œuvre de la réforme pour signifier que la période de la gestion des affaires courantes n’est pas synonyme d’absence de comptes rendus pour un dossier aussi crucial qui doit être a fortiori préservé des surenchères politiques. C’est pourtant la question de la gouvernance et de l’efficacité des mécanismes de pilotage, de contrôle et de suivi prévus par la vision qui prévaut actuellement pour le département de tutelle, qui ambitionne durant la 2e moitié de cette année scolaire de clarifier davantage les attributions, en liant la responsabilité à la reddition des comptes.


La réunion tenue au siège du ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle a été réservée à la présentation du premier bilan de la mise en œuvre des projets inscrits dans la vision, et cela pour le compte des années scolaires 2015-2016 et 2016-2017. Les données publiées à l’issue de ce partage des données indiquent que pour le volet relatif au projet phare : «l’Équité et l’égalité des chances», ce sont près de 200 établissements scolaires qui ont été ouverts, dont 54% sont situés au sein des communes rurales. Les statistiques du ministère concernant les réalisations en termes d’infrastructures montrent que les écoles communautaires ont réalisé une avancée remarquable pour atteindre 119 écoles, ce qui a impacté aussi positivement le nombre des internats depuis 2015, avec 242 unités actuellement opérationnelles dans le cadre du programme «Élargissement de l’offre scolaire».

Le bilan d’étape de la réforme s’est focalisé également sur l’éducation non formelle des enfants avec un nombre de 67.000 bénéficiaires durant les deux dernières années scolaires, et plus de 2.600 personnes qui se sont inscrits au programme de la seconde chance. Le maintien des élèves le plus longtemps possible dans leur parcours scolaire ainsi que l’élargissement du préscolaire restent des priorités de ladite vision. Au sujet de l’épineuse question de la qualité de l’offre, le projet portant sur «le modèle pédagogique» ainsi qu’une multitude de projets pilotes ont été mis sur les rails, selon les statistiques du ministère, notamment pour l’encouragement de la lecture au sein de 90 écoles primaires, et le test opéré au sein de 168 autres écoles d’un nouveau programme pour les 4 premières années. Le même flux des programmes a concerné également les cycles collégial et secondaire, toujours pour le volet lié au développement des aptitudes de lecture des collégiens et lycéens pour les branches scientifiques.

La langue française a été au centre des mesures prévues pour combler le retard enregistré pour la majorité des élèves «et cela dans la cadre d’une optique homogène pour faire évoluer l’apprentissage de cette langue», indique le bilan d’étape. Les principaux dysfonctionnements tournent souvent autour de l’impact négatif du changement de la langue d’enseignement des matières scientifiques entre le secondaire et l’université. Faut-il rappeler que les pistes indiquées par la vision de 2030 font état de la poursuite de l’arabisation tout en assurant pour les élèves des matières scientifiques dans le secondaire un accompagnement qui permette de tempérer l’impact de la problématique des langues. L’année finale du secondaire reste quant à elle très surveillée par les responsables en charge de la mise en œuvre de la vision 2015-2030, essentiellement «pour l’adaptation du régime des examens ainsi que la formation des inspecteurs chargés de ces filières», selon l’état des lieux provisoire établi par le département de Rachid Belmokhtar. L’un des principaux indicateurs mis en avant est celui relatif à la hausse remarquable du nombre de lycées qui délivrent un baccalauréat international, lequel représente jusqu’à présent 448 établissements du secondaire. De plus, une expérience pilote a été pour sa part réalisée au sein de la région de Rabat-Salé-Kénitra pour démystifier le monde du travail pour les élèves des 3 cycles ainsi que renforcer l’usage des NTIC. Depuis le démarrage de l’exécution de ladite vision, ce sont au total 165.000 élèves qui ont bénéficié du projet «Intégration des technologies de l’information», lequel a intégré jusqu’à présent 8.722 enseignants.

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