Maroc

Recherche & développement : PSA crée un Openlab au Maroc

C’est la première structure de R&D du groupe en Afrique et en Moyen-Orient avec un réseau de plusieurs universités au Maroc et aux États-Unis. 3 sujets ont été identifiés:  la voiture électrique, le management de la supply chain et les énergies renouvelables.


Bien que la première voiture made in Morocco ne sortira de l’usine PSA de Kénitra qu’en 2019, l’industriel français de l’automobile ne reste pas les bras croisés. Hier à l’Université internationale de Rabat, il a signé un accord d’entente de création du premier Openlab en Afrique et au Moyen-Orient. Cette structure de recherche et développement vient renforcer un partenariat de choix avec le Maroc, considéré non seulement comme hub commercial mais aussi, désormais, comme hub technologique et scientifique. Cette première structure de R&D au Maroc a, par exemple, ses semblables depuis 2010 seulement en Chine, au Brésil, aux États-Unis… ce qui met le Maroc sur les radars mondiaux de la technologie de pointe et de l’innovation. L’Openlab PSA-Maroc, outre l’UIR, est le point de rencontre de plusieurs universités de renommée internationale comme la Mississippi State University, le Georgia Institute of Technology, l’Institut Lafayette, l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, l’Université Ibn Tofaïl, l’École Centrale de Casablanca et l’Université Mohammed V de Rabat. Un beau maillage qui renseigne sur l’intérêt que les universités portent à ce genre de projets scientifiques. Justement, dans la plupart des cas, il apporte des technologies de rupture qui font gagner plusieurs années de recherche en vase clos. En effet, comme en atteste Abdellah Ougazzaden, du Georgia Institute of Technology et de l’Institut Lafayette, l’Openlab PSA de Metz, basé à GeorgiaTech Lorraine, vient de faire le bilan de ses quatre ans. Ce fut une telle réussite que PSA a décidé de renouveler le contrat pour quatre années supplémentaires.

Pour Sylvain Allano, directeur scientifique et technologies futures de PSA Peugeot Citroën, 3 sujets sont d’ores et déjà identifiés pour l’Openlab Maroc. Il s’agit du véhicule électrique et du management de la supply chain, dédiés à l’usine PSA de Kénitra, en plus des énergies renouvelables. Il s’agit en fait de trois thématiques complémentaires qui figurent parmi les préoccupations futures du groupe. Le respect de l’environnement au sein de l’usine qui devra produire 100.000 voitures en 2019 et le double en 2023, est une préoccupation majeure pour l’entreprise qui table en même temps sur un véhicule hybride plus économe et respectueux de l’environnement. D’ici juin prochain, précise Allano, un programme scientifique doit être prêt avec la possibilité d’intégrer d’autres industriels, un choix d’intégration et de partage de technologie qui peut aboutir à des économies d’échelle.

Et Ouzzagaden d’attirer l’attention, dans le même sillage, sur l’impact industriel et le transfert des idées que les openlabs peuvent avoir sur l’industrie. Dans l’autre sens, les industriels, à partir des problématiques qui les taraudent, fournissent vision et pistes de recherche et d’innovation aux openlabs. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Lahcen Daoudi, qui ne raterait pour rien au monde ce genre d’événements, a mis l’accent sur le rôle de hub technologique que le Maroc peut jouer en Afrique. Pour lui, le partage de la science est encore plus important que celui de la richesse entre le Nord et le Sud. Dans le même sens, l’ambassadeur de France au Maroc, Jean-François Girault, a qualifié le projet de vrai succès à même de produire des résultats brillants dans un avenir proche.


 

80% d’intégration locale

PSA Peugeot Citroën, qui a signé récemment une convention pour la construction d’une usine à Kénitra sur 20 hectares extensibles, a marqué par la même occasion sa nouvelle politique de rupture avec les années difficiles. Il y a deux ans, le groupe a mis en place un programme de recovery lui permettant un retour au profit. Pour PSA, le Maroc est stratégique dans la mesure où, après le marché chinois qui lui a permis de renflouer ses caisses, l’Afrique et le Moyen-Orient représentent un troisième pilier pour le vrai décollage du constructeur. L’usine du Maroc est spéciale à plus d’un titre et s’inscrit dans la nouvelle vision du groupe. C’est la première fois que l’intégration locale devra atteindre un record de 80%. Une aubaine pour le développement d’un tissu fournisseur d’envergure au Maroc, inauguré par Renault.






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