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Que reste-t-il à nos patrons ?

Quand tout va bien, d’aucuns rêvent de se lancer dans l’entrepreneuriat et de coiffer la casquette de chef d’entreprise. Sauf que, par les temps qui courent, ce statut ne fait plus rêver et ces businessmen ne sont nullement à envier. Ces derniers ont à jongler entre l’impératif de maintenir les emplois, de recouvrer les créances, de faire tourner le business…le tout, dans une conjoncture des plus incertaines. Abstraction faite de leur taille, les sociétés ont été absorbées par le tourbillon de la restriction budgétaire avec un effet boule de neige sur leurs fonds de roulement. Et, même si la, ô combien salutaire, solution de déclaration des employés auprès de la CNSS a été déployée, les patrons sont parfaitement conscients que cette option est temporaire. Ils savent pertinemment, aussi, qu’elle est loin de résoudre leurs tracas.

Reste les autres Damane TPE et Damane Relance, dira-t-on. La bouée de sauvetage, en devient-elle ainsi plus fiable ? Rien n’est moins sûr ! Décrocher de nouveaux contrats, recouvrer leurs créances, et vite, trouver des débouchés à leurs produits ; c’est de cela que les chefs d’entreprise ont besoin. Les résultats du baromètre de la CGEM sur les retombées de l’actuelle pandémie sur les affaires sont, à ce titre, très instructifs. Les délais de paiement se sont rallongés de 52 jours, alors même que les scores en la matière n’étaient guère florissants avant l’avènement de la crise. Et, preuve que les patrons ne voient pas encore le bout du tunnel : 19,7% des entreprises sondées s’attendent à une augmentation de plus de 90 jours, 9,4% de 90 jours, 15,6% de 60 jours, 12,1% de 45 jours et 14,8% de 30 jours. Le cash n’est donc pas prêt de tourner à nouveau dans les rouages du circuit entrepreneurial. Que reste-t-il donc à nos patrons ? Espérer, certes, mais agir surtout. Ils n’ont d’autres alternatives que d’innover, se diversifier, se restructurer. La résilience viendra par la capacité de ces patrons à tracer des plans d’actions solides et viables, à les tester en minimisant les impacts sur leurs structures et à faire preuve d’agilité extrême pour corriger le tir, sans se lasser et sans baisser les bras.


Meriem Allam / Les Inspirations ÉCO






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