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PLF: Marocains, souriez, vous êtes (sur)taxés !

EDITO. Malgré l’urgence imposée par la conjoncture actuelle au processus d’adoption du projet de loi de Finances (PLF), il est fort à parier que le Budget 2021 suscitera des controverses.

À peine est-il passé des mains du gouvernement pour atterrir chez les députés, que ce PLF a déjà réussi à en fâcher plus d’un. En cause, le volet fiscal.


Covid-19 et dommages collatéraux obligent, ni les entreprises ni les ménages ne se sentent prêts à être davantage taxés, quand bien même cela serait fait au nom du sacro-saint principe de la solidarité. Sur toute la ligne, les Finances ont été malmenées par les effets pervers de la pandémie et les caisses publiques ne font pas exception. Cela, tout le monde en est conscient, certes.

En revanche, le sacrifice suscite souvent l’indifférence. En effet, au nom de la solidarité, le gouvernement propose de surtaxer de 5% les cimentiers, les pétroliers et les opérateurs télécoms. Ces opérateurs seraient-ils les plus riches ? L’on a vu d’autres secteurs économiques, hormis les trois précités, vanter leur forte résilience face à la crise. Ils ne figurent pourtant pas dans cette short-list !

Par ailleurs, pour toutes les autres branches d’activité, les entreprises devront concéder 2,5% de taxation dans la mesure où elles auraient réalisé plus de 5 millions de DH en 2020. Une sorte de renvoi d’ascenseur à l’économie nationale. Les personnes physiques ne sont pas en reste. Dès lors que votre salaire net mensuel est de l’ordre de 10.000 DH et plus, vous serez surtaxés de 1,5%. Ces concessions ont un air de déjà-vu. Rappelons-nous, à la base, les taxes de solidarité ont été activées pour une année, puis une autre… au fil des lois de Finances. Maintenant que la Covid-19 est parmi nous, et ne semble pas se tasser de sitôt, la solidarité est plus que jamais sollicitée pour pouvoir fournir au gouvernement de quoi soutenir les populations démunies et renflouer les caisses publiques. En attendant de voir le sort que les parlementaires réserveront à ces dispositions, gardons le moral ! C’est pour la bonne cause. 

Meriem Allam / Les Inspirations Éco






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