Culture

Patricia Defever : « Le confinement nous a permis de nous digitaliser »

Patricia Defever. Directrice générale de la maison d’édition Langages du Sud

La nouvelle série animée 3D Lina et Adam récolte les louanges de la critique. Langages du Sud a développé ce projet avec le soutien du programme Afrique créative de l’Agence française de développement. Cette adaptation de la collection jeunesse éponyme, qui propose un contenu ludique et pédagogique destiné aux enfants de 3 à 8 ans, a été pour la première fois diffusée le 22 octobre. Rencontre avec Patricia Defever, directrice générale de Langages du Sud…


Comment est née l’idée de créer une série 3D ?
L’idée de Lina et Adam nous est venue il y a un certain temps déjà. Il y a quatre ans, une collection pour enfants a vu le jour suite à une rencontre avec deux petites filles à Sidi Moumen. Elles lisaient dans un bibliobus. J’avoue qu’en les voyant lire, je me suis dit qu’il n’était pas normal que ces petites filles n’aient pas de personnages marocains qui leur racontent une petite histoire pour mieux comprendre les richesses de leurs pays, l’univers qui les entoure, de façon à grandir avec des histoires d’enfants du Maroc. C’est ainsi qu’est arrivée cette collection, et j’ai très vite eu envie d’en faire des dessins animés. Lina et Adam ont donné lieu à plusieurs livres ; plusieurs racontent le Maroc, mais aussi l’activité sportive, les citoyens, le cycle de l’eau. L’important est de raconter aux enfants ce qui les entoure, la richesse du pays et le quotidien.

Comment s’est concrétisé le projet ?
Nous avons répondu à un appel à projets lancé par l’Agence française de développement dans le cadre d’Afrique créative, programme destiné au continent pour valoriser les institutions culturelles. Quatre pays ont été sélectionnés, dont le Maroc. C’est dans ce cadre que nous avons pu faire ce que nous voulions : adapter nos livres en dessins animés, et lancer un studio de production et de 3D au sein de Langages du Sud, de sorte à développer cette expertise chez nous. Nous avons réalisé notre rêve : maintenant Lina et Adam peuplent des livres, des audios que nous avons diffusés pendant le confinement gratuitement auprès des enfants. La série animée a enfin pris forme. Le premier épisode est Lina et Adam font du sport pour montrer aux enfants l’importance de ce dernier, de ses valeurs importantes, à l’instar de la mixité, du courage, de l’effort et du partage. Puis on s’amuse !

À quel point est-ce ludique pour les enfants ?
Les livres sont déjà distribués, partagés, diffusés et les enfants aiment beaucoup les personnages. L’objectif est à la fois ludique et pédagogique, le but est d’apprendre en s’amusant. C’est vraiment l’objet de notre série, notre projet, et c’est pour cela que nous l’avons fait.

Comment s’est fait le passage du livre à l’image ?
Passer du livre à l’image demande énormément de travail; c’est une véritable transformation d’entreprise. Nous étions déjà une société d’édition, mais aussi de production de contenus. Nous sommes à présent une société de production, avec un studio qui fonctionne. Nous sommes passés du livre à différents formats multimédias : digital, 3D. Depuis que nous avons créé Langages du Sud, nous nous sommes engagés auprès de la jeunesse à contribuer, à notre petite échelle, à l’éducation et à la culture des enfants du Maroc qui ont la chance d’être dans un pays d’une grande richesse. Il ne faut pas oublier de partager avec eux ces richesses, de leur expliquer ce qui se passe autour d’eux. Nous sommes aujourd’hui dans une démarche pilote, nous opérons un démarrage. L’objectif est de les diffuser dans plusieurs villes au Maroc, puis dans plusieurs pays. Les débuts sont toujours très compliqués. Cela a aussi été le cas lorsque la collection enfants est née. Elle est maintenant lancée, elle s’installe. Ce projet entrera dans le même cycle.

Comment se porte le monde de l’édition post-Covid-19 ?
Nous sommes à la frontière entre l’édition et la production. Je ne peux pas parler pour tout le monde. Je sais c’est que c’est compliqué, la vente en librairie au Maroc a été complexe. Maintenant, je crois qu’il y a des gens qui arrivent à lire, d’autre pas. Cela dépend des secteurs, de la cible. Nous en avons profité pour nous adapter, pour faire basculer l’entreprise dans un monde plus numérique, plus digital. Le confinement nous a permis de nous digitaliser.

Le livre a-t-il été sauvé par le confinement ou non ?
Le confinement a, comme pour beaucoup, ralenti notre activité. Mais nous en avons profité pour développer d’autres produits, notamment les audios. Nous nous sommes tournés vers les enfants. Nous avons publié un livre de dessins sur le confinement à partir d’un concours destiné aux enfants. Nous avons lancé un concours de photos. Notre activité est multiple, nous ne sommes pas restés sur l’ouvrage. Nous avons cherché, à travers la culture, à «animer» nos cibles.

Avez-vous d’autres projets de séries ludiques et éducationnelles ?
Nous avons d’autres projets orientés vers d’autres cibles. Lina et Adam est la suite de l’aventure, mais aussi le début d’une autre pour Langage du Sud, une aventure passionnante. J’ai une équipe jeune et dynamique, c’est ce qui me porte. Je suis entourée d’une jeunesse fière de son continent et de tout ce qu’elle peut y faire.

Jihane Bougrine / Les Inspirations Éco






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