Maroc

Opération sauvetage de l’hôpital public

Nouvelle tentative de sauvetage de l’hôpital public. Anas Doukkali s’essaie à la réforme hospitalière en lançant des groupements hospitaliers territoriaux. 

C’est depuis Agadir que le ministère de la Santé a choisi de lancer sa réforme des hôpitaux. Le choix de la capitale du Souss n’est pas fortuit. La ville est la porte d’entrée vers un vaste désert médical qui se prolonge dans le Sud marocain. Sur cette moitié du territoire national, aucun CHU n’existe encore. Le projet de CHU d’Agadir avance lentement. En annonçant cette réforme depuis Agadir, le ministre de la Santé tente d’installer son nouveau modèle d’organisation hospitalier, baptisé Groupement hospitalier territorial (GHT). Que se cache-t-il derrière cette dénomination? Cette énième réforme pourra-t-elle sauver un corps souffrant depuis les années 80?


Le numérique à la rescousse
«Le GHT s’inscrit dans la modernisation de l’administration hospitalière et la mutualisation des ressources pour améliorer le service rendu au citoyen et assurer un accès égal aux soins sécurisés et de qualité sur l’ensemble du territoire, et développer des modes de prise en charge innovants. Le GHT sera la porte d’entrée vers une autonomie efficiente des établissements hospitaliers, condition nécessaire à leur développement», espère le ministre dans son allocution d’ouverture au forum «Hôpital public du futur» qui se tient les 24 et 25 janvier à Agadir.

Pour arriver à cet objectif, les structures de soins de différents niveaux doivent dépasser d’importantes contraintes pesant sur le système de santé dans sa globalité (voir point de vue du ministre). Ce forum aborde plusieurs thèmes au cours des deux journées de travail et a retenu 4 axes primordiaux, à savoir la gouvernance hospitalière, l’hôpital numérique, l’hôpital et le développement durable et, enfin, l’approche servicielle. Cet hôpital public du futur aspire à s’inscrire «dans une démarche respectueuse de l’environnement vu l’importance de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD) et la préparation, en concertation avec les départements ministériels, de 22 plans d’action sectoriels de développement durable (PADD)», souligne le ministre. L’organisation de ce forum s’inscrit «dans la logique de construction collective de la politique de santé, particulièrement la politique hospitalière qui puise ses fondements dans la Constitution de 2011 et les Hautes instructions royales», ajoute le ministre. L’objectif est toujours «d’améliorer la performance de nos hôpitaux et d’augmenter leur réactivité face aux besoins de santé». Cette réforme s’inscrit aussi dans un cadre sectoriel, celui du «Plan Santé 2025», qui regroupe 3 piliers, 25 axes et 125 mesures, adopté par le ministère de la Santé. «Ce plan a pour objectif d’aboutir à un système de santé homogène, avec une offre de soins organisée, de qualité et accessible à tous, soutenu par des programmes de santé efficaces», rappelle le ministre.

Il est à noter que ce forum s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à la réforme du secteur de la santé (PASS II), financé par l’Union européenne. Ce programme est doté d’un budget de 100 millions d’euros et a débuté en novembre 2015. Quatre objectifs ont été retenus: un accès équitable aux soins de santé primaire, l’amélioration de la gestion et le renforcement des compétences du personnel de santé, l’amélioration de la gouvernance et, enfin, le développement d’un système d’information sanitaire intégré, informatisé et accessible. 


Anas Doukkali
Ministre de la Santé

Les dysfonctionnements qui plombent la Santé

«Ce forum s’inscrit dans un long et important processus de réflexion entamé à la Direction des hôpitaux et des soins ambulatoires sur les possibilités d’amélioration du mode de fonctionnement et d’organisation de l’hôpital public dans les années à venir. Le contexte hospitalier est marqué par plusieurs faiblesses et dysfonctionnements qui constituent des entraves à la réalisation d’une bonne performance hospitalière vis-à-vis du citoyen, à l’instar de la restriction budgétaire, de l’autonomie financière limitée, de la sous-utilisation des ressources disponibles, de l’insuffisance de critères d’allocation des ressources, du pouvoir limité des responsables, des difficultés de coordination entre les différents hôpitaux, de l’hétérogénéité du système d’information, du problème de la qualité et de la sécurité des soins et des services, de l’insuffisance des procédures et protocoles thérapeutiques. 

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