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09-12-2019 15:44

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L'actuelle Constitution  avait été  approuvée par le régime militaire  le 11 septembre 1980,  pour que les secteurs conservateurs de la société puissent se maintenir au pouvoir, y compris après la fin de la dictature. La ratification de la nouvelle Constitution s'effectuera au suffrage universel, avec vote obligatoire pour l'occasion.

"La Constitution de la dictature meurt et une démocratie naît".

Le  Chili fait face à des manifestations qui ont fait 22 morts et plus de 2.000 blessés en un mois. Ces contestations ont été déclenchées suite à la hausse du prix du ticket de métro à Santiago, et ont pris une ampleur sans précédent. Des milliers de chiliens se sont rendus dans les rues pour crier leur désespoir. 

Pour répondre aux revendications prônées par le peuple, les partis politiques sont parvenus vendredi à trouver un accord historique au Parlement, pour organiser un référendum en avril 2020 afin de réviser la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet.


"C'est une réponse de la politique au sens le plus noble du terme, la politique qui pense au Chili, qui prend son destin en main et qui assume ses responsabilités", a affirmé lors d'une conférence de presse le président du Sénat Jaime Quintana. Membre du Parti pour la démocratie, il s'exprimait aux côtés d'autres responsables de partis excepté le Parti communiste.

Après plusieurs heures de négociations au Parlement, la coalition gouvernementale de droite du président Sebastian Piñera et les principaux partis d'opposition ont signé un "Accord pour la paix et la nouvelle Constitution" prévoyant un référendum en avril 2020.

Celui-ci comportera deux questions: l'une sur la révision ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, selon Quintana.

Cette seconde question devra déterminer l'organe qui sera chargé de  rédiger la future Constitution, soit un congrès mixte, une idée soutenue par la coalition gouvernementale -- composé à parts égales de membres élus à cette fin et de parlementaires en exercice, soit une assemblée constituante intégralement composée de membres élus à cette fin, une idée soutenue par l'opposition.

Si le projet de révision est validé par référendum, l'élection des membres de l'une ou l'autre de ces instances se fera en octobre 2020, au suffrage universel en même temps que les élections municipales et régionales.

L'accord est intervenu au sein d'un Congrès où aucun bloc ne dispose d'une majorité des deux tiers nécessaire pour une révision constitutionnelle.

"Nous sommes heureux d'avoir pu conclure un accord qui marque une victoire contre la violence", a déclaré Jacqueline van Rysselberghe, présidente de l'Union Democratique indépendante, pilier de la coalition soutenant le président Piñera.

"Les gens ont été capables de faire bouger les barrières de la politique", a observé Catalina Perez, présidente de Revolución Democrática (gauche radicale). "Oui, nous pouvons rêver d'une Assemblée constituante".

"Cet accord constitue un premier pas, mais c'est un premier pas historique et fondamental pour commencer à construire notre nouveau pacte social dans lequel la citoyenneté va tenir un rôle prépondérant", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gonzalo Blumel.

La révision de la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), toujours en place dans sa majeure partie malgré le retour à la démocratie il y a trente ans, figure en bonne place dans les revendications des manifestants.


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