Maroc

«Moldiag, une solution au service de la santé au Maroc et en Afrique»

Abdeladim Moumen, lauréat du Prix de l’entrepreneuriat africain de la BMCE Bank of Africa

Abdeladim Moumen  a récemment été distingué lors de la 2e édition du Prix de l’entrepreneuriat africain décerné par la BMCE Bank of Africa. Il explique  les spécificités de son projet «Moldiag» qui a séduit les membres du jury international de ce prix et sur son utilité dans les progrès médicaux au Maroc et en Afrique.

Les Inspirations ÉCO : En quoi consiste votre projet qui a été primé lors de la 2e édition du Prix de l’entrepreneuriat africain ?
Abdeladim Moumen   : Le projet avec lequel j’ai remporté le premier prix consiste en le développement et la production des kits de diagnostic moléculaire pour plusieurs maladies prépondérantes aussi bien au Maroc qu’en Afrique, à savoir le cancer (cancer du sein, de la prostate, etc.) et les maladies infectieuses (tuberculose, hépatite C…). Ces kits de diagnostic sont caractérisés plus particulièrement par leurs coûts qui sont beaucoup plus bas que les kits commercialisés.


Quelle est son utilité pour les populations marocaines et africaines ?
Tous les kits de diagnostic qui sont utilisés pour l’analyse médicale au Maroc ou en Afrique sont importés de l’extérieur (de l’Europe ou des États-Unis) et même la plupart du temps des échantillons sont envoyés à l’étranger pour qu’ils soient analysés. Moldiag développe et produit des tests de diagnostics simples, précis et plus particulièrement avec un coût beaucoup plus bas que les kits qui existent sur le marché. Cela va résoudre un grand problème de santé publique du fait qu’il va simplifier pour la population marocaine et africaine l’accessibilité à ces tests médicaux coûteux. De plus, nos produits vont résoudre un problème de logistique et de devises pour les États.

Avez-vous déjà commencé vos activités et quelles sont ses perspectives de développement ?
Effectivement, nous avons déjà développé et validé techniquement et cliniquement trois kits de diagnostics moléculaires. Deux pour le cancer, à savoir le cancer du sein et la leucémie et un autre pour les maladies infectieuses Hépatite C et tuberculose. Ces kits seront mis sur le marché fin 2017. D’autres kits sont en développement : un pour le cancer de la prostate et d’autres pour le virus du SIDA et de l’hépatite B. Nous sommes aussi en train de développer des tests de diagnostic rapides (point of care) pour l’hépatite C, la tuberculose et le VIH.

En dehors de la BMCE Bank of Africa, avez-vous reçu l’appui d’autres organismes publics ou privés ?
Bien évidemment, Moldiag est le fruit de la recherche et du développement effectués au sein de la Fondation marocaine pour la science, l’innovation et la recherche (MASCIR) basée à Rabat. Moldiag est toujours incubé au sein de cette fondation, ce qui nous permet d’utiliser sa plateforme technique aussi bien pour le développement que pour la production. La fondation MASCIR est sous la tutelle du ministère de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique et sous la présidence du ministre Moulay Hafid Elalamy.

Quel regard portez-vous sur le développement de la recherche en biotechnologie au Maroc et en Afrique ?
Moldiag serait belle et bien la première startup au niveau du Maroc qui ait été créée à partir de la recherche et développement (en biotechnologie) effectuée au sein d’une institution marocaine (la Fondation MASCIR). C’est une première expérience au Maroc qui doit marcher pour que les autres en prennent exemple. Je pense qu’au niveau du Maroc, l’État fait beaucoup d’efforts pour faire avancer le domaine de la recherche scientifique avec la création de nouvelles institutions telle que MASCIR. Il y a effectivement beaucoup d’appels à projets pour le financement de la recherche et la R&D par plusieurs ministères et fondations telles que la Fondation Lalla Salma, le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère du Transport, de l’Environnement et autres départements publics. Cela me rend très optimiste pour l’avenir du développement scientifique et industriel au Maroc. Quant à l’Afrique, sérieusement, avec les visites que j’ai effectuées dans plusieurs pays africains, je pense que certains pays sont en avance par apport au Maroc dans ce sens, je cite ici le cas de l’Afrique du Sud et du Kenya. Je pense que pour qu’on puisse réaliser l’indépendance industrielle par rapport à l’Europe et aux États-Unis, il faut que nous fassions plus d’efforts pour développer la recherche scientifique dans tous les domaines qui est, à mon sens, l’élément primordial de tout développement économique et social.

Enfin, quelles sont les autres activités que vous exercez dans la vie ?
Je suis actuellement professeur et chef de projets en biotechnologie à la fondation MASCIR à Rabat. Je suis également CEO et fondateur de la startup Moldiag. Je suis docteur en biologie moléculaire et biochimie médicale. J’ai une expérience de plus de 15 ans dans l’exécution, le management et la direction de la recherche et développement dans le domaine de la biotechnologie moléculaire médicale à l’Institut Pasteur de Paris, l’Université de Cambridge et l’Université de Londres.  






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