Culture

Moga Festival. L’électro métissé d’Essaouira !

Du 11 au 13 octobre, le Moga Festival a accueilli de nombreux DJs de qualité depuis le Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa. Le festival qui célèbre la musique électronique et les cultures électroniques a su rythmé la ville selon les valeurs du vivre ensemble et du partage. Coulisses.


À Essaouira, ce weekend , le vent a été clément et le soleil au rendez-vous. Et pour cause, la ville accueillait son festival de musiques électroniques avec une programmation triée sur le volet. Tant l’après-midi sous le soleil, entre deux plongeons à la piscine, tant le soir depuis la piste de danse, les scènes se sont suivies, et ne se ressemblaient pas. Que ce soit la Pool, la Garden, le So ou la Terrasse, l’expérience est différente à chaque fois dans un festival international mais profondément marocain, réalisé pour les marocains et par les marocains. Même la scène nationale en témoigne. «Il y a une vraie identité. Aujourd’hui les Djs marocaines n’imitent personne, ils créent leur propre musique. C’est une question de timing. On est arrivé pile poile à ce moment là et on a profité de cette nouvelle mouvance. Le fait qu’on soient à Essaouira, une ville de culture, de musique, de cinéma, de série TV, de Gnaouas».

Naissance d’un festival humain
À l’instar des autres festivals, le Moga part d’un constat que la scène marocaine sert à meubler la programmation des grands évènements et qu’il serait temps de lui trouver un vrai refuge. «C’est avec Daox, notre petit frère et notre partenaire, qu’on a crée le festival. Et il nous a dit, dès le départ, que les festivals en manière générale, quand ils font appel aux marocains, c’est juste pour meubler. C’est une tendance générale. Il nous a dit, qu’il y avait des talents incroyables qu’il fallait prendre au sérieux. On a considéré cela. On a trouvé cela très intéressant», explique le fondateur du festival : Matthieu Corosine, à l’initiative des Dunes Électroniques de Tunis. «La Tunisie, pendant très longtemps, a été une destination électronique dans le monde. Une scène très développée», continue ce passionné de musique électronique, qui se familiarise avec cet univers il y a seulement de cela dis ans. Le natif du Guadeloupe qui a vécu en Martinique a des influences autres comme le Souk ou la variété française. Quand il arrive en France à l’âge de 18 ans, il ne connait rien à l’électro. Il l’a découvre de plein fouet, presque malgré lui. Il en fait même son métier. «Le Maroc a commencé par une scène psy transe. La scène a mis du temps à se développer. Et tout ce temps pour se développer, c’est du temps mis à s’inspirer de beaucoup de mouvements. Cela a crée un mouvement très créatif, très au fait de ce qui se fait en ce moment et c’est très juste», continue celui à qui on informe, qu’au Maroc, une petite ville portuaire accueille le casting de Game Of Thrones. «On arrivés là avec Benoit Geli, depuis les Dunes Electroniques de Tunisie où nous sommes en plein dans les décors de Stars Wars. On nous dit qu’à Essaouira, il y a les décors de Game Of Thrones. On vient pour cela dans un premier temps. On ne s’attendait pas à tomber sous le charme de cette ville chaleureuse». C’est comme ça qu’est né le Moga Festival…

Un pour tous, tous pour l’électro
Lorsque l’on déambule dans les couloirs du festival, que l’on cherche différentes sonorités des plus pointues et chargées à la Garden Stage aux plus accessibles aux Chill à la Pool en passant par les sons recherchés et originaux de la Terrasse ou les sons endiablés du Lounge, on se retrouve souvent né à né avec les équipes des autres festivals de musiques électroniques au Maroc. Entre eux, il n’y a aucune concurrence, juste de l’amitié et du respect. «Nous ne sommes pas nombreux, on ne se considère pas comme concurrents mais plutôt comme acteurs d’une nouvelle scène avec chacun notre ADN. On ne se parle pas beaucoup, on ne se concerte pas , on a tellement une vision des choses particulière qu’au final sans se concerter, on ne fait jamais la même chose». Ils se rencontrent dans les couloirs d’autres festivals du monde, et sans se concerter, mettent sur place des programmations aussi différentes que complémentaires.

«Chaque projet a son origine, sa genèse. Ce qui fait vraiment le Moga c’est le métissage. Dans l’équipe il y un belge, un franco-libanais né au Sénégal, un métisse martiniquais, un français, un marocain…Nous sommes une trentaine, il y des vietnamiens. Il y a de tout. Nous n’avons pas la prétention de faire un grand festival, nous voulons faire un festival cool !», continue le fondateur du festival qui avoue faire un festival où la qualité prime sur la quantité.

Ces voyageurs, ces organisateurs nomades vont à la rencontre du beau là où il se trouve , toujours à l’affût de nouveauté et d’originalité. «Il y a une telle offre dans le monde entier qu’il est très difficile de tirer son épingle du jeu. C’est un peu pour cela qu’on a choisit Essaouira parce qu’il y a une vraie histoire à raconter, un mode de vie à offrir», confie Matthieu Corosine qui se veut faire rencontrer les musiques électroniques et les musiques traditionnelles comme cette magnifique fusion entre Thomas et Julien de Bie du duo PARALLELLS qui ont offert aux festivaliers une fusion parfaite avec le maâlem Omar Hayat. Un Amine K possédé , un DAOX concentré , un Mr ID déchainé , un duo NOMADS qui ont fait voyagé , un Luca Bachietti survolté et amoureux du Maroc qui n’a pas hésité à affirmer que le «Maroc est le futur», une Blondish envoutante, un Chaim habité, des moments de musique que le festival n’oubliera jamais. Au contraire, il s’en servira pour revenir encore et toujours plus fort. Parceque le Moga est jeune et assume sa jeunesse. Il compte grandir et durer dans le temps, devenir encore meilleur comme le précise son fondateur : «J’ai hâte que l’on discute de l’édition 12 ! Parce que nous réfléchissons en phase, et le festival en est à sa première phase. La tête d’affiche du Festival c’est Essaouira, c’est l’ADN du festival. Nous , à terme, le festival ne s’arrêtera pas au Sofitel et ne durera pas que 2-3 jours, mais 10 voire 15 jours. On veut proposer une expérience. Et même sans venir au Sofitel, le festivalier aura fait son Moga! On a envie d’inviter des labels à investir des lieux dans la Médina, des collectifs d’artistes dans des Ryads en Arganeraie». Affaire à suivre. En attendant, à l’année prochaine.

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