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Migration. Bruxelles salue la coopération maroco-espagnole

Migration. Bruxelles salue la coopération maroco-espagnole

L’agence européenne de contrôle des frontières Frontex a félicité le Maroc et l’Espagne pour leurs efforts en matière de réduction des flux migratoires.

L’exemplaire coopération maroco-espagnole en matière de gestion des flux migratoires commence à donner des fruits. Selon l’agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes, Frontex, grâce à ce partenariat entre Rabat et Madrid, les flux migratoires via le détroit de Gibraltar ont accusé un recul de 58%. Lors d’une récente réunion à Bruxelles, le président de l’agence européenne, Fabrice Leggeri a signalé que cette baisse significative, après deux années records en 2017 et 2018, est attribuée à la bonne coopération entre Rabat et Madrid en matière de lutte contre l’immigration irrégulière.

Le gendarme européen en chef a souligné que cette vigilance maroco-espagnole a fait en sorte que la route de l’Europe orientale soit la plus sollicitée. Les mafias des réseaux migratoires ont redirigé leur activité vers la Grèce,   porte d’entrée la plus convoitée l’année dernière par les migrants irréguliers.

Cette reconnaissance de la part de cette instance européenne conforte le chef du gouvernement Pedro Sanchez dans ses choix. Celui-ci a fortement misé sur la coopération maroco-espagnole pour freiner les flux migratoires. Le gouvernement socialiste est entré même en confrontation avec Bruxelles pour dénoncer la bureaucratie communautaire à l’heure de soutenir les efforts du royaume pour combattre ce phénomène. En effet, Madrid n’a eu de cesse de réclamer des fonds et des aides permanentes à l’adresse du gouvernement marocain pour faire face aux hordes migratoires.

«Le fléchissement des arrivées des candidats à l’immigration irrégulière est un objectif qui paraissait difficile à atteindre», a déclaré ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Marlaska au journal El Pais.

Au total, 139.000 candidats à l’immigration irrégulière ont foulé le sol européen en 2019, en recul de 6% en comparaison avec 2018, s’enorgueillit Frontex. C’est le chiffre le plus bas depuis 2013. En Espagne, 24.000 migrants ont essayé de rejoindre les côtes andalouses durant l’exercice précédent contre 64.000 en 2018.

Dans le cas du voisin ibérique, la dégringolade des arrivées est de l’ordre de 58%. Des données qui battent en brèche le discours haineux et anti-migration que profère le parti d’extrême droite espagnol, Vox, contre le Maroc. Le royaume est accusé, à tort, par cette formation de favoriser l’immigration irrégulière. Reste à savoir quelle sera la position du nouvel allié du parti socialiste concernant la question du refoulement aux frontières. Déjà, le ton est donné et l’on a assisté le week-end dernier à la première opération de refoulement aux frontières depuis l’avènement de ce nouveau cabinet d’alliance .

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La formation de Pablo Iglesias rejette catégoriquement le refoulement à chaud des migrants qui accèdent via les enclaves de Sebta et Melilla. Le parti d’extrême gauche a dénoncé, en maintes occasions, ce refoulement qui ne permet pas aux migrants d’étudier leurs cas. Une pratique certes en totale violation des lois européennes sur le droit d’asile et le principe de non-refoulement mais que les derniers gouvernements espagnols ne cessaient de réclamer au Maroc.

De fait, les autorités marocaines se sont toujours opposées à réadmettre les migrants interceptés aux abords des clôtures par les agents espagnols. Ce n’est qu’après des négociations au forceps que Rabat s’est résolu à les accueillir.


Cap sur l’archipel canarien

Si Frontex se réjouit, a priori, de cet exploit, à savoir une baisse drastique des arrivées de migrants, la situation reste alarmante. La pression migratoire n’a pas baissé mais s’est réorientée vers une nouvelle route. Au moment où le passage du détroit de Gibraltar enregistre une chute remarquable, celui de l’Atlantique acheminant les migrants vers les îles Canaries a le vent en poupe auprès des passeurs. Ceux-ci ont toujours eu une longueur d’avance sur les autorités et savent s’adapter aux aléas du temps. C’est la triste réalité du phénomène migratoire car en accentuant la vigilance sur l’axe du détroit, les mafias ont fini par chercher une autre alternative. Selon les données, les arrivées via la voie canarienne ont grimpé jusqu’à 90%. De plus, l’on estime qu’environ 2.500 candidats ont atteint les côtes insulaires durant l’exercice précédent. Un phénomène inquiétant d’autant plus qu’il s’agit de la route la plus meurtrière au vu des forts courants maritimes sur ce passage et de la grande distance qui sépare le point de départ de celui d’arrivée. Les autorités espagnoles craignent que l’archipel ne soit la nouvelle porte d’entrée vers l’Europe, à défaut de pouvoir le faire via les côtes andalouses. L’on parle même d’une nouvelle crise à l’image de celle vécue en 2006 sur les îles canaries, année où l’archipel a connu une déferlante migratoire sans précédent qui s’est soldée par l’accueil de plus de 31.000 migrants irréguliers.

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