Culture

Mica, la leçon d’humanité d’Ismaël Ferroukhi

Au dernier Festival du film francophone d’Angoulême qui s’est tenu du 28 août au 2 septembre, une oeuvre d’une belle sincérité a séduit et touché le public. Il s’agit du film Mica du réalisateur francco-marocain Ismaël Ferroukhi, véritable ode à l’espoir d’une vie meilleure pour un enfant dont l’avenir se lit dans les yeux.

Saïd, un enfant pauvre de Meknès âgé d’à peine 12 ans, se débrouille pour aider sa famille en vendant des sacs en plastique au marché. C’est pour cela qu’il finit par être surnommé Mica. Un jour, Hajj Kaddour vient le chercher pour l’employer dans un club de tennis à Casablanca. Il devient le factotum de Monsieur Slimani, propriétaire du club, et subira les humiliations de la part d’enfants loin de son milieu social. Des jugements et une méchanceté gratuite qui constitueront un obstacle à son désir de changer de vie, de réussir grâce au tennis. Alors que le propriétaire du club veut faire de son fils un futur champion malgré l’absence de talent, la coach voit en Mica la perle rare.


Orgueil et préjugés
Si le film pointe du doigt la panne de l’ascenseur social au Maroc, le réalisateur n’opte pas pour le misérabilisme. Il voit de l’espoir et de la lumière partout. «Chacun de nous détient au fond de lui une force, un pouvoir magique qui peut faire des miracles. Cette force, c’est la force de la volonté. Elle nous permet de croire en nos rêves les plus fous. C’est ce pouvoir de croyance que Mica a su développer grâce à son rapport à la nature, au ciel, aux oiseaux. Mica porte en lui cette particularité qui lui permet de voir le monde différemment et d’avancer malgré les difficultés. C’est aussi grâce à cette force de croyance que Mica va se dépasser et réaliser l’impossible. Cette caractéristique du personnage est déterminante pour moi. Elle apporte au film, une dimension poétique à laquelle je suis attaché», précise Ismaël Ferroukhi qui avait déjà transmis ces messages dans ses précédents films comme Le Grand voyage et Les Hommes libres. Dans Mica, le point de vue du jeune garçon est d’autant plus touchant et fort qu’il ouvre tous les champs du possible. On le suit dans ses questionnements, ses doutes, sa détermination, sa belle naïveté. «Mica sera aussi un film plein d’espoir, car le Maroc est un pays qui évolue en dépit des difficultés ; sa société est en pleine mutation. Malgré les obstacles auxquels Mica est confronté, je veux montrer qu’il est possible de rêver d’une vie meilleure sans nécessairement avoir à fuir le pays. Il me semble également important de montrer le rôle que le sport peut jouer comme vecteur d’ascension sociale dans les sociétés contemporaines. Même s’il est clair que l’enjeu pour Mica dépasse largement celui du sport. Le milieu du tennis est, pour moi, un lieu idéal de confrontation entres les différentes classes sociales qui composent la société marocaine.»

Des personnages touchants
Le film est porté par le jeune Zakaria Inane, un acteur non professionnel que la caméra adore. D’une grande sensibilité, et sans effort aucun, cet acteur-né donne au personnage de Mica toute sa dimension. Les regards, les intentions, les non-dits, les gestes, tout est d’une justesse déconcertante. Sabrina Ouazani, quant à elle, éclate de fraîcheur dans le rôle d’un coach de vie, une Sophia blessée dans son cœur après avoir dû arrêter sa carrière subitement. L’actrice française, qui a le vent en poupe, insuffle cœur et courage à son personnage désireux d’aider Mica à réussir. Mohamed Az Elarab est Hajj Kaddour. Homme à tout faire du club de tennis privé, il est responsable de Mica qu’il va initier à ses nouvelles tâches. C’est aussi un père de substitution qui voit en lui le petit garçon qu’il a été. «Avec Mica, je souhaitais réaliser un film universel qui s’adresse aussi bien aux enfants et adolescents, qu’aux adultes. C’est un film familial, un récit d’apprentissage. C’est aussi un sujet plein d’espoir, de solidarité et d’humanité, ce qui me paraît essentiel aujourd’hui. Pour toutes ces raisons, ce projet me tient particulièrement à cœur.»

Jihane Bougrine / Les Inspirations Éco






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