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Les praticiens boudent la santé publique. Les concours organisés par le département de la Santé n’intéressent plus les professionnels. Le secteur vit une tension sociale sans précédent.

Paradoxal ! C’est le moins qu’on puisse dire pour décrire la situation du recrutement des médecins généralistes dans le secteur public. Les postes budgétaires sont en nette augmentation. Ils sont passés de 1.500 en 2018 à 4.000 postes en 2019. Une évolution qui s’accompagne par le lancement de divers concours nationaux. Sauf que le département de la Santé ne trouve pas assez de médecins pour servir dans les hôpitaux régionaux, provinciaux et les centres de santé dans l’urbain et surtout dans le rural.

«La Santé a organisé un concours cette année pour recruter 500 médecins généralistes. Seuls 195 médecins se sont présentés au concours et uniquement 100 d’entre eux ont réussi ce concours professionnel», affirme à Les Inspirations ÉCO Dr Mountader El Alaoui, président du Syndicat indépendant des médecins du secteur public (SIMSP).

Face à cette situation, un deuxième concours a été organisé en mai dernier. «L’échec était patent. Les médecins ne souhaitent plus rejoindre la fonction publique dans les conditions d’exercice actuel», avance notre interlocuteur. Le ministère risque de perdre ainsi 400 précieux postes budgétaires. Si des solutions innovantes permettant une amélioration des conditions de travail des professionnels de santé ne sont pas trouvées, la crise aiguë en matière des RH dans le secteur devrait perdurer encore pendant des années.

«Sauve qui peut»
Pour ne rien arranger, les médecins en fonction affichent des velléités de départ du secteur public. Le SIMSP brandit un chiffre glaçant : «Nous avons collecté 1.000 démissions auprès des médecins. Les professionnels n’en peuvent plus de travailler dans ces conditions indignes». Ces menaces de départ sont toutes rejetées par l’administration de la santé. Une vague de départs d’une telle ampleur (7% de l’effectif global) constituera un arrêt de mort pour le secteur de la santé publique et surtout de proximité. Les syndicats font-ils du chantage ? «Jamais un médecin marocain n’osera agir ainsi. Bien au contraire, nous sommes particulièrement engagés auprès du secteur public et des patients. Notre combat est d’abord pour sortir la Santé d’une situation de mort cérébrale», répond le dirigeant syndical. Anticipant le refus des démissions de la part du ministère de la Santé, des médecins se réorientent vers la formation continue et une carrière dans les CHU. «Des médecins généralistes souhaitent chaque année passer le concours de résidanat pour compléter leurs études. Encore une fois, le ministère bloque cette voie pour ceux qui souhaitent approfondir leurs études», regrette El Alaoui du SIMSP.

Le ministère exige pour tout médecin généraliste de trouver un remplaçant qui acceptera de prendre son poste. «Cette condition anormale a été assouplie l’an dernier suite à une décision du secrétaire général du ministère. Or, aujourd’hui nous sommes surpris du volte-face de l’administration », proteste El Alaoui.

Le ministère argue sa position par la faiblesse du recrutement évoqué ci-haut. Le département ne peut ainsi libérer des profils pour aller rejoindre la formation aux CHU. D’autant plus que seuls 200 médecins spécialistes rejoindront le secteur public. «C’est très faible pour pouvoir répondre aux besoins du secteur. Ce chiffre contredit les annonces faites par le ministère depuis des mois», poursuit El Alaoui.

Pour leur part, les médecins internes qui souhaitent rejoindre l’enseignement supérieur ne sont pas satisfaits non plus. L’absence d’assez de postes de «Professeur assistant» dans les facultés de médecine publique explique cette situation. L’absence de suffisamment de passerelles dans la carrière des médecins du public et la dégradation continue des conditions d’exercice rend l’ambiance au sein des RH dans le secteur tendue. À l’extérieur, les médecins fraîchement diplômés ou exerçant dans des structures privées se trouvent ainsi peu séduits par une carrière dans le public. Au final, ces multiples conflits, un brin corporatistes, pèsent lourdement sur la qualité des soins et prestations proposés dans l’hôpital public…


Canicule sociale
Le SIMSP promet un été chaud pour le ministre de la Santé. Le syndicat annonce «une semaine de colère» entre le 22 et 28 juillet avec l’arrêt de tous les diagnostics médicaux, la délivrance des attestations divers et une grève dans les services de réanimation et des urgences les 15, 16, 19, 22 et 23 août. Le syndicat annonce une marche nationale et le port de brassards et blouses noirs.

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