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Maroc-Rwanda : Les fruits de la visite de Paul Kagame

Maroc-Rwanda : Les fruits de la visite de Paul Kagame

Après le séjour de deux jours au Maroc du président rwandais, Rabat et Kigali mettent le cap sur la coopération économique. Les entreprises marocaines entendent faire du Rwanda leur hub en Afrique de l’Est.

Le Rwanda, futur hub est-africain des entreprises marocaines ? Telle est la volonté exprimée au président rwandais par les dirigeants de grands groupes marocains qui l’ont rencontré le 21 juin lors de son séjour de deux jours au Maroc. Étaient présents à cette rencontre restreinte, en plus du chef de la diplomatie marocaine, Salaheddine Mezouar, les patrons de Casablanca Finance City, d’Attijariwafa bank, du laboratoire Cooper Pharma, ainsi que du groupe Palmeraie. Après Saham, l’un des rares champions nationaux à s’activer sur le marché rwandais de l’assurance depuis l’acquisition en 2014, et de BMCE Bank Of Africa depuis 2015, ce sont donc les secteurs des services, de la banque, de l’immobilier, du tourisme et de l’industrie pharmaceutique qui se mettent en branle.

Projets en cours
«Dans une logique de percer le marché rwandais, certains [groupes] sont en train de prospecter, alors que d’autres pourraient passer à des étapes supérieures dans la réalisation de leurs projets», indique un responsable qui a pris part à ce face-à-face avec la délégation rwandaise. Plus concrètement, le laboratoire Cooper Pharma étudie la faisabilité d’une unité industrielle au Rwanda. Celle-ci serait destinée à être une plateforme régionale pour tous les pays d’Afrique de l’Est. Pour sa part, Attijariwafa bank entend mettre le cap sur cette région majoritairement anglophone. La visite du président Paul Kagame était l’occasion d’avancer dans cette nouvelle orientation en faisant du Rwanda une des probables premières destinations du groupe dans cette partie de l’Afrique. Il reste toutefois à déterminer le timing de ces futures implantations.

Quête d’investissements
Du côté de Kigali, les offres de la partie marocaine semblent être les bienvenues. La partie rwandaise est en pleine manœuvre pour attirer les investisseurs étrangers. Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères et de la coopération a ainsi exprimé son souhait d’intensifier les échanges entre les deux pays et de procéder à un échange d’expériences en matière d’investissement. Mais, en dehors de ces vœux pieux, Rabat et Kigali doivent baliser le terrain sur le plan juridique, avec la mise à jour, voire la conclusion de nouveaux accords bilatéraux pour encourager les investissements de part et d’autre. Cette perspective laisse croire que le séjour de la délégation de Paul Kagame à Casablanca est annonciateur de prochaines rencontres au sommet entre les deux pays pour solidifier la base de cette coopération économique balbutiante.

Abdelilah Benkirane,
 Chef du gouvernement marocain

Le président rwandais a exprimé la détermination de son pays à renforcer ses relations bilatérales avec le Maroc. Il a également émis le souhait de voir son pays tirer profit de l’expérience du royaume dans plusieurs domaines, particulièrement en cette phase où le Rwanda connaît une importante dynamique économique et sociale.

Louise Mushikiwabo,
Ministre des Affaires étrangères et de la coopération du Rwanda

 Nous avons examiné un certain nombre d’accords bilatéraux et mémorandums d’entente qui ont été négociés entre les deux pays afin de fournir un cadre juridique et diplomatique adéquat aux ressortissants des deux pays désireux de faire des affaires.

Mohamed El Kettani,
PDG d’Attijariwafa bank

La rencontre avec le président Kagame constitue une occasion pour un certain nombre d’opérateurs économiques qui s’intéressent à l’Afrique de l’Est, de présenter leurs réalisations dans le continent et réitérer la disposition du secteur privé à renforcer la coopération financière et économique avec le Rwanda, l’une des meilleures portes d’entrée de l’Afrique de l’Est.


 

Quid de la question du Sahara ?
Faut-il le rappeler, le Rwanda, à l’instar d’une dizaine de pays africains anglophones et de l’Union africaine (UA), reconnaît encore la «RASD». Lors de sa visite au Maroc, la question du Sahara a probablement figuré au menu des entretiens de Paul Kagame avec le roi Mohammed VI. Les deux parties n’ont cependant laissé filtrer aucune information dans ce sens. La grande question est de savoir si le Rwanda va changer de position sur ce dossier en rejoignant le camp du Maroc ou pas. Malgré sa reconnaissance de la «RASD», Kigali soutient la position de l’ONU en vue de parvenir à un règlement politique de ce dossier. Le pays, qui accueille le prochain Sommet de l’UA, à la mi-juillet, pourrait annoncer la couleur à l’occasion de cet événement. Une chose est sûre, l’avenir des relations économiques entre les deux pays dépendra en grande partie de la gestion du dossier du Sahara.

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