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Marché de l’immobilier : ce qui change avec le Covid-19 (étude)

Les crises bouleversent les comportements. C’est ce qui ressort du «Guide de l’immobilier édition spéciale Covid-19» publié par la plateforme des transactions immobilières Mubawab. Les professionnels sont ainsi amenés à s’adapter aux nouvelles exigences des futurs acquéreurs impactés par la crise sanitaire. La digitalisation reste une des premières pistes à creuser.

Après un arrêt brutal de l’activité de pratiquement 3 mois, il semble difficile de savoir quel visage aura le marché de l’immobilier après la fin du confinement et de l’état d’urgence. Cela est sans compter sur le «Guide de l’immobilier édition spéciale Covid-19» publié par le site Mubawab. Pour appréhender le comportement des potentiels acheteurs (intentionnistes) durant cette période de crise et de dégager une certaine tendance. Il en ressort que la crise a lourdement mis à l’épreuve la confiance des intentionnistes. Que ce soit la confiance vis-à-vis du promoteur, celle relative au projet, la confiance en l’administration ou encore en la pérennité de leurs revenus. Pour les équipes de Mubawab, l’incertitude a plutôt touché le pouvoir d’achat des ménages dont les revenus ont été impactés (chômage partiel, pertes de salaires…) et même pour ceux qui n’ont subi aucune perte de revenu. Leurs craintes quant à la pérennité des revenus font que leurs priorités d’investissement soient redistribuées. Ceci dit, le rapport de force semble changer de camp. Si l’investissement immobilier reste pour bon nombre d’intentionnistes une valeur sûre, l’acte d’achat devra se faire désormais sous certaines conditions.


Selon l’étude effectuée auprès de 2.000 intentionnistes, la demande sera plus attentive à certains attributs immobiliers et sera d’autant plus exigeante sur l’emplacement (80%), le prix (72%), la finition (40%), la superficie (37%), l’aménagement intérieur, notamment la présence d’un balcon ou d’une terrasse (15%), la réputation du promoteur (11%) et finalement la rentabilité locative (6%). Il faut dire que depuis le début du confinement, les exigences des potentiels acheteurs ont migré vers plus de confort, des envies d’espaces et de belles finitions même si les attributs principaux restent l’emplacement (proximité des lieux d’intérêt) et le prix.

D’ailleurs la dynamique de l’offre et la demande ont connu une mutation durant le confinement alors qu’un semblant d’équilibre a été établi en ce début d’année. Selon le nouvel indice des prix Mubawab (IPM), le mois de mars 2020 a été marqué par un recul de 7 points des prix des appartements à la vente. Un recul qui s’est atténué au mois d’avril avec un seul point de perdu. Avec le calcul des évolutions mensuelles, l’impact de la crise du Covid-19 a été fortement ressenti dans plusieurs villes du royaume.

Ainsi, les villes qui ont le plus souffert au niveau des prix au m², de manière immédiate, sont Oujda et Taghazout avec des baisses allant jusqu’à -3,8%. Cependant, Marrakech, Agadir, Meknès et Rabat qui subissent une grande pression au niveau de l’offre et de la demande, voient leurs prix au m² grimper (entre 2% et 5%). Les villes de Casablanca, El Jadida, Khémisset, Nador, Saïdia, Salé et Sidi Rahal restent les villes les plus stables avec des évolutions qui ne dépassent pas 1%. Au regard des données de la plateforme immobilière, cette tendance semble s’inverser au mois de mai avec une reprise de l’indice, ce qui compense sa perte et reprend 9 points et annonce de belles perspectives pour les mois à venir. De belles perspectives, certes mais les séquelles du confinement et de l’état d’urgence persistent. Entre la fermeture des bureaux de ventes, l’annulation des visites de logements ou même l’impossibilité pour les futurs acheteurs de s’enquérir des documents nécessaires pour réaliser la transaction immobilière, les professionnels n’ont d’autres choix que de s’adapter.

«La digitalisation des professionnels de l’immobilier n’est désormais plus une option mais un impératif», commente Kevin Gormand, CEO et co-fondateur de Mubawab.

L’étude a d’ailleurs révélé que si les outils digitaux le permettaient, 33% des acquéreurs (cible ayant déjà trouvé son bien immobilier avant le début du confinement) n’hésiteraient pas à recourir au digital pour simplifier les démarches d’acquisition (signatures électroniques de compromis, dépôts de dossiers, signature de l’acte notarié…). Dans le détail, 3 intentionnistes du pré-confinement sur 10 sont prêts à procéder à une réservation à distance, contre 2 sur 10 pour les intentionnistes post-confinement. La profession de son côté commence à mettre en place des rendez-vous visio ainsi que des visites virtuelles personnalisées. Une disposition qui, pour l’heure, sied aux futurs acquéreurs. 80% des intentionnistes du pré-confinement sont intéressés ou ont déjà effectué ce type de visites contre 81% des intentionnistes du post-confinement.

Pourtant pour Mubawab, la digitalisation peut avoir quelques limites dans la mesure où certains futurs acquéreurs expriment toujours le besoin d’une ou plusieurs visites sur place avant de pouvoir s’engager. Seulement 8% pensent que la visite virtuelle est suffisante pour avoir le coup de coeur ! 

Aida Lo
Les Inspirations ÉCO






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