Éco-Business

Managem brave la conjoncture

Le groupe parvient à préserver sa rentabilité grâce à l’appréciation notable du poids du cuivre et du cobalt dans le chiffre d’affaires du groupe qui représentent désormais plus de la moitié de ses revenus.

Managem s’en est plutôt bien sorti durant cette année et ceci après l’enchaînement de plusieurs exercices difficiles suite à une combinaison de certaines politiques de couverture mal anticipées ainsi que de retards relevés par rapport au développement de nouveaux projets miniers, en particulier en Afrique subsaharienne. De ce fait, «Managem est entrée en 2017 dans un cycle plus vertueux de croissance et de rentabilité», commentent les analystes de CFG Capital Markets. D’ailleurs, l’équipe d’Upline Equity Strategy recommande d’acheter le titre Managem et fixe un cours cible à 1.150 DH offrant une décote de 10% par rapport à son cours du 23 novembre 2018. Même discours positif du côté de CFG Capital Markets qui table sur un cours de 1.300, soit un potentiel de 23%.


Au terme du premier semestre 2018, le groupe minier a réussi à réaliser un chiffre d’affaires de 2,5 MMDH grâce à la forte contribution des activités cuivre et cobalt représentant 54% du chiffre d’affaires consolidé. Des activités qui viennent compenser le repli de la production de la filiale SMI, le bras argentifère du groupe. La croissance est également au rendez-vous au niveau des résultats opérationnels. Le résultat d’exploitation a progressé de 11% à 394 MDH. Le groupe avait, par ailleurs, conclu en 2017 un partenariat de 970 MDH avec Wanbao Mining afin de développer son projet minier en République démocratique du Congo. À ce stade, l’excédent brut d’exploitation du groupe a reculé de 2% à 879 MDH. Une baisse qui a pu être contenue à travers la confirmation des bons fondamentaux de l’activité cuivre et au renforcement de la production globale de cobalt et de zinc.

D’ailleurs, dans le cadre de sa vision stratégique à l’horizon 2020, Managem avait prévu de se renforcer notamment sur le cobalt. Sur le registre financier, le groupe devrait continuer à renforcer son assise bilancielle à travers la baisse de l’endettement consolidé du groupe, entamée depuis l’exercice 2017. En attendant, selon les estimations de CFG Capital Markets, Managem devrait entre 2018 et 2019 continuer à bénéficier d’une dynamique positive en termes de croissance grâce à la contribution croissante de la production d’or au Soudan. Des perspectives favorables sont également attendues pour les ventes de zinc, de plomb et des tonneliers (effets prix et volumes favorables). En somme, les ventes devraient augmenter de 3% par an en moyenne sur la période 2017-2019 avec une hausse de 0,5% pour 2018 et une évolution de 6,5% pour 2019. Par contre, la production de SMI devrait se placer encore une fois sur une pente baissière (les ventes de SMI en 2018 devraient chuter de 46% sur un an). Hormis cette contre-performance, Managem devrait bénéficier d’un effet de levier opérationnel pour voir son résultat d’exploitation et son résultat net croître respectivement de 9% et 25% par an en moyenne sur la même période.

Concernant le second semestre 2018, le discours est tout aussi optimiste. Cette période devrait être en effet marquée par une avancée significative dans la stratégie or du groupe à travers la finalisation de l’accord de partenariat avec Avocet mining, sur le projet TRI-K permettant d’augmenter sa participation à 70% dans la joint-venture et la poursuite des travaux de construction d’une nouvelle usine au Soudan avec l’objectif de doubler sa capacité de production actuelle à fin 2018. Il est à noter, selon les analystes de Bloomberg, que les cours des métaux au second semestre 2018 devraient se rétracter, notamment ceux de l’or et l’argent. Sur ces 2 métaux, les analystes tablent sur des cours de 1.240$/once et 15,50$/once respectivement. Une tendance baissière qui devrait se prolonger en 2019 sur fond de reprise de l’économie américaine. Par ailleurs, les investissements du groupe sur les moyen et long termes seraient de nature à augmenter la capacité de production de la minière et donc à accroître ses revenus futurs. Le groupe avait annoncé un rythme d’investissement soutenu pour 2018, en hausse de 87,7% à 2,2 MMDH, dont 1,5 MMDH pour les nouveaux projets (le projet TRI-KenGuinée, l’extension aurifère du site pilote au Soudan, le projet Tizert et l’extension de la capacité d’Imiter). 


Fatma Haddad
Analyste chez Alpha Mena

Ce que nous apprécions le plus chez Managem, c’est surtout sa solidité bilancielle et la gestion dynamique de son portefeuille mines. Il existe aussi un point assez important qui permet une visibilité plus ou moins dégagée sur le moyen terme : c’est la flambée des cours du cobalt (13% environ dans le CA du groupe) vu sa forte utilisation dans la fabrication de batteries LCO (Lithium cobalt oxide), principalement utilisées dans les voitures électriques. Si les prix des autres métaux sont volatiles et incertains, le cobalt démontre un potentiel considérable. Cependant,   Managem reste tributaire d’une conjoncture défavorable à la fois à l’échelle nationale et internationale. En effet, le marché marocain pâtit toujours de perspectives de croissance réduites et de l’absence de demande, surtout pour les secteurs immobilier et bancaire. D’où la réticence des investisseurs envers le titre qui se traduit par une perte de 36,4% depuis le début de l’année. Quant au climat global, il a été complètement chamboulé au cours de 2018 suite à la guerre commerciale déclarée par le président Trump, ce qui a alimenté davantage la volatilité des cours des métaux à l’international et une absence de visibilité sur le moyen terme. Tant que la conjoncture globale reste instable, le sentiment envers Managem restera négatif. 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer