Maroc

Liberia : La reprise après les élections ?

L’économie libérienne attend beaucoup du prochain président qui succédera à Ellen Johnson Sirleaf à l’issue du second tour de la présidentielle le 7 novembre prochain. L’activité peine à reprendre depuis l’épidémie Ebola.


Le Liberia a été l’un des trois pays les plus affectés d’Afrique de l’Ouest par le virus Ebola. Les pertes économiques liées à ce risque sanitaire, les dépenses de santé, les fuites de capitaux ont continué de peser sur la croissance en 2016. Elles sont de plus amplifiées par les faibles prix du minerai de fer et du caoutchouc qui représentent 46% des exportations (2015). Les exportations de matières premières ont été décevantes, notamment à cause d’une production d’or inférieure aux attentes. En 2017, l’environnement macroéconomique restera difficile avec la lente remontée des prix des matières premières exportées. La reprise progressive devrait néanmoins être soutenue par un regain de la production d’or et de la production agricole. La finalisation d’importants projets d’infrastructures de transports et d’énergie, comme celui de la centrale hydroélectrique de Mount Coffee et le lancement de projets retardés par l’épidémie à l’image du démarrage des forages au large des côtes libériennes par ExxonMobil fin 2016 devraient participer à une relance des investissements privés.

Assistance du FMI
Néanmoins, l’investissement restera largement pénalisé par un environnement des affaires précaire : l’ambiance politique dans le cadre des élections présidentielles de 2017 ainsi que le retrait de la Mission de maintien de la paix des Nations Unies au Liberia (MINUL) en décembre 2016 sont des facteurs pouvant dissuader les investisseurs, outre le risque d’une résurgence de l’épidémie d’Ebola. Du côté des prix à la consommation, les pressions inflationnistes perdurent en 2017, principalement du fait de la dépréciation du dollar libérien et ceci malgré la baisse globale des prix de l’alimentation. Le Liberia peut encore compter sur l’assistance du FMI qui devrait étendre le programme de facilité élargie de crédit étendue jusqu’à novembre 2017 afin de soutenir la stabilité macroéconomique du pays dans ce contexte électoral.

Production agricole
En dépit d’un allègement de la dette de 36,5 millions de dollars en 2015 du FMI, la dette publique en pourcentage du PIB continue d’augmenter, s’approchant d’un niveau inquiétant. Le solde courant devrait rester très élevé en 2017. D’une part, les faibles prix des principales matières premières exportées limiteront les recettes d’exportation qui ont accusé une baisse de plus de 55% en 2015. D’autre part, les contraintes pesant sur la production agricole nécessiteront une hausse des achats de biens alimentaires. Les importations devraient également être soutenues par les investissements en infrastructures et l’expansion des projets dans le secteur minier. Aussi, la balance commerciale sera de nouveau déficitaire. Point positif, l’accession du Liberia à l’OMC en juillet 2016 devrait simplifier les procédures et les droits de douane permettant, à terme, de renforcer sa compétitivité commerciale. Les transferts de fonds des bailleurs internationaux devraient permettre de modérer le déficit du compte courant.  


Fiche pays
liberia

Taille
4,2 millions de consommateurs

Monnaie
dollar libérien

PIB/Hbt
473 dollars

Croissance
3% (2017p.)

Région économique
CEDEAO

Note Coface
D

Doing business 2017
174e/190


Présidentielle : George Weah et Joseph Boakai au second tour

Le second tour de la présidentielle au Liberia, prévu le 7 novembre prochain, opposera l’ancien footballeur et sénateur George Weah et le vice-président sortant Joseph Boakai. Aucun candidat n’avait obtenu la majorité absolue au premier tour, selon la Commission électorale. George Weah était arrivé en tête du premier tour avec 596.037 voix, soit 38,8% des suffrages exprimés, contre 445.716 voix (28,8%) pour son challenger. Les deux battent actuellement campagne pour rallier le maximum de soutiens parmi les autres candidats qui étaient en lice. Le défi pour le Liberia est de réussir une transition politique à la fois démocratique, transparente et pacifique. Le pays va donc choisir un successeur à la présidente Ellen Johnson Sirleaf, après deux mandats de 5 ans entamés en 2006. En dépit des engagements et mesures pris par le gouvernement de Mme Sirleaf, le climat des affaires demeure défavorable (classé 174e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2017).

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